C’est un rendez vous raté, une rencontre aussi désirée et espérée que décevante. Le pitch est intéressant quoique peu original, mais bref, le genre qui donne envie de voir par curiosité : un réalisateur primé plusieurs fois retourne en Espagne, contacte sa fille qu’il a « abandonné », lui propose le 1er rôle féminin dans son film (dont le sujet me rappelle « Le désert des Tartares » le roman de D. Buzzati mais dans un contexte sahraoui). Les paysages sont à tomber : rudes, secs, désertiques, chauds et exceptionnels.
"L’être aimé" dépeint des rencontres en utilisant la mise en abyme. Les relations professionnelles sont tendues : Esteban n’hésite pas à "harceler" sa fille, à humilier ses acteurs et à instaurer une ambiance malsaine pour obtenir l’expression désirée dans sa scène. Seule l’équipe technique se rebelle contre ses "méthodes créatives", les comédiens eux se soumettent. Les relations personnelles, filiales entre Esteban et Emilia sont rompues (Emilia porte le nom de sa mère et non celui de son père Esteban). Toutefois le personnage de Emilia la fille est plus rebelle que le personnage de Emilia actrice. De même Esteban si puissant et méprisant devant ses acteurs se trouvent bien démuni et faible face aux questions de journaliste concernant le choix du rôle féminin attribué à sa fille… Mais j’y pense : et si toute la gène de Esteban n’était que faux semblant, qu’une mise en scène afin de créer un buzz dans la presse people ? Par ailleurs Esteban le père semble embarrassé, confus face à sa fille ce qui ne signifie nullement qu’il soit plein de remords. Bref Sorogoyen porte un regard acerbe sur son milieu artistique et dévoile quelques travers voire délits. Les acteurs? : J Bardem (Esteban) , immense ;V. Luengo (Emilia) en colère ; surprise agréable de retrouver R. Arévalo (César).
La technique m’a déconcertée : des noirs et blancs qui restent un mystère pour moi, mais qui aurait du raviver la curiosité et/ou maintenir le mystère lors de cette rencontre frustrante. Les gros plan à profusion expriment-ils l’égocentrisme des personnages, tous des artistes de cinéma ? Dans ce milieu où le collectif, l’entraide créative sont mis en exergue, chacun ne pense qu’à soi. Quant au rythme lent, très lent mais lent jusqu’à l’ennui, il assoupit le spectateur mais ouf! il y a J. Bardem.