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"Ultimate Game" est un film d'action futuriste dans la lignée de "Running Man", "Le Prix du Danger", ou "La Course à la mort de l'an 2000", pour n'en citer que quelques-uns, ce fameux sous-genre de la dystopie télévisuelle dans lequel les médias contrôlent la planète et les divertissements de masse, toujours plus avides de nouveautés repoussant les limites, et proposent des émissions de télé-réalité dans lesquelles les participants jouent littéralement leur propre vie.


Dans ce monde, Ken Castle, magnat du divertissement, a créé une technologie permettant aux participants de contrôler le corps d'autres personnes, une sorte de "body-snatching" appliqué au principe des "Sims", mais avec de vrais êtres humains. Il crée deux jeux télévisés : "Society" et "Slayers".


Dans "Society", on contrôle des gens menant une vie "normale", qu'on pourrait qualifier d'orgie constante dans ce futur, tandis que dans "Slayers", on contrôle un ex-détenu obligé de participer à dix guerres, avec la promesse d'être libéré s'il survit à toutes les épreuves. Le but étant de régler le problème de surpopulation dans les prisons américaines, ou du moins, c'est l'excuse choisie.


En vérité, le psychopathe créateur de ces jeux contrôle chaque personne manipulée, dans le but de dominer l'intégralité de la planète, en véritable vilain kitsch tout droit sorti d'un épisode de "G.I. Joe".


Autant dans le fond que dans la forme, le film est aussi bon que mauvais.


J'avais apprécié les précédents films du duo Neveldine-Taylor, à savoir le jubilatoire et décomplexé "Hyper Tension" ainsi que sa suite. Et comme la majorité des spectateurs, j'ai en revanche détesté leur suite de "Ghost Rider", qui arrive à être pire encore que l'original en s'enfonçant dans les limbes de la série B nanardesque. Ils sont donc clairement capables du meilleur comme du pire, et ce film en est la parfaite incarnation.


Le film est ultra-chaotique, le scénario n'a ni queue ni tête, la direction artistique fluo part dans tous les sens, et, sans surprise, tous les acteurs surjouent et cabotinent sans retenue. C'est sale, moche et vulgaire, et dans ce film, ce sont autant des qualités que des défauts, car la forme, aussi outrancière soit-elle, illustre parfaitement le fond : le film est à l'image de ce qu'il raconte, à savoir du divertissement décérébré.


Et justement, en termes de gros spectacle d'action et de comédie satirique, le film tient largement la route, à condition de le prendre au millième degré et de le replacer dans son contexte du cinéma d'action américain de la fin des années 2000 : le film sort un an après le remake de "Death Race", par exemple, qui comporte exactement les mêmes parti pris.


Car sous cette couche de débilité se cache un film fou, qui ose tout sans y réfléchir à deux fois. Au royaume des séries B d'action, ce film est presque expérimental, et c'est définitivement sa plus grosse qualité.


L'autre attrait du film, c'est son énorme casting. Un mauvais casting, mais un énorme mauvais casting. Dans le rôle principal, on a un Gerard Butler tout droit sorti de "300", qui incarne le classique action-hero-gentil-nounours-bourrin. Dans celui du grand méchant grandiloquent cherchant à dominer le monde, on retrouve Michael C. Hall, habitué au rôle de psychopathe dans "Dexter", et délicieux de charmant cabotinage (il chante une chanson entière de Sinatra dans un numéro musical dansé qui sort de nulle part).


Et tout autour d'eux, on a Logan Lerman ("Percy Jackson"), Terry Crews ("Expendables"), Ludacris (oui, le rappeur), John Leguizamo ("L'Impasse"), Milo Ventimiglia ("Heroes"), Zoë Bell ("Boulevard de la Mort"), etc... En somme, une montagne de relativement bons acteurs mal utilisés, qui surjouent, et une poignée de moins bons acteurs, cascadeurs ou catcheurs, qui font... leurs trucs habituels.


C'est exactement le genre de film qui se prend pour un grand manifeste sur la société, qui prétend poser des questions existentielles… et qui y répond à coups de gros flingues, de bains de sang et d’humour complètement débridé. On aura vu plus subtil, certes, mais c’est précisément ce chaos jubilatoire, absurde et outrancier, qui fait tout le charme du film. Impossible de bouder son plaisir.

Créée

le 28 janv. 2026

Modifiée

le 28 janv. 2026

Critique lue 330 fois

Cédric Cremet

Écrit par

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