Le sable, pas le petit bras attention, oubliez vite les décors paradisiaques, la lourdeur de celui qui se coince dans les sous vêtements après une balade sur la plage, très loin du sympathique château des enfants jouant un peu plus loin, non celui que nous allons voir est au delà de tout ça, c'est un véritable cauchemar...
Le Sable, envoutant d'abord, perturbant ensuite, puis étouffant, mais il est déjà trop tard, le sablier s'écoule sur la table avec le noir dessein de son postulat déroutant, le récit ne lâchera plus sa proie une seule seconde jusqu'à son dénouement.
Le SAble, indomptable et imprévisible, ce piège qui se referme sur notre héros entraine le spectateur que nous sommes dans sa chute, le sentiment d'impuissance ressenti au sein de ce huis clos suffoquant est d'une intensité paradoxalement délectable.
Le SABle, érotisant et torride, il ferait perdre la tête à n'importe qui et se prête finalement aux fantasmes les plus fous, pourtant la caméra de Hiroshi Teshigahara s’immisce dans l'intimité de nos personnages sans pour autant lui conférer un angle empreint de voyeurisme.
Le SABLe, abrasif et frustrant, insaisissable, il file entre nos doigts fait ressortir ce qu'il y a de pire chez l'être humain, captifs ou bourreaux, tel un exutoire sous ses allures de châtiments divins, il inonde de sa grâce et ecoeure par son immensité et son sentiment d'infériorité quand on prend le temps de le regarder avec insistance
Le SABLE intimidant et frustrant, imbattable à son propre jeu, il pousse dans les derniers retranchements pour finalement offrir une sorte d'apaisement inespéré, les Pimprenelle et Nicolas Nippons qui attendaient en vain la douce délivrance du fameux Marchand ont vécu quelque chose d'insoupçonnable. Quant à nous, une fois le générique de fin lancé, il ne reste plus qu'à sortir avec délicatesse de cette ode hypnotique qui changera à jamais notre vision d'un élément si commun et pourtant si puissant.