Je comprends totalement pourquoi Obsession est en train de devenir un véritable phénomène surprise au box office, aussi bien aux États-Unis qu’en France. Plus les jours passent, plus le bouche-à-oreille semble grossir, et honnêtement, c’est totalement mérité. Je suis ressorti de la salle avec cette sensation rare d’avoir assisté à un vrai petit événement de genre, le genre de film qui surgit de nulle part et qui te rappelle qu’avec des idées, une vision et une vraie maîtrise, on peut encore faire énormément avec très peu.
Et quand je dis très peu, c’est littéralement très peu : environ 750 000 dollars de budget. Franchement, c’est miraculeux tant le film ne fait quasiment jamais cheap. À aucun moment je n’ai eu cette impression de “petit projet fauché qui compense comme il peut”. Tout paraît pensé, cadré, réfléchi, optimisé avec une précision chirurgicale.
Le plus fou là-dedans, c’est que Curry Barker vient apparemment du monde YouTube/TikTok. Et honnêtement ? Respect total. Le mec maîtrise son sujet. La narration est ultra efficace, le rythme est excellent, les ruptures de ton sont parfaitement gérées et surtout il comprend quelque chose que beaucoup de films d’horreur modernes oublient : l’angoisse vient souvent davantage de l’inconfort, du malaise et du cringe que du simple jumpscare.
Et là-dessus, le film est redoutable.
Il y a des scènes entières où il ne se passe presque rien objectivement parlant mais où toute la salle était tendue comme jamais. Les moments de gêne sociale, d’inquiétude rampante, de malaise relationnel fonctionnent à balle. Tout paraît extrêmement authentique dans les réactions des personnages, dans leurs silences, leurs hésitations, leurs maladresses.
Et puis il y a cette fameuse scène de voiture… sans spoiler quoi que ce soit, honnêtement toute ma salle était sous le choc. Tu sentais physiquement les gens se contracter autour de toi. Cela faisait longtemps que je n’avais pas vu un film réussir à provoquer une telle réaction collective avec aussi peu d’artifices.
Le duo principal est une révélation totale. Michael Johnston est excellent dans ce rôle de loser dépassé par sa propre existence, constamment à côté de ses pompes, incapable de gérer ce qui lui arrive. Mais la vraie claque pour moi, c’est Inde Navarrette.
Sans l’ombre d’un doute, elle a tout d’une future grande. Son jeu est d’une justesse assez folle. Elle arrive à transmettre simultanément l’angoisse, la rage, la vulnérabilité, la gêne, la fatigue émotionnelle et cette sensation de malaise permanent sans jamais surjouer. Il y a une authenticité dans sa performance qui rend tout beaucoup plus immersif. Franchement, je serais très surpris qu’elle n’explose pas davantage après ça.
Même les seconds rôles sont impeccables. Et surtout, ils servent réellement le récit. Aucun personnage n’est là juste pour meubler ou mourir bêtement. Tout le monde apporte quelque chose à la mécanique globale du film.
Techniquement aussi, c’est hyper solide. La photographie est excellente, la mise en scène très inspirée, les changements d’ambiance brutaux sont maîtrisés, le montage sait exactement quand respirer ou accélérer, et le film pousse ses idées assez loin sans constamment chercher à rassurer le spectateur.
Le plus impressionnant reste probablement cette capacité à maintenir une tension quasi permanente avec un concept pourtant relativement minimaliste. C’est un high concept ultra bien exécuté où tout repose avant tout sur l’écriture, le rythme et les performances.
Et honnêtement, cela faisait très longtemps que je n’avais pas vécu une séance comme celle-là. Salle pleine à craquer un soir de deuxième semaine d’exploitation (ce qui montre déjà la puissance du bouche-à-oreille), public complètement happé par le film du début à la fin… et surtout, chose qui ne m’était littéralement jamais arrivée auparavant hors avant première: la salle a applaudi à la fin.
Pas un petit applaudissement gêné de festival hein. Une vraie réaction collective spontanée.
Cela résume parfaitement ce qu’est Obsession : un film de genre fait avec passion, intelligence et maîtrise qui rappelle qu’on n’a pas besoin de 150 millions pour provoquer quelque chose chez un public.
Une énorme surprise, un vrai coup de cœur et probablement l’une des meilleures expériences horrifiques de l’année pour ma part (et même plus!). Je pense qu'il va rester dans les têtes et les cœurs durant longtemps, d'ailleurs cela ne m'étonnerait pas qu'il fasse parti des classiques du cinéma dans les années à venir comme le sont Midsommar, Hérédité, Smile ou encore It Follows.
On recommande très fortement.
A découvrir d'urgence!!