Film que tout le monde a détesté... Et quelque part, je comprends pourquoi. Cette oeuvre est l'incarnation actuelle du cynisme des studios qui sortent en salle une version charcutée des films mais également du mépris des réalisateurs se croyant plus malins que leur spectateurs et ne respectant pas les sagas qui leur sont confiées... Tout le monde semble avoir condamné le film et s'accorder sur les raisons de son échec... Et si c'était là que résidait le malentendu?
Car les très rares avis positifs m'avaient enjoint à voir cette "pseudo-suite/reboot" d'un de mes films préférés, pour me faire mon opinion avec un argument simple: The predator est une comédie qui a conscience d'elle-mêmes.
Un film qui revendique son second degré et son outrance quitte à ne plus flirter mais carrément sombrer dans la parodie décomplexée.
Et si j'ai pu émettre quelques réserves au début, arrivé au générique de fin, je suis du coté des défenseurs du film.
Qu'est-ce que The predator sinon un récit pulp et subversif, qui mêle la comédie des années 80/90 aux habituelles "marvelleries" qui n'ont pour but que de s'agiter en faisant croire aux spectateurs qu'il se passe quelque chose d'incroyablement épique?
Bref, The predator est un film qui a compris l'industrie dans laquelle il évolue et qui en joue. Plutôt que de manière pseudo nostalgique et condescendante (l'école Jurassic World) le film le fait dans un esprit aussi bon enfant qu'authentiquement méchante. Chose qu'on peut contester mais qui est raccord tant avec la patte de Shane Black (le fait de désamorcer les codes de la dramaturgie) que vis-à-vis de cette saga (enfin les deux premiers) en transposant un genre dans un autre. Ici la comédie d'action testostéronnées dans l'horreur/SF.
Pout conclure, je dirais que The Predator est à prendre pour ce qu'il est: une bonne tranche de délire nawak et régressif!