Dernier ce nom évoquant au grand détriment de Curry Barker l'un des plus beaux chefs-d'oeuvre de Brian De Palma, un film dans la lignée de ces succès critiques de petits malins aux concepts prometteurs mais mal exploités et tournant à vide qui galvaudent l'intelligence dans l'horreur en recyclant piètrement les peurs primales des contes depuis quelques années, je pense notamment à "La main", ou à "Barbarian" dont le réal a heureusement fait mieux depuis, voire à "Hereditary" pour le cynisme glauque, et sachant combien j'exècre le cinéma d'Aster... Bref, franchement c'est assez mauvais, et son accueil dithyrambique me dépasse (ou pas d'ailleurs, quand on voit où en est arrivée la critique ciné aujourd'hui), ou alors il faut vraiment être né de la dernière pluie, ou avoir une prédisposition à tomber dans le panneau des films pseudo indie aux tics arty - une esthétique pourtant à rebours ici d'un récit on ne peut plus racoleur et d'une écriture paresseuse comme pas permis.
Passée la chouette installation tout est lourdement souligné, appuyé, asséné (y compris dans le jeu de l'actrice principale), sans ambiguïté aucune, avec une violence bien ostentatoire (cf. la scène de la bagnole, nulle et prévisible) et cette manie de faire se dérouler les films entièrement dans la pénombre, comme si le récit n'avait rien que le noir et l'indistinction des expressions sur les visages pour faire peur. Une allégorie au bulldozer des relations toxiques qui ne dit vraiment rien sur rien au regard de la personnalité incohérente du personnage masculin et du surnaturel de l'emprise (apathie toxique?... on a envie de lui mettre des tartes à longueur de métrage en effet mais sinon rien d'intéressant au programme côté masculinité toxique ou consentement tant une telle relation n'existe tout simplement pas dans un contexte réel, la personnalité de Nikki écrasant de toute évidence celle de Bear), avec une ou deux belles idées qui ne vont pas loin et sans aucune empathie pour des personnages qui hormis la victime du souhait n'en méritent pas vraiment de toute façon, autant dire qu'on se fout bien de leur sort (sans mauvais jeu de mots), moi en tout cas.
Le "travail" sur le son, tout en effets appuyés (les cris distordus) et en ruptures emphatiques, est d'une lourdeur égale d'ailleurs, quand tu compares avec l'angoisse organique qu'arrivent à générer sans gros effet les bandes-son d'"Un jour avec mon père" ou "Death Has No Master" cette année, c'est d'un conformisme (jumpscares et compagnie) assez navrant qui confine par moments au ridicule.