Ah là là… Thunderbolts. Rien que le nom, déjà, on dirait un groupe de métal pour ados mal rasés qui veulent faire peur à leurs parents en criant dans un garage. Mais bon, tu te dis, c’est Marvel, ils vont peut-être nous sortir un truc un peu différent, un peu plus sombre, plus couillu. Une bande de bras cassés, de laissés-pour-compte du MCU, un genre de Suicide Squad à la sauce Disney. Eh ben mon pote, tu peux remballer tes espoirs et ton pop-corn, parce que là, on touche le fond du fond. Et encore, j’suis sympa : le fond, au moins, il a une consistance.
Déjà, le scénario… Ou devrais-je dire : le post-it collé sur la machine à café du studio. Parce que de scénario, y’en a pas. C’est une suite de scènes vaguement connectées, comme si un stagiaire avait recollé des bouts de scripts oubliés dans un tiroir de Black Widow, Falcon, Ant-Man et compagnie. Chaque perso débarque avec ses petits problèmes, ses petites répliques censées faire mouche, et son passif qu’on est censés connaître par cœur. Sauf que, surprise : on s’en fout. Royalement. Parce qu’ils ont le charisme d’un couvercle Tupperware.
Yelena, elle passe son temps à balancer des vannes toutes les trente secondes comme si elle était dans un stand-up à l'Olympia. Red Guardian, c’est censé être la caution comique, mais il est surtout pathétique, un genre de super-héros en jogging qui essaie encore de rentrer dans son costume trop petit. Et alors Bucky, le pauvre… Le Soldat de l’Hiver, jadis ténébreux et tourmenté, ici il se balade comme un type qu’on a forcé à venir à un dîner d’anciens collègues. Il s’ennuie, et nous aussi. Il passe la moitié du film à froncer les sourcils, et l’autre moitié à regarder le sol, en espérant sans doute que le plancher s’ouvre pour qu’il s’échappe de cette daube.
La mise en scène ? Inexistante. C’est filmé comme un épisode de série Netflix bas de gamme : fond vert à gogo, caméra qui tremble quand ça se bat (pour masquer le vide), éclairage digne d’un parking souterrain. On est censé croire qu’ils affrontent une menace grave, un truc qui pourrait changer le monde, mais à l’écran, c’est trois pékins dans un hangar qui échangent des coups de poing au ralenti. Même les bastons sont molles. Quand t’arrives à t’ennuyer pendant une scène d’action, c’est que le patient est mort, docteur.
Et alors les dialogues… Oh Seigneur. Entre les punchlines forcées, les petits monologues pseudo-profonds sur “la rédemption”, “la famille qu’on choisit”, “le poids du passé”… c’est à se flinguer avec un pistolet à bouchon. On dirait un atelier d’écriture tenu par un prof de CE2 sous Lexomil. On nous sert des grands discours sur la rédemption, la fraternité entre parias, la loyauté entre tordus... Mais sans tripes, sans jus, sans rien derrière. T’as beau secouer le bocal, y’a rien qui remonte.
Et puis cette fameuse "ambiance plus mature", on en parle ? Si être mature, c’est coller des regards noirs et foutre du gris sur chaque image, alors ma vieille mobylette, c’est du Shakespeare. C’est pas sombre, c’est morne. C’est pas profond, c’est creux. T’as l’impression qu’ils voulaient faire un truc sérieux, mais sans jamais oser y aller à fond. Résultat : ça flotte. Ça traîne la patte. On fait semblant d’avoir des états d’âme, mais au fond, tout le monde s’en fiche.
Alors voilà. Thunderbolts, c’est pas un film. C’est un produit, fabriqué à la chaîne, sans amour, sans ambition, sans même un zeste de respect pour les clampins qui payent leur place. Une équipe de loosers ? Très bien. Mais faut leur filer un vrai terrain de jeu, pas ce marécage narratif. Là, t’as juste envie de les voir tous démissionner et aller cultiver des tomates.
Je t’file un 3 sur 10, parce que je suis pas une ordure. Mais c’est un 3 poli. Un 3 pour l’effort de t’être levé le matin et d’avoir mis ton costume moulant et aussi parce que ça m’a permis de faire une sieste avec clim au cinéma. Merci Marvel, mais la prochaine fois, épargne-nous la souffrance et envoie directement le making-of sur YouTube. Au moins on rigolera un bon coup.