Attention, cet avis comporte ce genre de spoilers:
des flics faisant preuve d'humanité? Faut classer le film dans le genre "science-fiction', non? Ok, c'était gratuit et méchant. En 2019, la police française, c'est aussi 23 millions d'heures supplémentaires non payées, un suicidé par semaine et le risque à chaque instant d'être pris pour cible.
Adapté du roman éponyme d'Hugo Boris, prix Eugène-Dabit 2016, le film d'Anne Fontaine... attendez, le prix quoi?
Selon Wikipédia, "le prix Eugène-Dabit du roman populiste est un prix littéraire français créé en 1931 par Antonine Coullet-Tessier pour récompenser une œuvre romanesque qui « préfère les gens du peuple comme personnages et les milieux populaires comme décors à condition qu'il s'en dégage une authentique humanité. »
Ah bon?! Les gens du peuple n'y sont tolérés que s'ils ne sont pas vils, bas et hargneux. Progressisme ou condescendance? Allez, on va miser sur la 1ère hypothèse.
Autant dire que Valentin Gendrot, journaliste infiltré qui a bêtement dépeint le quotidien d'un commissariat du 19ème arrondissement de Paris n'obtiendra jamais cette récompense. Par manque de romanesque évidemment...
La bande-annonce semblait promettre un huis-clos étouffant qui ferait monter la tension dans l'habitable d'une voiture de patrouille, entre conflit moraux, duels idéologiques et rancœurs existentielles. Ça aurait pu être du grand cinéma théâtralisé. Evidemment, pour ça, il faut avoir des situations à déclencher, des thèses à avancer et des dialogues salés. Or le huis-clos n'occupe qu'une part réduite du long-métrage et se révèle assez pauvre.
En revanche, le film est généreux en sous-intrigue inutiles. Surtout dans la 1ère moitié. Il fallait bien meubler 1h39....en fait,
non, il ne fallait pas.
Et comme il n'y a rien à raconter, la réal filme le vide en espérant que le casting l'habite avec intensité. Ça marche une fois sur trois. Et comme il n'y a vraiment rien à raconter, la réal le raconte 2 fois. On aura donc le déplaisir de revoir les mêmes scènes mal dialoguées filmées d'une autre caméra. D'habitude, le procédé sert à apporter un nouvel angle de vue (au sens propre) qui vient bouleverser notre perspective de spectateur. Ici l'effet rashômon devient rachitique. Le nouvel angle redit mais n'éclaire rien de plus. Une blague lourdingue sur les ovaires reste une blagues lourdingues sur les ovaires même filmée à contre-champ. Ou comment présenter les personnages en répétant péniblement des séquences là où le bouquin posait des caractères en quelques lignes.
Allez, il reste quand même
un acte d'authentique humanité qui ne résout rien d'autre que la conscience moral d'un des personnages
et quelques répliques sorties de nul part mais des plus didactiques pour nous expliquer le calvaire usant au quotidien des policiers (manque de moyen, promiscuité permanente avec la misère humaine..). Y a plus qu'à en faire un film. Ah zut, Maïwenn l'a déjà puissamment fait. Ça s'appelle "Polisse" et c'est tout de suite plus crédible quand c'est mal orthographié.
Quant à Police bien orthographié, je mets 1 étoile par acteur.