The Ugly est un polar et un thriller psychologique, né comme un projet personnel du réalisateur. D’abord publié sous la forme d’un manhwa en 2018, puis envisagé comme un long-métrage d’animation, avorté, il a finalement abouti sous la forme d’un métrage en prises de vues réelles, avec un budget très limité. Le résultat est un film profondément inégal et, au final, décevant — mais qui s’inscrit néanmoins dans la logique d’expérimentation propre à son auteur.
Explications (sans spoilers) :
The Ugly est le dernier long-métrage en date de Yeon Sang-ho, réalisateur mondialement connu pour son triptyque zombie — Seoul Station (2016), Dernier Train pour Busan (2016) et Peninsula (2020) — ainsi que pour Révélations (2024), Jung_E (2023) ou encore Psychokinesis (2018), tous trois disponibles sur Netflix.
En parallèle de sa carrière de cinéaste, il a également coécrit plusieurs manhwas (bandes dessinées coréennes), dont certains ont été adaptés au cinéma ou à la télévision, comme la série Hellbound (Netflix, 2021) ou The Ugly.
Pour y parvenir, il renonce à tout salaire et réunit une équipe technique réduite, ainsi que des acteurs et actrices acceptant de travailler au minimum syndical, avec la promesse d’une future meilleure rémunération en cas de succès du film. Une démarche inédite dans le paysage du cinéma coréen actuel. Le tournage ne dure que trois semaines et se tourne dans des décors majoritairement naturels ou construits en toute hâte et fabriqués au moindre coût.
En résumé, les intentions étaient toutes louables : des efforts acharnés de Yeon Sang-ho pour donner vie à ce projet, à la richesse des thématiques abordées, jusqu’à l’exploit de mener à bien un tournage avec si peu de moyens. Mais c’est précisément pour cela que la frustration — voire la colère — est grande : avec des ingrédients aussi prometteurs, on regrette qu’il n’ait pas pris le temps de peaufiner le scénario en profondeur.
Un reproche, d’ailleurs, que l’on pourrait adresser à une bonne partie de son œuvre.
Je râle donc une fois de plus — mais cette fois, non pas pour dénoncer de la « malbouffe », mais plutôt un plat mal cuit, servi trop vite et avec trop de désinvolture. Un film qui, au final, nous laisse sur la fin / faim.
(Critique rapide rédigée à l’occasion du 20e FFCP 2025 à partir des posts de ma page FB HALLYUWOOD – LE CINEMA COREEN liée à mon livre éponyme (Ed. E/P/A) )