Through the Looking-Glass
Quand deux génies du graphic novel se rencontrent pour faire un film cela donne un univers pas très loin d'Alice au pays des merveilles ou du Magicien d'Oz mais en bien plus inquiétant.
Helena a 15 ans et suite à l'hospitalisation de sa mère, se retrouve transportée dans un monde parallèle, dans lequel on trouvera en vrac des poissons volants, des robots étranges, des géants, etc.
On retrouve dans MirrorMask l'aspect "conte qui déraille" si cher à Neil Gaiman et un visuel absolument époustouflant, froid et mécanique, très steampunk, qui font le style si particulier de Dave McKean.
La photo est magnifique, dans les tons ocres et dorés, et sert un bestiaire qui n'est pas sans rappeler Le labyrinthe de Pan. Dave McKean joue sur les codes des songes : escaliers sans fin, visages flous, impression de flottement, personnages à la fois angoissants et fascinants. La séquence des automates reprenant "Close to you" en est d'ailleurs l'exemple le plus parlant.
Il est bien évidemment question ici de périple initiatique vers l'âge adulte mais qui nous emporte vers un monde sombre où la réalité n'est jamais très loin.