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Mieux Avatar que jamais.
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le 20 déc. 2023
Jeu de Massive Entertainment, Lightstorm Entertainment et Ubisoft (2023 · PlayStation 5)
James Cameron fut satisfait de Avatar : The Game, première adaptation vidéoludique de son univers. Le réalisateur voit dans le jeu vidéo un média complémentaire au cinéma, capable d’explorer Pandora de manière plus immersive et interactive, il décide donc de poursuivre sa collaboration avec Ubisoft. Cette volonté commune conduit à la mise en place d’un nouveau projet ambitieux, pensé dès l’origine comme une extension canonique de l’univers de Pandora, et non comme une simple adaptation opportuniste.
En 2017, Massive Entertainment annonce être le studio qui va s’occuper du développement du jeu. Le studio suédois de Ubisoft n’est pas un choix anodin : Massive dispose d’une solide expertise dans la création de mondes ouverts détaillés et technologiquement avancés. Le studio va s’appuyer sur une version améliorée de son moteur Snowdrop afin de restituer la richesse visuelle et écologique de Pandora, en étroite collaboration avec Lightstorm Entertainment, la société de production de James Cameron.
Le jeu s’inscrit chronologiquement entre les événements de Avatar et ceux de Avatar : The Way of Water. Le joueur incarne un Na’vi enlevé très jeune par la RDA (Resources Development Administration) et élevé parmi les humains. Après des années de captivité, le protagoniste retourne sur Pandora et doit réapprendre les coutumes, la langue et la connexion spirituelle propres à son peuple. Cette quête identitaire s’accompagne d’un affrontement inévitable avec la RDA, toujours déterminée à exploiter les ressources de la planète, offrant ainsi un point de vue inédit sur le conflit central de la saga.
Le 07 décembre 2023, Avatar : Frontiers of Pandora sort sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series, après plusieurs années de développement et plusieurs reports.
Le jeu s’inscrit pleinement dans la tradition des mondes ouverts estampillés Ubisoft. On y retrouve sans surprise l’ensemble des mécaniques désormais bien connues : une carte segmentée en zones à explorer, des points d’intérêt disséminés un peu partout, une multitude de quêtes secondaires souvent facultatives, ainsi que des bases ennemies à libérer. Cette structure, éprouvée mais largement exploitée par l’éditeur depuis des années, donne une forte impression de déjà-vu. Le jeu ne cherche jamais à réinventer la formule, se contentant d’appliquer des mécaniques familières sans réelle prise de risque.
Là où le jeu excelle indéniablement, c’est sur le plan visuel. Pandora est tout simplement splendide. La direction artistique rend parfaitement hommage à l’univers imaginé par James Cameron, avec une faune et une flore luxuriantes, crédibles et foisonnantes. Les couleurs sont éclatantes, parfois presque irréelles, et le cycle jour / nuit transforme radicalement les paysages, offrant des ambiances très contrastées. La bioluminescence nocturne, en particulier, participe à créer un écosystème vivant et cohérent. Rarement un jeu en monde ouvert aura proposé un environnement naturel aussi impressionnant et immersif.
L’exploration prend une toute autre dimension lorsque le joueur peut parcourir Pandora à dos d’ikran. Le vol procure un réel sentiment de liberté et renforce l’immersion dans cet univers vertical, pensé autant pour le ciel que pour le sol. Ce mode de déplacement permet d’appréhender la carte sous un autre angle et encourage l’exploration organique. Les développeurs ont d’ailleurs fait le choix pertinent de limiter l’assistance visuelle sur la carte, évitant ainsi de surcharger l’interface d’indicateurs. Le joueur est invité à observer son environnement, à se repérer naturellement, ce qui renforce la sensation de voyage et de découverte.
Malgré ces qualités, le jeu reste fondamentalement une production Ubisoft parmi tant d’autres. Le gameplay manque cruellement d’originalité et donne l’impression d’être une simple déclinaison de mécaniques déjà vues et revues. Les phases de combat, d’infiltration ou de collecte se répètent sans réelle évolution, entraînant une lassitude progressive. Pour un joueur habitué aux productions de l’éditeur, la redondance est flagrante. Le titre ne propose aucune mécanique réellement novatrice capable de renouveler l’expérience ou de surprendre durablement.
L’absence de mise en scène constitue l’une des plus grandes déceptions du jeu, surtout lorsqu’on le compare aux films de la saga Avatar, réputés pour leur ampleur spectaculaire. Ici, aucun moment véritablement marquant, aucun passage épique, aucune cinématique mémorable ne vient ponctuer l’aventure. La narration se déroule de manière plate, sans rythme ni intensité dramatique. Ce manque d’ambition dans la mise en scène rend l’expérience globalement fade et empêche le jeu de susciter une quelconque émotion durable.
Le scénario ne parvient jamais à capter l’attention. Il repose sur une structure répétitive et prévisible, donnant rapidement l’impression de tourner en rond. Les enjeux sont mal exploités et les personnages, qu’ils soient humains ou Na’vi, manquent cruellement de profondeur. Aucun d’entre eux ne parvient réellement à marquer le joueur. À cela s’ajoute une durée de vie conséquente : entre vingt et trente heures pour la quête principale, et bien davantage pour les activités annexes. Une longueur qui, faute d’intérêt narratif ou ludique suffisant, accentue encore le sentiment d’ennui.
L’aspect technique constitue également un point noir. Le jeu souffre de nombreux bugs qui nuisent fortement à l’expérience : personnages bloqués dans le décor, crashs intempestifs, fermetures du jeu sans raison apparente. Ces problèmes obligent régulièrement à relancer le jeu et brisent l’immersion. Sur la durée, cette instabilité technique devient particulièrement pénible et contribue à renforcer la frustration du joueur.
Avatar : Frontiers of Pandora est un jeu profondément paradoxal. D’un côté, il propose une représentation visuellement somptueuse de Pandora, probablement l’une des plus belles jamais vues dans un jeu vidéo. De l’autre, il s’enferme dans une formule Ubisoft usée jusqu’à la corde, avec un gameplay sans ambition, une narration fade et une mise en scène inexistante. Malgré un univers exceptionnel, le jeu peine à justifier sa durée et son manque de prise de risque. Il s’adresse avant tout aux amateurs de mondes ouverts contemplatifs ou aux fans de l’univers Avatar, mais laissera probablement les joueurs plus exigeants sur leur faim.
Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Les meilleurs jeux de la PlayStation 5 (PS5)
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