Si Obsession, de Curry Barker, se démarque (apparemment) du reste de la production du cinéma d'horreur, c'est peut-être parce qu'il propose une histoire originale et deux lectures : celle qui se concentre sur l'obsession cauchemardesque de Nikki causé par un vœu magique de "Bear", et celle de "Bear" pour Nikki, une amie à qui il n'osait pas avouer ses sentiments. Bear achète un bâton qui exauce un vœu, fait celui de "faire en sorte que Nikki m'aime plus que tout au monde", vœu qui se réalise avant de provoquer un retour de bâton qui sera la porte d'entrée du film d'horreur.
Si Obsession se limitait à raconter l'obsession artificielle de Nikki, alors le film n'aurait pas grand intérêt. En effet, c'est surtout l'évolution de l'obsession de Bear qui rend le film intéressant : responsable de la possession de sa meilleure amie et crush par une entité qui l'a rendue accro à lui, il n'en assume pas les conséquences, pense pouvoir régler le problème tout seul, avant de se rendre compte que le problème le dépasse largement. Passer de jeune romantique introverti à homme passif et donc toxique, coupable de non-assistance à personne en danger, voilà l'évolution de l'obsession de Bear qui relève le niveau du film, à l'ambiance classique de teen movie inquiétant. Sans cette lecture-là, Obsession serait un film sur les femmes inaccessibles et hystériques, et serait donc un film d'incel que le finale tragique repentirait presque, si ce n'était déjà trop tard. Le ghb qui ne dit pas son nom est ingurgité, malgré tout... Alors, on peut sauver Obsession en en faisant un film sur un incel.
Reste surtout de ce moment savoureux où Ian, le meilleur ami de Bear, ne croyant pas son histoire de bâton qui réalise un vœu (One-Wish Willow), gaspille l'occasion de régler la situation en souhaitant un million de dollars, avant de se prendre sur la tête une pluie de billets (un million de dollars, c'est à peine ce que le film a coûté).