Je n'arrive pas à lâcher, je n'arrive pas à quitter Carcosa. Et pourtant ça partait mal : j'avais adoré Returnal, et j'étais un peu déçu que Housemarque remette le couvert pour ce Saros plutot que de tenter autre chose. Les critiques allant dans le même sens, je m'étais abstenu de l'acheter à sa sortie, me disant que j'en profiterais un an plus tard sur le Playstation Plus. Je n'étais manifestement pas le seul, car le jeu est aujourd'hui considéré comme un échec commercial. Quelle injustice, mes aïeux : en essayant la démo, j'ai compris en dix secondes que j'étais condamné à l'acheter dans la foulée. Et ce qui devait arriver arriva : Saros a dévoré mon été.
Alors plutôt que d'égrener ses innombrables qualités, j'ai cherché à savoir pourquoi. Pourquoi Saros, comme Returnal, exerce une attraction magnétique sur moi. Peut être parce que Housemarque est un studio qui fait des jeux parfaitement cohérents : on aura beau louer sa direction artistique incroyable, son gameplay réactif en diable, ses patterns diaboliques, son lore bien plus profond que l'on ne pourrait le croire, ce qui est vraiment remarquable, c'est de voir à quel point tous ces éléments participent à part égale à la réussite du titre, à quel point ils se complètent les un les autres, et à quel point l'excellence globale du titre dépasse la somme de ses parties. Saros, c'est le nec-plus-ultra du TPS, personne n'a jamais fait mieux.
Alors oui, effectivement, Saros est très similaire à Returnal. Mais il est meilleur partout, la recette est affinée à la perfection, l'addiction est totale, et le titre se paie même le luxe d'être bien plus accessible que son prédécesseur. Alors non, l'éclipse n'est prête de me lâcher. J'ai fini le jeu, vu ses deux fins, mais je n'ai pas rempli l'arbre de compétences en entier. Et je veux me refaire un Run complet pour trouver tous les messages audio. Et j'ai une revanche à prendre sur le roi. Et après, je trouverais autre chose, même après 70 heures. Oui, Saros est un très grand jeu.