9
le 3 nov. 2013
SuivreUne perle méconnue
La plupart du temps lorsque l’on regarde un film on sait à peu près à quoi s’attendre. On en a entendu parler, on a vu la bande-annonce, on a lu quelques avis. On peut avoir de bonnes surprises si le...
ça commence comme un cauchemar. Ou plus exactement : comme un bout de péloche fauché, aux effets appuyés, d'une ostensible maladresse, pour tenter de masquer les manques et les trous du budget. Oh, bien sûr, c'est indiscutable, il y a un foutu talent là-dedans, tous les filtres et montages clipesques du monde ne sauraient l'éclipser. Mais de quoi tenir ses une-heure-quarante ? Dubitatif, on s'interroge. Et tandis que l'on s'interroge, à notre insu, les choses s'installent, le temps s'emballe, une cause entraîne une conséquence, qui en entraîne une autre, un billet, un bouquet, un, deux, trois, quatre et sans trop s'en rendre compte, sur un tour de passe-passe, pour le meilleur - et rien que le meilleur ! -, on tombe amoureux.
Rien de plus, ni de moins.
Il y a plus d'invention, d'imagination, de magie, d'honnêteté dans cet indépendant réalisé avec trois-francs-six-sous que dans vingt ans de blockbusters et de machines à palmes intellectualisantes (à, heureusement, quelques exceptions près). Aussi onirique que tordu, aussi enchanteur qu'inquiétant, Ink nous rappelle qu'on avait oublié ce qu'était le grand Cinéma, celui des passionnés et des faiseurs d'histoires, de ceux qui ont des contes à dire plutôt qu'un "Je" à sanctifier, celui des Storytellers plutôt que celui des Incubus, des happy few capables de mettre l'univers à l'envers avec un peu de scotch et deux bouts de ficelles, plutôt que celui des cahiers des charges que d'obscurs "spécialistes" imposent pour rassurer les gros-pleins-d'oseille et vendre du cursus universitaire... jusqu'à livrer, en prime et sans surcoût, avec une lumineuse désinvolture, l'une des plus belles séquences qu'il aura été donné de voir - et de vivre ! - ces dernières années, tous médias confondus.
Boudé par les financiers et par les salles obscurs, mais plébiscité par le net, Ink est un film-culte.
Rien de moins, ni de plus.
Ou si, tiens, beaucoup plus, en fait.
Pour nous tous, auteurs comme spectateurs : une leçon.
Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à ses listes Ces films ne sont pas tout seuls dans leurs têtes..., Les meilleurs films de science-fiction des années 2000, Les meilleurs films avec une narration non-linéaire et Les meilleurs films sur la perception de la réalité
Créée
le 16 juil. 2015
Critique lue 306 fois
9
le 3 nov. 2013
SuivreLa plupart du temps lorsque l’on regarde un film on sait à peu près à quoi s’attendre. On en a entendu parler, on a vu la bande-annonce, on a lu quelques avis. On peut avoir de bonnes surprises si le...
7
le 4 mars 2011
SuivreSérieusement, ce qui se fait de plus intéressant, de plus innovant, de plus ambitieux dans le cinéma américain aujourd'hui se trouve dans les productions indépendantes Ink, c'est un de ces Ovnis...
9
le 27 août 2013
SuivreJe me suis lancée dans ce film les yeux fermés. Je n'ai pas vu la bande-annonce, je n'ai rien cherché à savoir sur sa genèse, son histoire, son réalisateur, ses acteurs... parce qu'on m'avait...
9
le 31 oct. 2022
SuivrePuisqu'on est entre nous, j'ai un aveu à vous faire : au départ, je ne voulais pas regarder Andor. Après avoir tourné la page Obi Wan, et usé de toute ma bienveillance partisane à lui trouver des...
8
le 19 mai 2015
SuivreLeçon de physique quantique, appliquée au cinéma : L'expérience est simple. Enfermez huit acteurs de seconde zone, cinq nuits d'affilée, dans votre pavillon de banlieue, isolez-les de l'extérieur,...
5
le 7 mars 2016
SuivreAvant d'appréhender une oeuvre comme Black Mirror, il convient de se poser la question qui fâche : pourquoi un auteur se pique-t-il de faire de l'anticipation ? Réponse : parce que c'est un genre "à...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème