Quand je pense à Obsidian, je pense à Fallout New Vegas, quand je joue à The Outer Worlds 2… Je joue à Fallout New Vegas ! C’est génial, n’est-ce pas ? Une telle merveille d’écriture au service d’un monde où chaque décision sera le moteur de votre propre expérience. Où vos actions déterminent qui vous êtes, qui vous souhaitez devenir ! Tout cela fait très 2010 non ?
Pourquoi The Outer Worlds 2 paraît-il dépassé en 2025 ? Parce que tout comme Bethesda avec son Starfield, Obsidian a choisi de transposer son jeu le plus culte dans un univers différent, oui... Mais si l’exploration de ces mondes était plaisante en 2006, cela catapulte l’immersion sur orbite en 2025. Voici une petite liste d’éléments qui me rappellent sans cesse que The Outer Worlds 2 n’a pas fonctionné sur moi :
- Que ce soit sur la planète X ou Y, dans le désert comme dans un complexe de haute sécurité, TOUTES les portes sont les mêmes, suis-je le seul que cela choque ?
- Les structures des planètes sont identiques et toutes les ressources sont les mêmes. On a plus l’impression de visiter de nouveaux biomes plutôt que des écosystèmes.
- Les interactions avec l’environnement sont réduites au strict minimum et se résument à des distributeurs, interrupteurs, ascenseurs, portes, ce qui détermine donc vos déplacements. Half-Life 2 a plus de 20 ans les gars…
- On n’a toujours pas de sensations agréables lorsqu’on donne un coup ou qu’on tire sur un ennemi (ce qui me fait peur pour Avowed que je vais faire sur PS5 également). Il y a un radinisme dans l’animation relativement flagrant.
- Le manque de mise en scène pour l’histoire et ces fameux plans de dialogues insipides et d’un autre âge.
- L’absence de version doublée en français me pose également un problème, un peu comme ce dernier clou du cercueil qu’on enfonce par dépit, scellant ainsi mon manque d’implication dans l’histoire. Je me rends compte à quelle point la VF de nos anciens Fallout et The Elder Scrolls était importante pour l’immersion.
- Dernier point sur la musique d’ambiance qui ne dégage aucune émotion et la magie des originales diffusées sur votre radio ne fait plus effet. Reprendre une playlist qui passe très bien dans Fallout ne fait pas de miracle si l’univers ne s’y prête pas.
Quand on passe de Kingdom Come: Deliverance 2 à The Outer Worlds 2, il y a un choc générationnel que je ne peux ignorer et il m’a littéralement explosé au visage. Après 6:00 de jeu, la direction artistique de la première planète post-tutoriel a fini de m’achever. Ce jeu est poussiéreux, il est le témoignage d’un autre temps qui, malgré un coup de polish, n’apporte guère plus que Fallout New Vegas avec un univers qui peine à être captivant.
Mais…Huit jeux plus tard, j’ai relancé une deuxième partie. Sachant désormais où je reposais les pieds, j’ai choisi de changer mon approche, d’en ressortir du positif et d’apprécier le système de progression. Pour ce faire, j’ai choisi de créer un deuxième personnage fort et stupide, spécialisé dans les armes de corps à corps et les explosifs. L’exploration, c’est terminé, place au rush des pointeurs d’objectifs et foncer dans le tas avec une grosse masse à deux mains. J’ai pu y découvrir quelques dialogues comiques dus à mon statut d’imbécile sorti de prison, mais c’est surtout le système de progression particulièrement plaisant qui me rend malgré tout plus clément avec le jeu. Le personnage se forge petit à petit et je suis actuellement une machine de guerre ultra mobile écrasant les ennemis avec un gros marteau.
Pour conclure, je ne recommande pas The Outer Worlds 2, qui n’est que le reflet d’une relique issue de la gloire passée d’Obsidian. Malgré certaines fulgurances d’écriture et son plaisant système de progression, Obsidian empile les vieilleries les unes sur les autres pour nous fournir un package fade et anachronique. J’espère que Avowed sera une expérience plus ramassée, plus marquée, issue d’une page vierge plutôt que d’une photocopie.