Un classique bancal sauvé par le génie de Lon Chaney !

  • Attribuer la note de 7/10 au Fantôme de l'Opéra de Rupert Julian me permet de saluer l'impact historique monumental de cette œuvre tout en gardant un œil lucide sur ses faiblesses cinématographiques. C’est pour moi le portrait d'un film foudroyant par moments, mais handicapé par sa structure, qui oscille constamment entre le coup de génie visuel et le mélodrame daté.
  • ​Selon moi, le film doit l'essentiel de sa légende à un seul homme : Lon Chaney. Surnommé « l'homme aux mille visages », l'acteur a lui-même conçu son maquillage terrifiant, utilisant des artifices douloureux pour déformer ses traits et ancrer le personnage d'Erik comme un monstre tragique, à la fois pitoyable et cruel. J'estime que la célèbre scène du démasquage par Christine reste l'un des moments les plus terrifiants et les plus parfaits de l'histoire du cinéma d'horreur, un instant de pure épouvante qui n'a rien perdu de sa force un siècle plus tard.
  • ​Au-delà de cette performance, je trouve la direction artistique globale somptueuse et novatrice. La reconstitution des grands escaliers de l'Opéra de Paris ainsi que l'exploration des catacombes et le voyage en barque sur le lac souterrain créent une mythologie visuelle sombre qui influencera durablement le cinéma fantastique. De plus, l'utilisation précoce du procédé Technicolor pour la scène du bal masqué, où le Fantôme apparaît en Mort Rouge, m'a particulièrement marqué par son atmosphère gothique et théâtrale saisissante.
  • ​Cependant, si le film rate à mes yeux la marche du chef-d'œuvre absolu, c'est parce qu'il souffre cruellement des stigmates d'une production tumultueuse. Les tensions constantes sur le plateau entre le réalisateur et Lon Chaney se ressentent à l'écran, et je regrette qu'après des projections tests désastreuses, le long-métrage ait été profondément remonté. Des scènes entières ont été retournées par d'autres mains et une intrigue secondaire romantique assez lourde a été injectée au chausse-pied pour plaire au public de l'époque.
  • ​Ces choix narratifs se payent sur le plan du rythme, qui s'essouffle malheureusement dès que le Fantôme quitte l'écran. Je trouve le jeu des acteurs secondaires très mélodramatique et daté, ce qui crée un contraste flagrant avec la performance moderne et habitée de Chaney.
  • ​En somme, ce long-métrage reste pour moi un classique incontournable pour sa splendeur visuelle et son statut d'œuvre fondatrice du cinéma d'horreur, mais son scénario décousu et sa mise en scène parfois rigide l'empêchent d'égaler, selon moi, les sommets de l'expressionnisme allemand de la même époque.
DirtyVal
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le 20 juin 2026

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DirtyVal

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8

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