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Cours, Glen ! Cours !
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le 12 nov. 2025
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Running Man n’avance pas. Il sprinte. D’emblée, le film te plaque contre ton siège avec une promesse simple et brutale : du spectacle, de la violence médiatisée, et un monde où l’humain n’est plus qu’un contenu à consommer. Rien de révolutionnaire sur le papier, mais une exécution suffisamment maîtrisée pour éviter le hors-piste… sans jamais décrocher la pole position.
Aux commandes, Edgar Wright. On le connaît pour son sens du rythme chirurgical et son montage musicalisé. Ici, il tempère ses tics les plus pop pour adopter une mise en scène plus frontale, plus sèche. La caméra est mobile, nerveuse, parfois volontairement étouffante. Les jeux télévisés mortels deviennent des arènes modernes, filmées comme des shows surproduits, saturés de néons, de drones et d’écrans géants. Wright s’amuse clairement avec la grammaire du divertissement contemporain… mais sans toujours pousser la satire aussi loin qu’on l’espérait.
Côté casting, le film repose d’abord sur Glen Powell, solide, physique, crédible dans la peau d’un homme ordinaire happé par une machine qui le dépasse. Il n’a pas le charisme iconique d’un Schwarzenegger, mais compense par une sincérité et une énergie brute qui fonctionnent étonnamment bien. Face à lui, Josh Brolin impose une autorité glaciale, presque cynique, incarnant à merveille la figure du pouvoir décomplexé, prêt à tout pour maintenir l’audience captive. William H. Macy, en vétéran du système, apporte une touche plus trouble, entre lassitude morale et compromission assumée. Les seconds rôles, eux, remplissent leur mission sans éclat particulier, parfois réduits à de simples fonctions narratives.
La musique accompagne efficacement l’ensemble : pulsations électroniques, basses lourdes, motifs répétitifs conçus pour faire monter l’adrénaline. Elle soutient l’action sans jamais la sublimer. Là où certains passages auraient gagné à respirer, la bande-son préfère appuyer sur l’accélérateur, quitte à lisser l’impact émotionnel. Efficace, mais rarement mémorable.
Là où Running Man version 2025 convainc, c’est dans sa capacité à refléter notre rapport au spectacle, à la violence transformée en produit, à l’indignation jetable. Là où il déçoit un peu, c’est dans son refus d’aller au bout de son malaise. Le film effleure des thèmes forts : voyeurisme, déshumanisation, pouvoir des médias ,sans jamais vraiment les mordre à pleines dents. Tout est propre, maîtrisé, calibré… parfois trop.
Au final, on sort diverti, tendu, satisfait sur le plan technique, mais avec le sentiment qu’il manquait une prise de risque supplémentaire pour transformer cette course effrénée en véritable choc cinématographique. Un bon film de science-fiction d’action, conscient de son époque, mais qui préfère assurer le show plutôt que renverser la table.
Créée
le 23 déc. 2025
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