Harry flingueur à l'école des scénarii
Cette suite a tous les ingrédients du "pas franchement ratée mais pas non plus complètement réussie".
D'abord parce que deux des éléments forts de "Dirty Harry" ont quasi disparus: Lalo Schifrin est bien trop discret, et les plans magnifiques sur San Francisco, les cadrages seventies du premier opus font cruellement défaut.
Deux autres nuages viennent assombrir l'ensemble:
le scenario rempli un cahier des charges minimum sans éviter des écueils "B-A BA" du petit scénariste en herbe: c'est par exemple le héros qui se pointe pile au moment ou un truc extraordinaire se passe (scène de l'aéroport, ou "hop, je viens manger un sandwich au moment d'une prise d'otage"), ou, autre cas où le scénario pourrait se montrer plus fin, le héros a à faire à une conspiration (attention, je spoile !) englobant tous les personnages du récit, en passant par le chef jusqu'à ceux que Callahan va voir dès la première bobine du film.
En plus, les relents politiques de l'histoires puent un poil du bec, même si les scénaristes essaient de retourner la situation en fin de parcours, mais sans que l'odeur nauséabonde ne se dissipe entièrement (Harry combat des collègues qui ont les mêmes vues et presque les méthodes que lui, finalement, mais poussent juste le bouchon un peu loin).
C'est dommage, on assistait là aux débuts de Michael Cimino co-scénariste (après Silent Runner) et je ne peux pas dire que ces débuts soient une totale réussite.
Restent le personnage, l'ambiance, et quelques scènes, mais qui ne sauvent pas l'ensemble.
Non, puis bon, 30 morts, ça fait quand même beaucoup...