Cover 2026 - BD / MANGA

2026 - BD / MANGA

J'ai commencé à lire des comics assez tard, vers mes 21 ans. Depuis, je suis tombé dans ce qu'on appel communément un trou de lapin. J'essaie d'aller à mon rythme, de rattraper mes classiques tout en dénichant quelques nouveautés à travers mon activité préféré : déambuler dans des librairies. L'an dernier s'était conclu avec ma relecture de Sandman, du coup, cette année, j'ai une furieuse faim de fantastique, et notamment celles qui mettent en avant les histoires et font l'apologie de l'imaginaire. Dès lors, je pense que 2026 sera traversée par ma lecture de Fables qui me fait du coude depuis longtemps. James Tynion IV est aussi inscrit en lettre rouge dans mon emploi du temps, et d'autres classiques : Preacher, Transmetropolitan, la carrière de Brian K. Vaughan et sûrement un paquet de surprises.

Liste de

25 BD

créée il y a 5 mois · modifiée il y a 18 jours
Books of Magic, tome 1
7.1

Books of Magic, tome 1 (2019)

Books of Magic Volume 1: Moveable Type

Sortie : 7 juin 2019 (États-Unis).

Comics de Kat Howard, Neil Gaiman, Simon Spurrier (Si Spurrier), Dan Watters, Nalo Hopkinson, Tom Fowler, Bilquis Evely, Max Fiumara, Sebastian Fiumara et Dominick "DOMO" Stanton

OuaZz a mis 5/10.

Annotation :

02/01/2026

En poursuivant mon run Sandman avec une de ses extensions mythiques, je m’attendais à débuter l’année sur un feu d’artifice et je n’ai eu qu’un pétard mouillé. Après c’est un peu ma faute vu que je me suis trompé d’auteur comme un gland… Kat Howard n’est pas vraiment Neil Gaiman, oh que non. Et ça se ressent dès les premières pages avec une narration plutôt bateau. Cet ersatz de sauce Harry Potter n’a pas le moindre goût ni même un soupçon d’âme.

Il faut attendre l’arrivée miracle du 9e chapitre pour que la magie opère par interstice : Ellie, un de personnages, se retrouve emprisonnée dans un livre, un cachot de papier où elle fait la rencontre d’un autre prisonnier. Un arbre séculaire lui conte alors son histoire, comment est-il arrivé là. Mais en à peine 24 pages, difficile de faire des étincelles et oublier le reste.

Au-delà de cette petite fulgurance, la majorité des chapitres sont mous, les personnages pas le moins du monde attachants, les dialogues un peu creux et le dessin manque de panache. À aucun moment, on ne ressent une quelconque profondeur thématique. Ce qui est dommage au vu de la potentialité du concept, qui m’a curieusement rappelé The Unwritten… dans lequel je vais me replonger sans plus tarder pour me purifier 🙏

The Unwritten : Entre les lignes, tome 1
7.2

The Unwritten : Entre les lignes, tome 1 (2017)

Sortie : 13 octobre 2017 (France).

Comics de Mike Carey et Peter Gross

Annotation :

11/01/2026 (relu)

Ce comics englobe tout ce qui me vibrer dans la fiction, et bien au-delà : le débordement des histoires, l’importance laissé à l’imaginaire, devenant même une matière tangible, une géographie à appréhender, une histoire à percevoir, un peu dans le style de Da Vinci Code mais avec une notion plus merveilleuse.

Mike Carey gratte les strates de notre inconscient collectif tout en retraçant l’histoire de nos histoires, les faisant se jumeler, se répondre, rebondir l’une sur l’autre dans un grand thriller palpitant mettant en scène un gamin tout droit sorti d’un roman d’Harry Potter coursé par une secte séculaire et dangereuse, La Faction, gérant les récits depuis les premiers pas de l’homme et les civilisations qu'il a bâti.

Sous ses airs de divertissement, le récit se déploie dans tous les sens et vient questionner notre rapport aux histoires, notre implication dans celle-ci, notre fanatisme, sa nécessité mais aussi son versant plus sombre et manipulatrice. A ma première lecture, je trouvais les personnages un peu trop fonctionnels, mais à la relecture, j’accroche davantage, je les trouve plus complet, perplexe.

Cette première partie brosse magnifiquement le portrait de ce jeune Tom/my, un être qui incarne un idéal grâce à son homologue fictionnel que son père à fabriquer. Il est question de fan, aussi. L'auteur n’oublie pas d’implémenter internet et le nouveau rapport que celui-ci aura susciter vis-à-vis de la manière dont peut se propager une histoire. N’appelons-nous pas ce nouveau continent : une toile, un réseau, après tout ?

Le coup de force, au-delà de l’impeccable tension, ce sont tous ces dialogues juteux ou ces concepts de poignée de porte magique, de carte au trésor, d’enfant qui dissocie et se prennent pour de vrai magicien, etc. Le comics est rempli de bonnes idées et d’émotions savamment dosées. Quant à Peter Gross, le deuxième marin de cette formidable goélette, ses dessins sont époustouflants : entre la rondeur enfantine et un caractère plus dramatique et minimaliste mais avec un soupçon d'héritage pulp très touchant.

The Unwritten : Entre les lignes, tome 2
8

The Unwritten : Entre les lignes, tome 2 (2018)

Sortie : 27 avril 2018 (France).

Comics de Mike Carey et Peter Gross

Annotation :

16/01/2026 (relu)

Malgré une fin des plus abrupte, le voyage restera solidement attaché à mon front. Une petite pépite qui marche dans les traces du grand Moore, le côté plus fun et moins abscons en plus. Lisez les 1800 pages de plomb de Jérusalem, vous comprendrez.

En tout cas, cette relecture m’a régalé. J'ai pu savourer tellement de petites choses à côtés desquelles j'étais passé. En même temps, Carey ni va pas du dos de la cuillère : couche après couche, il pond un mille feuilles intertextuel désarçonnant et foutrement poétique. Pour continuer sur la métaphore de la bouffe (j'ai la dalle) : une tartinade de références à la sauce grasse où serait écrasé l'un contre l'autre l’esprit de Frankenstein et du baron Munchhausen.

Sans déconner, pour qui compte se prend d'un minimum de passion pour les histoires, ce livre est un must-have, une délicieuse réflexion méta sur... mais j’ai déjà dit tout ça plus haut. Lisez juste ce monument, putain. Vous me remercierez plus tard. Ou pas, pour ce que j'en ai à foutre.

Preacher : Livre 1
8.1

Preacher : Livre 1 (2015)

Preacher: Book One

Sortie : 23 janvier 2015.

Comics de Garth Ennis et Steve Dillon

Annotation :

21/01/2026

La plus belle invention depuis le pain tranché ? Probablement. Faut dire qu’après une intro aussi pétaradante et le carnage blasphématoire qu’on se mange entre les dents au fur et à mesure qu’on tourne les pages à la vitesse d’un damné, le spectacle promet du lourd pour la suite.

Ennis est un monstre. Vraiment. Regardez ce soir sous votre lit, vous verrez. Il a un putain de talent pour créer des persos aussi géniaux que cramés. Les dessins de Dillon impriment la rétine comme de la javel. Je crois que je suis partie pour une sacrée balade avec Jesse, Tulip et Cass ; une route peuplée des plus étranges et immondes salopards à jamais avoir vu le jour.

Après ce premier tome, impossible de ne pas songer à Tarantino et sa juteuse logorrhée bien grasse qu’Ennis pastiche à sa propre sauce. Pour sûr, c’est pas une série qui se regarde le nombril. Si vous êtes venus chercher la prose d’un Moore ou d’un Gaiman, passez votre chemin, pèlerin. Ici, on tranche dans le lard, on botte des culs à la douzaine. Pas le temps de s’appesantir sur les états d’âmes ou la poésie. Le car brûle et Jeffrey Dahmer est au volant !

Mais attention, ça veut pas dire que c’est de l’écriture pour décérébrés. Que nenni ! L’écriture d’Ennis est d’une qualité indéniable. C'est aussi jouissif que divertissant. Le mec chie une idée par page. Les Rolling Stones ou Dylan à leur meilleur. Un putain de char d’assaut irlandais !

Preacher : Livre 2
8.1

Preacher : Livre 2 (2015)

Preacher: Book Two

Sortie : 21 août 2015.

Comics de Garth Ennis et Steve Dillon

Annotation :

23/01/2026

P-R-E-A-C-H-E-R. Comment 8 pauvres lettres peuvent-elles être associées à autant de plaisir ? Une cuve d’histoires salaces de comptoir avec le cœur d’un fondant au chocolat. Je parle de la sève coulante de cette saga, celle qui en fait tout son sel et sa couleur si particulière : ces petites discussions du quotidien entre Jesse et Tulip ou Jesse et Cassidy. Ces petites escales entre deux carnages en règle qui offrent une vraie profondeur d’âme que d’autres séries ne parviennent même pas à effleurer malgré leur répugnance.

Tout est une affaire de contraste. Faut laisser le chien se promener sans sa laisse, mais faut aussi le câliner avec plaisir malgré la crainte de choper la rage. Peut-être que je me répète, mais ça fait très Tarantino. Un courrier des lecteurs prononce même cette phrase : « Vous avez collé un 44 magnum sur la tête de Quentin et répandu son génie créatif sur les pages. » J’adore ! Mais on peut aussi voir l’écho qu’a eu la série sur un certain Kevin Smith et son Dogma, qui viendra même se prêter au jeu de la postface.

Hâte de bouffer les pages du 3e tome de ce Nouveau Testament.

Preacher : Livre 3
8

Preacher : Livre 3 (2016)

Preacher: Book Three

Sortie : 25 mars 2016.

Comics de Garth Ennis et Steve Dillon

Annotation :

29/01/2026

2 semaines plus tard, je continue de tourner les pages, doucement mais sûrement. Hier, je me suis enfilé pas moins de 5 chapitres. Que dire ? Ça se mange comme du Nutella à la cuillère, même sans fin, on continue d’enloucher le pot.

Garth Ennis m’a fait saisir qu’une histoire n’a pas à être pompeuse ou saturée d’emphases pour prétendre à la grandeur. Il suffit de mettre tout entier son cœur et son âme dans son boulot, sans oublier d’ajouter de l’humour potache et une dose de violence graphique, pour discrètement loger le propos de son projet dans l’esprit de son lecteur. Bien que j’idolâtre des auteurs comme Gaiman ou Moore, cela fait plaisir de temps à autre de lire des comics sans froufrou.

On comprend vite le pourquoi de l’admiration que porte Ennis aux films d’Eastwood. Les deux briscards ont ce même amour de la simplicité et la franchise. Cela dit, j’aime que Gennis est l’intelligence de prendre ce concept d’amitié / loyauté à rebrousse-poil grâce à Cassidy et son amour pour Tulip. Je suis reconnaissant qu’une saga comme Preacher existe. Je crois qu’elle m’a révélé quelque chose sur mon rapport à l’amitié, et pourquoi c’est un sujet qui me touche autant.

Ennis travaille ses personnages au corps, détricote leur cervelle pour nous présenter ce qui s’y cache grâce à de géniales escales. La maxime : “c’est le voyage qui compte, pas la destination” n’a jamais été aussi foutrement vraie ! Ils sont entiers, imprimés en 3D dans nos têtes. Pas la peine de continuer d’écrire. Toute façon, je ne pourrai jamais rendre justice à cette histoire, même en écrivant jusqu’au jugement dernier.

Preacher : Livre 4
8

Preacher : Livre 4 (2016)

Preacher: Book Four

Sortie : 26 août 2016 (France).

Comics de Garth Ennis et Steve Dillon

Annotation :

01/02/2026

Toujours aussi allumé. Le South Park des comics avec une plume de Navajo dans le cul. Prenez garde à vos miches, les mots ricochent comme des balles sous la plume de plomb d’Ennis.

Très cool de découvrir le passé de notre salopard préféré : Herr Starr. Cette haine qu’il porte en lui depuis gamin et qui l’aura poussé jusque dans les bras du Graal pour se l’approprier en fait incontestablement l’un des personnages qu’on aime le plus détester des comics. Puis y’a son versant : la backstory de Tête-de-fion, déchirante de crasse et de violence. Franchement, je faisais pas le fier en tournant les pages de ce chapitre, tout en sachant bien où cette course de merde me mènerait, c’est-à-dire vers le canon d’une arme. Hâte de découvrir la façon dont va réagir Jesse face à l'embrassade entre Cassidy et Tulip. Cette trahison m'a fait très mal aussi. Un tome à la lecture harassante dont il sera difficile de se remettre.

The Nice House by the Sea, tome 1
7.6

The Nice House by the Sea, tome 1 (2025)

Sortie : 25 avril 2025 (France).

Comics de James Tynion IV et Álvaro Martínez Bueno

OuaZz a mis 8/10 et a écrit une critique.

Annotation :

03/02/2026

Petit break dans ma lecture de Preacher pour préparer la venue de James en dédicace sur Paris ce week-end (sortie de Exquisite Corpses).

W0rldtr33, tome 1
7.4

W0rldtr33, tome 1 (2023)

W0rldtr33 (Worldtree) Volume 1

Sortie : 11 octobre 2024 (France).

Comics de James Tynion IV, Fernando Blanco et Jordie Bellaire

OuaZz a mis 7/10 et a écrit une critique.

Annotation :

04/02/2026

Lui aussi, je veux me le faire dédicacer. Très clairement, l'un de mes auteurs favoris du moment avec Tom King. Chacune de ses lectures est inspirante. Sa manière de gérer la tension, de semer petit à petit des indices tout en gardant des munitions, c'est grand et ça convoque toute une dramaturgie sérielle amplement maitrisée. Voir ma critique.

W0rldtr33, tome 2
7.4

W0rldtr33, tome 2 (2024)

W0rldtr33 (Worldtree) Volume 2

Sortie : 14 mars 2025 (France).

Comics de James Tynion IV, Fernando Blanco et Jordie Bellaire

OuaZz a mis 7/10 et a écrit une critique.

Annotation :

06/02/2026

Je comprends pourquoi toutes les plateformes se ruent pour adapter ses œuvres. Son découpage est tellement cinématographique, sa science de la concision fait bander. Le trip de lecture parfait. Voir ma critique.

The Nice House on the Lake, tome 1
7.9

The Nice House on the Lake, tome 1 (2022)

The Nice House on the Lake Volume 1

Sortie : 3 février 2023 (France).

Comics de James Tynion IV et Álvaro Martínez Bueno

Annotation :

10/02/2026 (relu)

The Nice House on the Lake, tome 2
7.6

The Nice House on the Lake, tome 2 (2023)

The Nice House on the Lake Volume 2

Sortie : 31 mars 2023 (France).

Comics de James Tynion IV et Álvaro Martínez Bueno

Annotation :

12/02/2026 (relu)

Une série revue à la hausse depuis ma première lecture lors de sa sortie. Un immense coup de coeur que j'essaie de décortiquer ici :
https://www.senscritique.com/bd/the_nice_house_on_the_lake_tome_1/critique/287085807

Memetic
-

Memetic (2015)

Sortie : 21 octobre 2015.

BD (divers) de James Tynion IV et Eryk Donovan

OuaZz a mis 6/10 et a écrit une critique.

Annotation :

13/02/2026

Preacher : Livre 5
8.1

Preacher : Livre 5 (2017)

Sortie : 24 mars 2017 (France).

Comics de Garth Ennis et Steve Dillon

Annotation :

20/02/2026

Garth Ennis est davantage un humaniste en colère qu’un cynique blasé. Le cœur à vif, la gâchette facile. Chapitre 41 débarque un nouveau fumier en grande pompe, du genre à péter la porte par son aura malveillante. Une petite teigne avec ses lunettes en cul de bouteille : le Marchand de viande, mégalo qui parle de lui à la 3e personne et ne se déplace jamais sans son avocate surtaillé, Oatlash, balai bien profond dans le cul et culte sadomaso pour Hitler. Putain, rien qu’écrire ça, je me rends compte à quelle point cette saga est aussi fêlée que bonne. Une saga qui n’a donc rien à envier aux types en lycra à cape : niveau héros, bestiaire et démesure, il les enterre vivants.

À partir du moment où Jesse a vu Cassidy embrasser Tulip, tout est parti en vrille. Sa boussole morale fait un tonneau. Pour retrouver ce qu’il croyait gravé dans le marbre, il se casse dans une bourgade paumée, joue au shérif, histoire de remettre un peu d’ordre - et tant qu’à faire, d’être utile. Encore une sortie de route magistrale de Garth Ennis : une communauté de personnages taillés à la serpe, un rythme démoniaque, et cette capacité à faire exister un monde en quelques cases. Et puis Jodie. Cette insaisissable bargirl. Classe froide. Intelligence tranquille. Et ce twist absolument génial et inattendu.

Ce que j’adore avec cet auteur, c’est qu’il essore ses personnages jusqu’à la dernière goutte. Il les pousse dans leurs retranchements pour en extraire l’or noir. C’est le genre de saga dont tu rêves la BO : folk crasseux, insolence grunge, capable de se poser aussi sec et nu qu’un morceau de Johnny Cash ou une longue errance signée Dylan. Dommage que la série n’est pas tapée aussi juste. Je vais pas m'épancher encore sur les dialogues, mais j'en pense pas moins : aussi hilare que touchant.

Néanmoins, le plus beau avec Preacher, c’est que rien n’est prévisible. Un chapitre, t’as les bottes plantées dans la jungle vietnamienne. Le suivant, tu suis l’amour brut d’un père pour sa fille, une éducation tendre et totalement anticonformiste - avant qu’il se prenne une balle dans la tête. Et ensuite, te voilà sur la route, à traverser les États-Unis en bagnole, à prendre en stop une galerie de bras cassés qui crachent leurs anecdotes comme autant de mégots de l’Amérique. Un tome de transition, ok. Mais quelle transition, bordel. J'ai été touché tout le long, notamment avec ses retrouvailles finales tant attendues ❤️.

Preacher : Livre 6
8.1

Preacher : Livre 6 (2018)

Preacher : Book Six

Sortie : 19 janvier 2018 (France).

Comics de Garth Ennis et Steve Dillon

Annotation :

25/02/2026

Voilà donc la fin du chemin. Quel beau voyage ç’a été, putain. 1 mois que la série m'a accompagné, alors j'imagine même pas les adeptes de la première heure qui ont suivi ce trouple durant plus de 5 années sans faillir, attendant avec l'impatience d'un gamin le soir du 24 décembre de recevoir ses cadeaux. Une perle brute, ciselée dans la roche et baignée dans la poussière. Une sacrée lettre d'amour au western. Son plus bel héritage.

J’oublierai pas de sitôt Jesse, Tulip, Cassidy et la belle brochette d’enculés qui ont croisé leur route. Une vraie leçon de scénario, que cela soit dans sa manière de découper une scène, l’efficacité parfaite d’un rythme aussi nerveux qu’un cheval au galop, de ses idées qui partent dans tous les sens, cette incapacité de prévoir la prochaine folie que nous cuisine l’auteur, ou encore au niveau de ses longs dialogues aussi con que profondément touchants, brassant des thématiques en pagaille, notamment celle de l’honneur. Cette valeur qui a eu du mal à passer les décennies à cause de tout l’imaginaire qu’elle convoque, ces bons vieux westerns en tête de liste. Mais Ennis n’est pas la moitié d’un con. Le miracle de cette saga, c’est d’avoir réussi à faire revivre les grandes histories des années 60 en les faisant coexister avec cette amour de la contre-culture des 70’s pour finir par leur foutre un bâton de dynamites dans le cul façon 90’s. Une épopée de jobards portée par le talent de 2 titans : Dillon et Ennis. Merci, les mecs.

Une fin aussi douce qu’amère. Pour ceux qui attendaient un climax épique et un rabattage sur la promesse fantastique du pouvoir de Genesis, eh ben... merde, les gars, vous n’aviez donc rien compris à cette série depuis le début ? Cette voix de Dieu n’était qu’une satané excuse pour brosser le portrait d’un trio dont l'originalité n'a d'égale que leurs fêlures et charisme. Je l’ai souvent dit dans mes avis antérieurs, mais Preacher, pour moi, c'était avant tout l’art des escales, de cet amour de l'imprévu qui fait l'irrésistible sève de n’importe quel road-movie (dont le western est le parrain).
https://www.senscritique.com/bd/preacher_1995_2000/critique/201397404

Adieu Eri
7.7

Adieu Eri (2022)

Sayonara Eri

Sortie : 18 janvier 2023 (France).

Manga de Tatsuki Fujimoto

OuaZz a mis 7/10 et a écrit une critique.

Annotation :

27/02/2026

Terre ou Lune
8.4

Terre ou Lune (2026)

Sortie : 4 février 2026.

BD franco-belge de Jade Khoo

OuaZz a mis 8/10 et a écrit une critique.

Annotation :

01/03/2026

Va jouer dans le mixer ! - Calvin et Hobbes, tome 14
8.9

Va jouer dans le mixer ! - Calvin et Hobbes, tome 14 (1997)

Sortie : mai 1997 (France).

Comics de Bill Watterson

Annotation :

11/03/2026

Reprise de ma lecture de Calvin & Hobbes pour l'année 2026. Bientôt plus d'un an et demi que ce petit morveux et son tigre m'accompagne dans mes trajets de métro avec plus ou moins de rigueur. Un humour comme je l'aime : à la fois acide et bon enfant. Un gamin misanthrope qui fuit la réalité avec sa peluche dans sa bulle de fantaisie, mais qui n'en perd jamais une pour tacler notre idiotie en tant qu'espèce, ou simplement philosopher sur le sens de la vie en faisant de la luge. 14 numéros plus tard, Bill Watterson est toujours au top. Un prodige du strip.

Complètement surbookés ! - Calvin et Hobbes, tome 15
9

Complètement surbookés ! - Calvin et Hobbes, tome 15 (1998)

Sortie : janvier 1998 (France).

Comics de Bill Watterson

Annotation :

16/03/2026

D'enfer ! comme à l'accoutumée. Je vais être bien triste quand j'arriverai à la fin. Mais ne pas se mettre martel en tête, au pire, je n'aurai qu'à recommencer. Il y a plus de choses dans ces 24 volumes que n'importe quelle philosophie de votre philosophe préféré. Où comment, grâce à une magie dont j'ignore encore le pouvoir, mes distances en métro restent fidèlement les mêmes malgré le temps qui s'abrège. Même Einstein en serait resté coi.

Faites place à Hyperman ! - Calvin et Hobbes, tome 16
8.8

Faites place à Hyperman ! - Calvin et Hobbes, tome 16 (1998)

Sortie : 28 mai 1998 (France).

Comics de Bill Watterson

Annotation :

25/03/2026

De toutes les BD que je lis, c'est probablement seul qui me donne le plus le sourire. Chaque fois que je la lis, je dois me méfier de ne pas trop passer pour un fou dans les transports, sans quoi mes voisins chercheraient soit à m'enfermer dans l'asile le plus proche (car le bonheur dans des lieux publics est une chose malsaine et mal vu) ou de me chaparder l'objet de ma volupté, auquel cas je devrais mentir éhontément pour préserver mon secret car je ne suis pas âme à partager mes trésors (si ce n'est sur ce site en parfait anonyme).

La Vie est une corvée
7.9

La Vie est une corvée (2023)

Sortie : 2 février 2023 (France).

BD franco-belge de Salomé Lahoche

OuaZz l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

27/03/2026

Un humour cynico-pastel qui saura dérider vos trajets dans le métro ou vous foutre le cafard avant d’aller vous nicher sous votre couette. J’aime ses traits d’esprits assez féroces, son petit cirque intime et ce phrasé si contemporain. La Gen Z en force ou quoi ?! Très inspirant et chaleureux malgré la dose de noirceur que sa couve. Chaipas quoi dire d’autre, en fait, à part que j’aurai rêvé écrire chaque strip, que c'est totalement ma came d'humour et que je viens de découvrir une nouvelle artiste qui déboite et dont je vais m’empresser dès maintenant d’aller acheter le reste de son œuvre dans ma librairie la plus proche afin de continuer à voir la vie comme un sacré sac de petits tracas et de grandes contrariétés. Le pire dans cette histoire, c'est que je l'avais acheté pour ma copine, mais faute d'une autre BD qu'elle n'avait pas encore terminé, c'est moi qui me suis jeté le premier sur celle-ci, une petite curiosité qui s'est agréablement conclue sur une lecture assidue.

All You Need Is Kill, tome 1
7.3

All You Need Is Kill, tome 1 (2014)

Ōru Yū Nīdo Izu Kiru

Sortie : 25 juin 2014 (France).

Manga de Hiroshi Sakurazaka, Ryosuke Takeuchi, Takeshi Obata et Yoshitoshi Abe

OuaZz a mis 6/10.

Annotation :

13/04/2026

Lecture pour préparer une critique du film que j'ai vu en AVP grâce à mon média. Je suis un bon élève et je fais correctement mes devoirs. Le sentiment globale une fois refermée : mouais... C'est sûr qu'après les deux films, l'histoire n'a plus rien de neuf à me proposer, si ce n'est un bon découpage mais des personnages creux et une histoire plutôt passablement écrite. Je l'ai lu d'une traite et ne risque pas de m'en souvenir, si ce n'est pour quelques planches qui reflètent - j'imagine - effroyablement bien le chaos et l'horreur d'un champ de bataille. A dire vrai, il manque une réflexion plus poussée sur la notion de courage ou de solitude qu'un tel plot (boucle temporelle) charrie. Le récit reste trop en surface. Et en regard des deux films, je ne pense pas que le tome 2 ne soit plus concluant. Le concept : Groundhog Day dans le costume de Starship Troopers à l'intérieur d'un parc à l'effigie de Neon Genesis Evangelion. Un cocktail savoureux sur le papier, mais qui ne s'avère qu'une rasade, pas de quoi étancher ma soif. Bref, je deviens aigri donc je préfère m'arrêter là. C'est juste pas ma came d'histoire. Ou alors il me faut les CGI pour l'accompagner et la rendre plus palpable.

Les cinq ami·e·s l’échappent belle in extremis
7.6

Les cinq ami·e·s l’échappent belle in extremis (2026)

Sortie : 17 avril 2026 (France).

BD franco-belge de Fabrice Caro (Fabcaro)

OuaZz a mis 6/10.

Annotation :

23/04/2026

Sapristoche ! ce bon Fabcaro, jamais dans les derniers quand il est question de nous faire rire de bon cœur dans une ambiance de franche convivialité [rires enregistrés]. Le roi de l’absurde à la française nous fait le plaisir de s’attaquer à un nouveau pastiche, celui de la petite bibliothèque rose et de son fameux Club de 5. Pour l’occasion, il est venu donner une petite masterclass à Paris à laquelle je me suis empressé de prendre ma place. Ce qui transpire d’abord chez l’homme, c’est sa simplicité, sa franchise et sa lassitude polie quant à la volonté de certains lecteurs à trouver du double sens partout. Lui, il écrit ces p’tites idioties qui le font bien rire, et puis le reste, [bruit de cheval avec la bouche], c’est plus son domaine. On a pu discuter quelques minutes à la séance de dédicace et je me suis permis de le remercier de ne jamais tomber dans le cynisme malgré une époque qui n’adorerait rien tant que de le recruter parmi ses rangs.

Sauf que nan, le Fab, permettez-moi (on est quasiment cousin germain désormais), il persévère à faire de l’humour bienveillant ; il s'applique à ne pas tomber dans le pot vinaigre. Ne serait-ce qu’en raison de sa propre personnalité qui a beaucoup de recul sur les choses, ou encore son besoin de rires des choses sans jamais les insulter ou les prendre de haut. Or donc, entre deux sorties (un roman / une BD – son nouveau rythme de croisière annuel), il nous livre ce petit bouquin qui paie pas de mine et se dégustera en une petite journée. Bien évidemment, les 5 compères n'est pas la goutte d'eau la plus minéralisée de la source dans sa carrière (qui commence doucement à inonder mes étagères). Certes, je me suis souvent pris à sourire ou pouffer du nez, mais on sent que le matériel n'est pas tiré à son maximum, que c'est une bonne œuvre conçu entre deux autres. On y retrouve cette patte de l’insensé, du déraisonnable et de l’irrationnel le plus stupide, cette idiotie bon enfant qui fait tout le charme de ses œuvres antérieures. Mais aussi l'amour du running gag, de cet humour noir qui vogue à la lisière en s'amusant à dénoncer "ces voisins qui ne votent pas socialiste", ou cette ambiance franchouillarde bourgeoise des sixties. Un p’tit filou répondant toujours à l’appel quand il est question de danser la Bistouchatte. Agréable mais oubliable.

Le Secret du janissaire - De cape et de crocs, tome 1
8

Le Secret du janissaire - De cape et de crocs, tome 1 (1995)

Sortie : 1 novembre 1995 (France).

BD franco-belge de Alain Ayroles et Jean-Luc Masbou

Annotation :

27/04/2026 (relu)

Amateur de rimailles et de ferrailles, nous voilà servis. Cap sur l’aventure avec ce duo de gentilshommes, jamais les derniers lorsqu’il s’agit de se fourrer dans les pires situations pour sauver la veuve ou l’orphelin. C’est l’esprit des Trois Mousquetaires de Dumas traversant un cirque en feu pour finir par rencontrer, au détour d’un numéro de funambule, La Fontaine en personne et son amour des fables anthropomorphes, le tout relevé d’une pointe de comédie aussi acérée que l’épée de la justice.

Dans ce premier tome, il est question d’une fabuleuse carte au trésor des Îles Tangerines (glissée dans une bouteille à l’intérieur d’une autre bouteille, rangée dans un coffre, lui-même enfermé dans l’écrin d’un autre coffre) ; d’une pierre lunaire venue des abîmes du ciel, chutée dans les abysses d’un puits, et capable, dit-on, de parer aux plus hideuses créatures gardiennes du butin ; de deux fins bretteurs à la langue bien pendue et au verbe sans pareil ; d’une galère qui se révèle être une chébec ; d’un armateur piégé par son fils et le piégeant en retour ; d’un lapin bien trop mignon pour être fouetté fomentant une mutinerie ; et d’une promesse d’horizon qu’il me tarde d’explorer en si bonne et agréable compagnie. Le duo Ayroles et Masbou fait des étincelles et ressuscite, en moins de cinquante pages, la fibre aventurière du XIXe siècle au sein même du XVIIe. Le tout dans un pastiche aussi tendre qu’affûté.

Pavillon noir ! - De cape et de crocs, tome 2
8.1

Pavillon noir ! - De cape et de crocs, tome 2 (1997)

Sortie : 1 mai 1997 (France).

BD franco-belge de Alain Ayroles et Jean-Luc Masbou

Annotation :

29/04/2026

Moussaillons à la clavicule douteuse ou aux mollets aussi épais qu’un Ficello, l’aventure ne saurait vous attendre. Cap sur les Îles Tangerines, à la recherche du butin envolé et des mystères de l’Atlantis. Une fois encore, Masbou nous régale de son coup de crayon tandis qu’Ayroles nous transperce de sa poésie, bien que le rythme y prenne un coup. Quoique j’apprécie le verbiage, le premier volume - simple impression - nous promettait un excédent de fantasy que ce second tome peine durablement à honorer. Quoique l’apparition du Hollandais Volant n’ait pas été pour déplaire au fan de Pirates des Caraïbes que je suis.

Don Lope et Armand Raynal font face à la piraterie et entendent bien aider un Maure, le Raïs Kader, à récupérer sa précieuse carte. S’ensuit une course-poursuite dans les artères de cette simili-Malte, avant d’échouer, puis de se costumer pour prendre la fuite à l’intérieur de la réserve de poudre d’une brigantine… qui se révèle être le garde-manger. Qu’à cela ne tienne : ils prennent en otage la cargaison et exigent qu’on leur rende la gitane Hermine, faute de quoi ils mettront leur menace à exécution séance tenante : se goinfrer de toute la victuaille. Deuxième plan qui échoue plus tard : c’est la planche qui les attend, et l’exil sur un îlot perdu au milieu du désert maritime, avec pour seule compagnie des bigorneaux.

À l’intérieur des pages de ce second opus, nous retrouvons de nouveau cet amour des références qui émaillent le texte : les répliques d’Armand, piquées dans le coffre de Cyrano et son amour de la versification combative (la pratique de la « rixme ») ; une course-poursuite qui n’a rien à envier aux meilleures scènes du 7e art ; la découverte impromptue de l’Atlantis ; ou bien encore la manière dont nos héros lèvent le voile sur le mystère du Hollandais Volant, simple épave bloquée sur le dos d’un monstre marin - mais je me répète. Bien que moins cadencé, plus solaire et moins mystique que son inauguration, il me plaît toujours autant d’admirer cette tempête de pastiche fondue dans le moule d’une harmonieuse comédie, nous offrant un service 15 branches (3 étoiles pour les moins matheux).

OuaZz

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