Le Superman de James Gunn, c'est comme cette fille magnifique que t'as connue sur un site de rencontre et qu'un beau jour t'as la chance d'enfin voir pour de vrai. L'excitation est à son comble, les lèvres se rapprochent... et là c'est le drame : elle pue de la gueule, de quoi te repousser un mètre en arrière. Et ça, c'était mon ressenti dès la première minute du film... et non-stop jusqu'à la fin. L'horreur.
James m'avait déjà profondément refroidi avec le troisième volet de sa trilogie des gardiens en cherchant à constamment émouvoir son public. Moi qui ne pleure jamais devant les films, ça m'est passé complétement par-dessus la tête et n'est resté qu'un film moche avec quelques dialogues savoureux et une scène de baston qui m'a décroché la mâchoire. J'avais du coup quelques aprioris pour cette nouvelle mouture du héros en slip, mais j'avais quand même envie d'y croire. Sauf qu'en dehors du côté très kitsch et comics (très bienvenue après le grisâtre Man of Steel) et un Superman franchement impeccable, le film se vautre complétement, encore pire que Gardiens 3.
Vraisemblablement, depuis son dernier trip à base de raton-laveur, Gunn a oublié comment écrire un film, dégueulant de l'exposition dans pratiquement chaque scène, et ce dès la scène d'ouverture dont le niveau d'amateurisme m'a laissé dans le déni pendant au moins 5 minutes. Le réalisateur ne cesse de raconter sans jamais montrer, c'est affligeant. Et comme tout nous est balancé dans la gueule sans le moindre effort, le film s'avère extrêmement indigeste et en plus alourdi par un univers trop riche que James Gunn ne prend jamais le temps d'expliquer. C'est bien simple, ça ressemble à la suite de Superman... sauf que c'est le premier, bordel !
Et vas-y que Gunn te balance une pelletée de personnages dont on se contrefout mais sur qui il insiste désespérément alors qu'il n'y a là que des coquilles vides. Le fond du panier étant la copine de Lex Luthor, probablement l'un des personnages féminins les plus honteux que j'ai jamais vu dans un film de super-héros. Tout ça servi par une photo moche, enlaidie par ces plans en courte-focale dégueulasses, et un paquet de vannes lourdingues (le film n'est vraiment pas drôle, j'ai ricané peut-être 10 fois). Et me lancez pas sur les scènes de combat qui sont juste ennuyeuses à mourir et terriblement mal filmées, me faisant carrément regretter Snyder qui lui au moins savait filmer son héros en action.
Je sauverai quand même 2-3 trucs comme le passage dans la ferme Kent (trop trop court malheureusement) et les idées parfois très tordues de Gunn qui semble s'être amusé comme un gamin à les mettre en scène. Mais pour le reste, je ne comprends pas. Qu'est-ce qui s'est passé avec ce film ? Ou qu'est-ce qui s'est passé avec moi ?
Franchement, je voulais aimer ce film. Je voulais être hypé pour le lancement de ce nouvel univers DC au cinéma. Je voulais croire en James Gunn. Mais j'en suis finalement sorti attristé, ayant signé mon divorce avec ce bon vieux James. Et histoire de conclure avec une énième métaphore douteuse, Superman c'était vraiment comme cette fille magnifique. Super attirante, mais j'ai jamais pu rentrer dedans.