Une esbroufe stylisée qui ne mérite pas sa Palme d'or

  • Pulp Fiction est pour moi l'illustration parfaite de ce que je déteste dans le cinéma de Tarantino. Là où les critiques crient au génie, je ne vois qu'une esbroufe narrative vide de sens. Sa narration non linéaire et ses dialogues interminables ne servent qu'à masquer la minceur d'un scénario creux, noyé sous une violence gratuite et une vulgarité permanente. Comment Clint Eastwood et son jury ont-ils pu donner la Palme d'or à cette merde en 1994 ? Sacrer ce film relève selon moi d'un pur effet de mode de l'époque, qui a préféré primer un spectacle prétentieux et surcoté plutôt qu'une œuvre avec une vraie profondeur dramatique. Mon rejet est d'autant plus fort que Tarantino avait pourtant prouvé avec Reservoir Dogs qu'il pouvait faire un bon film : un huis clos efficace, porté par une vraie tension dramatique et une sobriété qu'il a complètement perdue par la suite.
  • ​Pourtant, d'un point de vue purement technique, le film n'est pas exempt de qualités. La mise en scène reste dynamique, avec son hybridation des genres, ses plans-séquences fluides et l'utilisation efficace de cadrages marquants comme le célèbre trunk shot. De son côté, la photographie d'Andrzej Sekuła apporte une identité visuelle forte grâce à l'utilisation d'une pellicule à faible sensibilité, offrant un contraste éclatant et des couleurs très saturées du plus bel effet. Le casting est également irréprochable : les prestations de John Travolta, de Samuel L. Jackson ou d'Uma Thurman apportent une indéniable présence à l'écran.
  • ​Mais ces atouts visuels et d'interprétation ne suffisent pas à sauver le film de ses lourds défauts structurels. L'esthétique générale souffre parfois d'un éclairage plat qui donne un rendu très théâtral à certains décors intérieurs, comme le restaurant Jack Rabbit Slim's. Surtout, la structure narrative déstructurée finit par briser le rythme du récit. Les bavardages triviaux des personnages, s'ils se veulent décalés, finissent par créer une lenteur lassante qui tue tout le suspense. Au bout du compte, l'accumulation de provocations cyniques et le manque de consistance de l'histoire l'emportent sur le style, me laissant face à un objet cinématographique agaçant et indigeste.
DirtyVal
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