Superman
6.1
Superman

Film de James Gunn (2025)

Voir le film

L'ange de Métropolis (V2 de la critique)

**Un Superman qui vient chambouler l'ancienne vision du personnage. Pour le meilleur... et pour le pire.**


Les fans de comics vont soit adhérer à cette vision décomplexée du personnage et de son lore, soit rejeter ce parti pris plus humain, plus imparfait et volontairement boursouflé.


Je dois commencer cette critique par un aveu, en guise de préambule : je n'aime pas Superman.


J'ai pourtant apprécié les films mettant en scène le personnage incarné par Christopher Reeve — enfin, surtout celui réalisé par Richard Donner —, tout comme j'ai plutôt aimé cette espèce de soft reboot, pourtant largement décrié (à croire que c'est une constante), proposé par Bryan Singer avec *Superman Returns*. C'est d'ailleurs ce film qui m'a fait prendre conscience de la force du personnage lorsqu'il est ramené à son humanité, à sa solitude existentielle et à ses états d'âme.


Malgré tout, je n'y arrive pas.




Autant dire que lorsque Snyder — « mes poses font 80 % du métrage » — est arrivé sur le projet, avec en prime la promesse d'un traitement flambant neuf à la Nolan, j'étais d'emblée sur la défensive.


*Man of Steel* fut alors pour moi un long chemin de croix. Je ne voyais dans ce film qu'une version sous stéroïdes d'un personnage qui ne m'intéresse réellement que lorsqu'il est ramené à son humanité et au conflit qui l'habite entre ses racines rurales et son rôle de protecteur d'une métropole. La suite de cette vision du personnage ne m'a guère davantage convaincu.


Arrivé ce stade, un énième long-métrage sous l'égide de James Gunn, un metteur en scène qui a toujours assumé le coté ado puéril et le kitsch nanardesque au point de l'élever au rang d'art me faisait dire "ce sera sans moi, ce coup-ci"... Oui, mais. Mais James Gunn, c'est aussi une certaine idée du super-héros : profondément humaine. C'est un cinéaste attaché à ses personnages, capable d'insuffler de la gravité à des récits qui, en apparence, semblent relever du pur divertissement. Et surtout, un cinéaste de la surprise; jamais là où ses spectateurs l'attendent. Ce métrage ne fait pas exception à la règle. Je n'aurais jamais cru qu'un film Superman pouvait autant me toucher, et pas juste car il met en scène Superman face à un monde aux enjeux politiques trop complexes pour ses épaules. Tout le film s'échine à ramener Superman à ce qu'il est au départ: un gosse du Kansas perdu face à son trop grand pouvoir.


Alors, j'ai bien conscience que les fans de Snyder sont sur les dents que cette version "déglingue" leur vision du personnage, mais honnêtement, je me pose la question: "Superman est-il un personnage si sacré?"

Aegus
8
Écrit par

Créée

le 1 juil. 2026

Modifiée

le 1 juil. 2026

Critique lue 58 fois

Aegus

Écrit par

Critique lue 58 fois

12
10

D'autres avis sur Superman

Superman

Superman

2

De l’Homme d’Acier à l’Homme en PLS

- Tu parles sérieusement ? - Oui. - Tu me laisserais t'interviewer en Superman ? - Oui. - Prêt ? - Allons-y ! - Superman. - Mme Lane. - Vous avez essuyé de vives critiques. - Pas si vives que ça. -...

le 9 juil. 2025

Superman

Superman

4

Sergent_Pepper

3187 critiques

Murtaugh Syndrome

Je ne vais plus voir de films de super-héros. Parce que l’âge d’or est passé, et qu’il s’avère qu’il coïncidait avec une époque où mes enfants avaient encore l’âge pour être accompagnés au cinéma. On...

le 11 juil. 2025

Superman

Superman

5

EverL7

4 critiques

Kryptoniquement sensible

Ainsi, James Gunn décide de reprendre ce monument de la culture populaire, sous les traits maladroits d’un David Corenswet, à partir des cendres de l’inconnu. Notre nouveau Superman, loin de ce rêve...

le 17 juil. 2025

Du même critique

Jurassic Park

Jurassic Park

8

Aegus

139 critiques

Le film qui parle du cinéma

Jurassic Park, au delà de son histoire ou de sa réalisation, est un film qui fait encore date parce qu'il parle de cinéma. En effet, la technologie est aussi bien le centre de l'intrigue que de la...

le 18 avr. 2025

Une bataille après l'autre

Une bataille après l'autre

8

Aegus

139 critiques

L'art de (ne pas) choisir un camp

Le doute.À l'aune d'une actualité de plus en plus brûlante et polarisante, où le monde pourrait sombrer dans des dérives qu'on croyait de l'ordre du passé, Paul Thomas Anderson signe le portrait...

le 3 nov. 2025

Ridicule

Ridicule

8

Aegus

139 critiques

Ne mords pas la main qui te nourris

Ce qu'il y a de cocasse avec Ridicule est qu'un échange au sein du film résume à lui seul son principal problème. Echange au cours duquel le protagoniste Ponceludon de Malavoy se trompe en citant...

le 13 févr. 2025