C'est vraiment mauvais. Je me suis d'ailleurs endormi devant le film et la fin... ben j'avoue n'avoir pas trop fait attention... j'ai dû la revoir en vitesse avant de me lancer dans cette critique...
Est-ce que par hasard, les références principales de ce film sont : Marvel et la Guerre des Etoiles ? J'ai aussi eu l'impression que l'auteur avait lu, mais je rêve peut-être, la série BD Lanfeust de Troy. Parce que parfois les dialogues font penser à cette saga d'Arleston, puis les créatures aussi un peu. Bon, après, Le scénariste de BD s'inspire lui-même des comics et de Star Wars alors...
Je n'ai rien contre l'idée de désacraliser une oeuvre en changeant des choses. Et donc pourquoi pas bousculer un peu le predator ? Mais alors, il faut bien faire ça. Et peut-être bousculer intelligemment la bête. Parce que là, vraiment, on passe du combattant muet effrayant à une sorte d'asperge un peu gauche, au design plus ridicule qu'effrayant (son front est trop grand) qui n'arrête pas de causer. On nous tout de même épargné des mièvreries à la fin, quand il se recompose sa propre famille, mais je suis sûr qu'on n'est pas passé loin d'une réplique à la Fast And Furious : "Je n'ai pas d'amis, j'ai de la famille, et je ne tourne pas le dos à la famille." Ce genre de changement drastique, surtout au niveau de la logorrhée, ça m'a fait penser aux frères Coen qui font de Buscemi un mec muet dans un film et un mec péniblement bavard dans un autre, par jeu, sauf que là ça fonctionne, c'est drôle. Ici, ce n'est jamais drôle... malgré tous les efforts d'amener de l'humour, avec ce trio Jar-jarien.
L'intrigue en soi n'est pas vilaine : un predator qui découvre sa profession en étant largué sur une planète hostile. Mais très vite ça devient démesuré : oui sur cette planète y a une créature qu'aucun predator ni personne d'autre n'a jamais su vaincre. Pourquoi ajouter cela ? Juste pour rendre le héros plus fort quand il aura réussi là où tout le monde a échoué ? En plus la façon dont la créature meurt est on ne peut plus con, difficile de croite qu'aucun predator n'ait jamais songé à congelé la bestiole pour la détruire...
Et puis y a ce crescendo vers le plus balaise : le predator progresse et rencontre des boss de plus en plus forts. Et ça n'arrête jamais. Pire, au lieu de s'en tenir à la jungle, les scientifiques de Alien sont convoqués. Avec des androïdes nombreux à détruire. Cela n'arrête jamais. En fait on s'en fiche complétement. Surtout que la conclusion de chaque combat semble vraiment juste dépendre de la volonté du scénariste, on n'a jamais vraiment l'impression qu'il y a une construction pour mener à une fin, c'est juste bam boum paf et hop un des deux est KO.
Il y avait pourtant cette tentative de lorgner vers les tragédies grecques avec cette mise en place, mais en fait on s'en branle, c'est même carrément agaçant quand cette espace de chibre en roue libre se sacrifie pour un predator alors qu'il lui a juste donné quelques graines pour devenir son pote ????
La mise en scène n'arrange rien. Les décors de la planète Yutja sont terriblement tristes, ce qui rend les affrontements sur cette planète tout sauf palpitant. Les décors forestiers de l'autre planète sont un peu mieux mais ça manque de variation dans les terrains, au final c'est très générique.
Le bestiaire relève un peu le niveau, même si on a souvent une sensation de déjà vu. Mais au moins ça varie un peu d'une bestiole à l'autre. Mais en même temps... l'auteur a montré tellement de créatures et pas d'autres, qu'on a l'impression qu'il n'y a que 5 espèces sur cette planète. Le réal aurait pu suggérer d'autres espèces, ou montrer des animaux moins utiles narrativement mais qui nourrissent l'univers, genre des insectes ou des espèces herbivores...
Le découpage et le montage sont vraiment plats. Alors oui, on aura des plans dynamiques, mais bon, y a tellement de CGI, que c'est un peu moche. Et puis surtout, tout est filmé de la même façon. L'équipe fait un pas, un ennemie attaque, ripostes, blessures, mort, et hop, next ! Et ainsi de suite. Et donc rien, pas de travail sur l'ambiance, pas de scène plus marquante qu'une autre.
Bref, c'est pas ouf. Je vais finir par regretter les Predator 3 et 4 tellement Trachtenberg fait un peu n'importe quoi.