Cover 30 derniers (très) mauvais films vus

30 derniers (très) mauvais films vus

Liste mouvante des 30 derniers films qui m'ont déçu, révolté et/ou attristé, pour des raisons extrêmement différentes. Autant d'avertissements...
↑ "Pollice Verso" (extrait), Jean-Léon Gérôme, 1872 ↑

La "bonne" liste, pour équilibrer ...

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Liste de

30 films

créee il y a plus de 10 ans · modifiée il y a 1 jour

Judy
6.1
1.

Judy (2019)

1 h 58 min. Sortie : 26 février 2020 (France). Biopic, Drame, Comédie musicale

Film de Rupert Goold

Morrinson a mis 2/10.

Annotation :

La source des produits formatés pour les Oscars est intarissable, et probablement que la catégorie des biopics est celle qui est le sous-ensemble le plus fourni. Celui-ci est dédié à l'histoire de Judy Garland, ou plus précisément à la période de ses derniers concerts à Londres à la fin des années 60, en chute libre, au pire moment de sa carrière ou en tous cas ce qui est présenté comme tel. Un torrent de misère qui est donc censé déclencher en retour, en toute logique, un niveau d'apitoiement record. Surtout que quelques flashbacks soigneusement disséminés nous rappellent son enfance, ce moment où elle avait joué dans "Magicien d’Oz" et qui avait fait d'elle une star internationale... Certes on voit une femme épuisée par son boulot qui cherche désespérément à obtenir la garde de ses enfants, mais vraiment Rupert Goold est très peu habile pour susciter l'empathie autour de cette femme qui a réalisé autant de sacrifices pour finalement sombrer dans une situation impossible. Une mise en scène d'une platitude incroyable qui place toutes ses billes dans la prestation de Renée Zellweger, mais qui échoue à susciter le moindre intérêt. On nous appelle à pleurer sur le crépuscule d'une carrière, sur une femme vieillissante dont la santé vacille, embourbée dans une série de problèmes financiers... Mais ce n'est plus un film à ce niveau de conventions alignées et étalées, juste un objet fade, étriqué, inutile, et maxi académique.

La Méthode Williams
6.8
2.

La Méthode Williams (2021)

King Richard

2 h 18 min. Sortie : 1 décembre 2021 (France). Biopic, Drame, Sport

Film de Reinaldo Marcus Green

Morrinson a mis 2/10.

Annotation :

Ce marathon de films oscarisés ca finir par me cramer la cervelle tellement il m'expose aux mêmes recettes, aux mêmes schémas, à la célébration des mêmes valeurs. Le biopic américain concentre sans l'ombre d'un doute les plus forts taux de cinéma consensuel conventionnel, académique, un cinéma qui répète inlassablement les mêmes formules en changeant juste de sujet. "La Méthode Williams" est d'ailleurs un titre français qui laisse planer un doute quant au dessein du biopic, là où le titre original, "King Richard", explicite sans sourciller que le sujet du film n'est pas l'enfance des championnes de tennis (accessoirement les premières afro-américaines à atteindre ce niveau) mais bien leur mentor, leur papa, leur coach, leur protecteur. Et en ce sens le film de Reinaldo Marcus Green est un coup de projecteur sur Will Smith 99% du temps, pour en faire le portrait d'un père aimant, un peu dur parfois mais dont la suite (que tout le monde connait a priori) lui donnera raison, légitimant absolument toutes ses décisions. Franchement de méthode il ne sera pas vraiment question, mis à part quelques micro-détails : il serait plus juste de parler d'une prophétie tant le père répète qu'elles seront championnes comme un mantra, sans que le film ne développe justement ladite méthode (si ce n'est sa volonté de tenir ses filles à l'écart des championnats junior). Il ne reste donc qu'une énième vision du rêve américain, avec ses bons sentiments en bandoulière, tout orienté à la gloire du père, avec ses mécanismes parfaitement huilés pour émouvoir, etc. Mais incapable de montrer le tennis comme Quentin Reynaud l'avait fait dans "5ème Set".

Saw IV
4.5
3.

Saw IV (2007)

1 h 30 min. Sortie : 21 novembre 2007 (France). Thriller, Épouvante-Horreur

Film de Darren Lynn Bousman

Morrinson a mis 2/10.

Annotation :

On ne peut pas vraiment reprocher à la série des "Saw" de tromper sur la marchandise : c'est très clairement affiché au menu, et ce qui arrive dans l'assiette est conforme, du gore, de la torture, et de la grosse bisserie qui tache. Ça ne le prémunit pas contre la nullité, mais au moins on sait à quoi s'attendre. Je reste malgré tout toujours aussi stupéfait par le niveau global abyssal d'interprétation, il n'y a pas un acteur pour en rattraper un autre. La mise en scène a toujours recours à la même photo bleue-verte dégueulasse, aux mêmes effets de styles de type cuts rapides pour multiplier les visions d'horreur. On passe son temps à se demander dans quel niveau de temporalité on se trouve, proche de l'illisible, on se perd dans les flashbacks à l'intérieur des flashbacks et dans les montages parallèles qui finissent par signifier un parallélisme entre deux récits. Dans cet épisode, le FBI s'en mêle et c'est tout à fait insignifiant, on a une révélation sur l'identité du second tueur qui poursuivra la mission de son tuteur après sa mort (dont l'autopsie nous sera montrée frontalement, c'est pas trop mal fait, particulièrement excessif avec cassette retrouvée dans l'estomac). L'impression de voir et revoir toujours les mêmes bobines, les mêmes mécanismes, les mêmes conséquences... Le tout assaisonné de rebondissements absurdes et de tentatives d'empathie envers le grand méchant qui a subi des événements pas sympas oh le pauvre. Répétitif et presque drôle dans son entêtement et son obsession en matière de variations de tortures.

Transformers
5
4.

Transformers (2007)

2 h 24 min. Sortie : 25 juillet 2007 (France). Action, Aventure, Science-fiction

Film de Michael Bay

Morrinson a mis 2/10.

Annotation :

C'est plus fort que moi, je me serais attendu à détester viscéralement "Transformers" mais in fine le sentiment dominant chez moi se situe davantage du côté de l'amusement. Autant de bêtise et de pyrotechnie, on me dirait que c'est le fruit d'un cerveau d'enfant je comprendrais totalement... Mais venant de la part de Michael Bay, on oscille constamment entre l'indigestion, l'incompréhension, et le rire franc tellement tout cela n'a aucun sens. En un sens on voit bien qu'il s'est beaucoup amusé comme un enfant se serait amusé avec sa ribambelle de jouets qu'il aurait réclamé à ses parents après avoir subi des heures de lavage de cerveau devant des pubs. On mélange plein d'ingrédients disparates, avec tous les excès possibles, on agrémente d'effets spéciaux conséquents, et le résultat est cette farce de SF avec une histoire sortie de nulle-part avec deux factions de robots qui s'opposent sur Terre. Les Autobots, les gentils, les Decepticons, les méchants. Au moins c'est simple. En plus du torrent de marques affichées à l'écran, le film est un porte-étendard pour GMC et l'industrie automobile américaine, c'est tellement décomplexé que ça en devient drôle. Shia LaBeouf, Megan Fox, John Turturro, Jon Voight se baladent au milieu d'un scénario naze, on imagine bien la vente des jouets dopée à l'issue du film, et je suis convaincu que je serai beaucoup moins magnanime au terme de la série que je ne manquerai pas de m'enquiller, à terme.

Œil pour œil
5.4
5.

Œil pour œil (1983)

Lone Wolf McQuade

1 h 47 min. Sortie : 20 juillet 1983 (France). Action, Policier, Drame

Film de Steve Carver

Morrinson a mis 1/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Ahlalala, quelle joie de découvrir la matrice de la délicieuse série "Walker, Texas Ranger" mettant en scène Chuck Norris dans un de ses plus beaux rôles de mâle alpha viril au grand cœur, capable de dézinguer du méchant mexicain trafiquant à 1 contre 10 tout en se montrant magnanime envers les bandits plus faibles et moins menaçants... Un grand condensé de moments collectors pour qui saura se délecter des aventures de J.J. McQuade, lorsqu'il s'entraîne seul au maniement des armes et défonce toutes les cibles en toutes situations (debout, assis, couché, de dos, après une roulade, au revolver, au fusil, au sniper), avec les petites musiques de circonstance (gros violons dégueulasses pour les moments émotions où il sauve la veuve et l'orphelin, gros rock ricain qui tâche lorsqu'il s'agit de fusiller tout ce qui passe à grand renfort d'explosions), et le tout avec une compilation des meilleurs talents d'interprétation au sein de tout le casting pour figurer une large palette d'émotions (on a droit à l'ébahissement devant le génie pratiquant l'art martial, à la surprise lorsqu'il révèle l'étendue de ses compétences de flic, au grand désarroi lorsqu'un innocent perd la vie, à la colère lorsque les méchants dépassent les bornes). Il faudra attendre la toute fin pour se rassasier du combat de coqs entre Chuck Norris et David Carradine, ridicule à souhait, avec les petits ralentis qui vont bien, et le schéma classique "au début le gentil prend sur la gueule mais il se ressaisit et remporte le duel héroïquement alors que le bad guy aura fait preuve de la plus grande des bassesses". Chuck Norris a toujours le t-shirt mouillé quand il faut, il arbore un mutisme des plus sexy, sa rigueur morale et son sens du devoir n'ont d'égal que son charme laissant toutes les femmes désespérément amoureuses de lui, c'est d'une beauté éblouissante.

Le Bar du téléphone
5.5
6.

Le Bar du téléphone (1980)

1 h 33 min. Sortie : 27 août 1980. Policier, Thriller, Action

Film de Claude Barrois

Morrinson a mis 2/10 et a écrit une critique.

Annotation :

Bon déjà, difficile de ne pas ressentir un profond malaise en se lançant dans le film de Claude Barrois quand on voit à quel point (qu'il y soit associé ou pas) l'affiche de "Le Bar du téléphone" est une copie conforme et éhontée de Meville et son "Le Cercle rouge". Du plagiat bien sale qui cherche clairement à capitaliser sur le succès de cet autre film sorti exactement 10 ans avant... C'est pas beau. C'est donc sans confiance qu'on entre dans cette intrigue qui dévoile ses cartes toutes plus surannées les unes que les autres, avec un casting aussi étendu que la direction d'acteur est catastrophique — une combinaison assez insolite, car le beau monde est réuni en masse avec François Périer, Julien Guiomar, Raymond Pellegrin et Georges Wilson du côté de la vieille garde des mafieux ou de la flicaille, opposés à divers niveaux aux nouvelles petites frappes incarnés par Christophe Lambert et Richard Anconina, chose là aussi particulièrement osée et surprenante. On pourrait légitimement penser que les débuts de Lambert en petit voyou violent constitueraient le point d'orgue de cette mélasse mais ce serait sans compter sur Daniel Duval dans un rôle de premier plan, un truand censé être terrible et ambitieux qui s'attaque aux intérêts de gros bonnets et qui en fera des caisses et des caisses pendant tout le film. C'est vraiment terrible comme cabotinage, son personnage n'est absolument jamais crédible et pourtant il dézingue à peu près tout le monde sans l'ombre d'un problème, il parvient même à faire ami-ami avec le gars Lambert censé être embauché pour le dégommer... On enchaîne ainsi les attaques de bars et les explosions de boîtes, c'est complètement idiot et ça a très mal vieilli en plus de ça. Chose amusante, on voit très bien grâce à ce film l'influence des navets policiers d'Olivier Marchal, c'est exactement la même recette et les mêmes archétypes, simplement remis au goût du jour. Le film a beau s'inspirer de loin de la tuerie du Bar du Téléphone à Marseille, en octobre 1978, ça n'apporte rien au schmilblick, voire au contraire, on pourrait y voir une forme d'opportunisme un peu moche. Quoi qu'il en soit un polar grotesque, avec ses scènes sentimentales affreuses, ses portraits d'hommes d'honneur datés, et sa vieille musique poussiéreuse signée Vladimir Cosma.

Transformers 2 - La Revanche
4.3
7.

Transformers 2 - La Revanche (2009)

Transformers: Revenge of the Fallen

2 h 30 min. Sortie : 24 juin 2009 (France). Action, Aventure, Science-fiction

Film de Michael Bay

Morrinson a mis 1/10.

Annotation :

Dur dur cette quête "Transformers", à la différence de beaucoup d'autres similaires (Saw, The Purge, Twilight, etc.) je ne suis absolument pas sûr de réussir à la compléter. Ces films de Michael Bay sont un concentré du fast food cinématographique, c'est laid, c'est nul, et ça n'a aucune durabilité dans le temps. C'est à la fois interminable, en s'étalant sur près de 2h30, et incroyablement précipité, avec des plans qui s'enchaînent à une vitesse écœurante. Ça n'a aucune consistance, c'est un défilé d'images qui essaient de faire sens et qui donnent globalement une direction, sans toutefois parvenir à déboucher sur un programme concret. On se contrefout tellement des histoires de Shia LaBeouf (ici près de John Turturro, auquel j'ai toujours pensé qu'il ressemblait, c'est troublant) (qui est censé essayer de mener une vie normale d'étudiant à laquelle on ne droit jamais) et Megan Fox, le scénario est un défilé d'abrutissements à caractère lobotomisant, et le tout tourne autour d'une guerre de robots extraterrestres extrêmement insipide. Au milieu du marasme, en plus de célébrer l'industrie automobile américaine, on fait une place de choix à l'armée américaine et tout particulièrement à ses avions de combat, c'est parfait. Bordel que c'est con, bourrin, confus, lourd, et presque touchant dans ce début de prétention que l'on sent de la part de Bay qui se rêve poète du cinéma. Mes yeux saignent.

Les Animaux fantastiques - Les Secrets de Dumbledore
4.9
8.

Les Animaux fantastiques - Les Secrets de Dumbledore (2022)

Fantastic Beasts: The Secrets of Dumbledore

2 h 22 min. Sortie : 13 avril 2022 (France). Aventure, Fantastique

Film de David Yates

Morrinson a mis 2/10.

Annotation :

Sans surprise je referme le chapitre "Fantastic Beasts" (ainsi que le plus général "Wizarding World") avec aussi peu d'engouement que je l'ai ouvert, et sur à peu près les mêmes notes : un potentiel pas négligeable vis-à-vis de l'univers empreint de féerie, de magie et de créatures fantastiques, un traitement assez peu valorisant du contenu, des interprètes assez fades à commencer par Eddie Redmayne qui se trouve presque expulsé de la majorité du film (et le tout sans parler du remplacement express de Johnny Depp par Mads Mikkelsen), et dans la recette habituelle de ce genre de super-production, tous les éléments de bêtise scénaristique de rigueur qui donnent l'impression de constamment saboter le récit. À l'instar de tout ce qui tourne autour des Qilin, ces créatures proche du faon, avec vers le début du film une scène d'une brillante facilité (la séquestration du bébé animal) alors qu'il s'agit de quelque chose d'absolument fondamental qui régit l'avenir de la société des sorciers. Bref, ça n'a aucune cohérence, au même titre que les pouvoirs magiques qui sont un peu comme chez Marvel, un peu aléatoires et se manifestant selon le bon vouloir des scénaristes capricieux.

Un film qui a en outre subi la censure chinoise puisque l'évocation de l'homosexualité du personnage d'Albus Dumbledore a été coupée au montage pour la sortie du film en Chine, et qui ne sort pas vraiment grandi de son atmosphère très grossière en prise avec la montée au pouvoir d'un Hitler bis à Berlin. Zéro subtilité dans cette vision du populisme. On ne peut pas dire que la persévérance soit récompensée en terminant cette saga (certes un peu contre mon gré).

Blue Beetle
4.7
9.

Blue Beetle (2023)

2 h 07 min. Sortie : 16 août 2023 (France). Action, Aventure, Science-fiction

Film de Angel Manuel Soto

Morrinson a mis 1/10.

Annotation :

DC toujours à la pointe de la connerie, capable de nous refourguer une nouvelle horreur à plusieurs centaines de millions d'euros qui ressemble à un amalgame de tout ce qui a déjà été fait en matière de super-héros, ingurgité et régurgité. Le mal au casque guette devant ce défilé d'images déjà vues et de situations déjà vues et de méchants déjà vus et de héros déjà vus. On atteint quand même un sommet ici avec cet ersatz de Spider-Man dans lequel on aurait remplacé l'araignée matricielle par un scarabée venu d'ailleurs (d'où on ne saura pas et on s'en contrefout probablement autant que les scénaristes), avec mêmes dilemmes familiaux, mêmes questionnements sur les responsabilités, et mêmes problématiques d'affrontement contre des forces du mal. Boudu que c'est nul. Aux côtés d'un casting 100% inconnu et latino (la nouvelle cible commerciale parfaitement identifiée qui montre bien l'opportunisme écœurant de cette industrie) on a la joie de découvrir une Susan Sarandon parachutée dans cet univers en incarnation de la grande méchante, et là, franchement, on se demande si on n'a pas un peu abusé de l'absinthe à 75% avant de regarder le film... Un film générique, copie de copie de copie, qui ne laissera aucune trace sauf peut-être un filet de bave au coin des lèvres de spectateurs assoupis. L'argument fantastique est archi-nul car face à la combinaison-scarabée se trouve des méchants avec des combinaisons fabriquées tout aussi puissantes, et le niveau de certains gags (le gros vaisseau qui répand des gaz toxiques comme s'il pétait sur les ennemis, la mamie qui manie la grosse sulfateuse) donne une bonne idée du niveau abyssal.

Seule surprise me concernant, qui m'a permis d'ouvrir grand mes oreilles pendant 3 minutes en reconnaissant une chose connue et agréable : la présence d'un morceau très cool de Los Saicos : Demolición.

The Palace
3.8
10.

The Palace (2023)

1 h 41 min. Sortie : 15 mai 2024 (France). Comédie dramatique

Film de Roman Polanski

Morrinson a mis 1/10.

Annotation :

Le choc est brutal. Polanski avait déjà montré à quel point il pouvait être un cinéaste médiocre avec son "D'après une histoire vraie", mais alors "The Palace" repousse les limites de la bêtise et de la nullité encore dans une dimension supérieure. Je suis vraiment étonné de constater a posteriori que Jerzy Skolimowski a contribué à l'écriture du scénario tant cette farce révèle sans honte l'étendue de sa stupidité. C'est une sorte de reformulation de "Sans filtre" (Triangle of Sadness de Ruben Östlund) dans un cadre miséreux par de piètres copistes où l'on peut voir un défilé de gens dont la richesse n'a d'égal que la grossièreté dans un hôtel luxueux des Alpes suisses à la veille du nouveau millénaire. Le passage à l'an 2000 est un artifice laid et vain parmi des centaines d'autres, qui semble presque uniquement là pour permettre à Polanski de montrer un discours de Boris Eltsine et un autre de Poutine lors de la passation de pouvoir entre les deux. Les gags qui s'enchaînent sont sans l'ombre d'un doute sorti d'un cerveau décrépi, avec des blagues sur du caca de chien, sur des personnes coincées au cours d'un rapport sexuel impliquant la mort du vieux millionnaire, sur l'homosexualité refoulée d'un homme aux allures de comptable, bref, autant de manifestations gênantes d'une sénilité avancée. C'est un naufrage vraiment monumental dans lequel on peut voir se débattre, non sans une certaine stupéfaction paralysante, des personnes comme Fanny Ardant (une vielle comtesse qui drague le jeune plombier de l'hôtel), John Cleese (le vieux riche qui va se marier avec une fille 50 ans plus jeune) ou encore Mickey Rourke (caricature de ricain débile à perruque). Le spectacle est franchement très navrant.

Transformers 3 - La Face cachée de la Lune
4.4
11.

Transformers 3 - La Face cachée de la Lune (2011)

Transformers: Dark of the Moon

2 h 34 min. Sortie : 29 juin 2011. Action, Aventure, Science-fiction

Film de Michael Bay

Morrinson a mis 2/10.

Annotation :

Je vais finir par trouver ces films sincèrement drôles, il faut que je fasse attention à ma boulimie masochiste cinématographique. Bay à 200 millions de dollars pour faire un pavé d'action et de science-fiction en recopiant ce qui a déjà été usé en long en large et en travers dans les deux précédents volets, et nous ressert à ce titre la même menace de la planète par le même combat opposant les deux mêmes antagonistes robotiques, avec les mêmes grandes formules magiques états-uniennes, soit en version courte "For today, in the name of freedom, we take the battle to them!" soit en evrsion longue "In any war, there are calms between the storms. There will be days when we lose faith, days when our allies turn against us. But the day will never come, that we forsake this planet and its people." Sans surprise c'est épuisant. Il y a manifestement une très forte corrélation négative entre les capacités techniques et la densité scénaristique, à tel point qu'on a la sensation de sortir d'une séance de 2h30 passée à se faire écraser les yeux et la cervelle sous un rouleau-compresseur. Les particularités de ce troisième élément résident dans l'affichage de nouvelles trombines, en l'occurrence Frances McDormand et John Malkovich (et en bonus la voix de Leonard Nimoy, référence à Star Trek, tout ça tout ça), tout à fait inutiles et oubliés, ainsi qu'une proposition de relecture de l'histoire qui se veut très drôle et pertinente — la conquête de la lune et l'explosion de Tchernobyl vues à travers le prisme de l'arrivée des robots extra-terrestres dans le champ de notre galaxie. Pour le reste, c'est rigoureusement la même formule livrée en mode gavage, avec Megan Fox virée (pour avoir comparé Bay à Hitler sur le tournage) et remplacée par un autre mannequin en plastique interchangeable, avec une première heure comédie-action et le reste science-fiction pyrotechnique de gros bourrin. Ce final a un petit côté "Avengers" avant l'heure avec son invasion planétaire et sa horde de super-héros qui tentent de sauver le monde, agrémenté à la sauce de tous les excès d'un "Fast and Furious" des débuts. Et accessoirement c'est la première fois que la violence du matraquage en matière de placement de produits m'a autant donné la nausée — toute l'histoire du néocapitalisme (américain surtout) à travers ses marques, Smeg, Adidas, Nike, Lenovo, Apple, Mercedes, Chevrolet, Cisco, Budweiser, Nokia, FedEx, etc.

Les Crados, le film
2.4
12.

Les Crados, le film (1987)

The Garbage Pail Kids Movie

1 h 40 min. Sortie : 22 août 1987 (États-Unis). Fantastique, Comédie

Film de Rod Amateau

Morrinson a mis 1/10.

Annotation :

Un navet assez affligeant vendu comme l'un des films les plus nuls de l'histoire du cinéma, mais qui attire l'attention pour peu qu'on ait eu une enfance au cours de laquelle la collection des cartes éponymes a constitué un moment marquant. C'est assez drôle en réalité de voir l'écart abyssal entre le côté trash et provocateur desdites cartes, qui en avaient fait hurler beaucoup en leur temps, et ce film affreusement con, moche, et tellement pas drôle ou dégueulasse... C'est assez incroyable en fait de voir comme le sujet est amené salement, une poubelle de l'espace flottant autour de la Terre, et hop, on se retrouve avec une poubelle dans la boutique d'un antiquaire, du grand n'importe quoi qui ne diminuera pas. L'histoire des crados est greffée à celle d'un enfant martyrisé par des ados plus grands que lui, et en faisant la connaissance de ces Garbage Pail Kids (dans le film, des extraterrestres ayant l'apparence d'enfants dégoûtants) il parviendra à renverser cette situation. Il n'y a malheureusement rien à sauver dans ce naufrage, aucune trace de mauvais goût jouissif, ce n'est que de la laideur idiote et des tentatives de faire sale qui sont invariablement ratées. Le pire est cette tonalité totalement à côté de la plaque, ni drôle, ni effrayant, ni dégoûtant, juste d'une effroyable bêtise, mais il y a quand même le petit bonus non-négligeable : les monstres sont incarnés par des acteurs nains portant des costumes en latex et c'est d'une mocheté sans nom, le genre de dispositif dont on se demande comment il est parvenu à passer la première validation lors de la production. Un croisement cauchemardesque entre les Télétubbies et les Minikeums, qui chantent en confectionnant des vêtements pour un défilé de mode. Waouh. À côté de ça, ils pètent régulièrement, ils se pissent dessus 3 fois, ils dégueulent au hasard, bref, un petit bonheur de trucages foirés.

Un crocodile qui bouffe des humains (Ali Gator), un geek incontinent habillé en super-héros (Nat Nerd), un bébé en salopette (Foul Phil), une fille joufflue qui aime sa morve (Messy Tessie), une sorte de mini Elvis Presley (Greaser Greg), un pétomane (Windy Wintston) et une qui a des problèmes de digestion (Valerie Vomit). Qu'est-ce qu'on se marre...

Twilight : Chapitre 3 - Hésitation
3.7
13.

Twilight : Chapitre 3 - Hésitation (2010)

The Twilight Saga: Eclipse

2 h 04 min. Sortie : 7 juillet 2010 (France). Romance, Fantastique

Film de David Slade

Morrinson a mis 2/10.

Annotation :

Il aura fallu attendre le troisième épisode pour que ma bonne volonté se heurte à un mur et que l'adolescente qui sommeille en moi ne parvienne plus à trouver son compte dans cet étalage de niaiseries sentimentales. On arrive avec "Eclipse" à un moment charnière, la paix entre Edward et Jacob qui acceptent de ne plus se foutre sur la gueule le temps de régler un problème extérieur de vampires renégats. Kristen Stewart n'aura jamais autant fait figure de femme-objet fragile à protéger, ça en devient particulièrement drôle et ce d'autant plus que son amoureux (un vampire de 110 ans, rappelons-le) ne veut pas de sexe avant le mariage et attend ce dernier avec une impatience non-feinte. J'avoue ne pas l'avoir vu venir, ce virage un peu réac et tradi, c'est plutôt comique. La saturation commence à se faire ressentir aussi, avec ces pérégrinations sentimentales qui n'en finissent pas, ces renoncements, ces hésitations, ces attentes interminables, ce choix entre les deux propositions de mâles qui s'éternise plus que tout... Le tout enveloppé dans une bonne sauce de dialogues bien démonstratifs devient largement indigeste, au même titre que ces effets spéciaux ultra datés du côté des loups. Au moins, Taylor Lautner torse nu les trois quarts du film, c'est une valeur sûre qui a moins souffert de l'effet du temps. Courage, plus que deux.

Argylle
5.1
14.

Argylle (2024)

2 h 19 min. Sortie : 31 janvier 2024 (France). Action, Aventure, Comédie

Film de Matthew Vaughn

Morrinson a mis 1/10.

Annotation :

Orgie visuelle et narrative, bouillie informe à tous les étages, calvaire de tous les instants de la première minute jusqu'à la dernière, 130ème hors générique, ce qui est en soi une petite torture cinématographique. Bon sang que ce genre de film est hideux, avec une surenchère constante dans son récit qui empile les strates à une vitesse aussi impressionnante que son absence de rigueur pour tenter de nous divertir avec l'histoire d'une auteure à succès de romans d'espionnage qui se trouve être en réalité une espionne reconditionnée. Tout cela n'a aucun sens et fuse à fond pour qu'on n'ait pas le temps de se poser la moindre question (cette robe dorée sur Bryce Dallas Howard, ça c'est à peu près la seule chose sur laquelle on s'appesantit longuement tellement ça ne lui va pas du tout, pas plus que sa perruque blonde). Ainsi voit-on défiler les stars qui viennent prendre leur cachet plus ou moins important, Henry Cavill (lui aussi avec de sérieux problèmes capillaires), Sam Rockwell (cabotinage total), John Cena (probablement sous-exploité), Bryan Cranston (incroyablement hors sujet) et même Samuel L. Jackson (dans son vignoble français). Le plus drôle étant que l'intrigue ressemble étrangement à celle de Philippe de Broca dans "Le Magnifique" qui mettait en scène un Belmondo tout feu tout flamme. Quoi qu'il en soit, joli tour de force, "Argylle" parvient à donner un mal au casque aigu tout en faisant du sur place pendant 2h20, à force de nous servir des effets spéciaux dégueulasses et des retournements de situation toutes les quinze minutes histoire de maintenir un niveau de tapageur hors norme. C'est exténuant, laid, ennuyeux, et terriblement vain.

La Boum
5.3
15.

La Boum (1980)

1 h 50 min. Sortie : 17 décembre 1980 (France). Comédie, Drame, Romance

Film de Claude Pinoteau

Morrinson a mis 2/10.

Annotation :

Franchement pas un film contre lequel on aurait envie de s'acharner. On touche à la définition presque ultime du film générationnel, reflet d'une époque où les slows étaient le firmament des soirées, où on passait du temps sur le téléphone fixe familial en essayant d'esquiver les parents, et où l'on aimait être matraqué par Richard Sanderson et sa chanson "Reality" qui doit revenir approximativement 256 fois en l'espace de deux heures. Un calvaire. C'est sans surprise très bête et mal foutu, il n'y a pas un acteur ou une actrice pour en rattraper une autre, tous et toutes jouent comme des saucisses, la palme du plus cliché revenant à Bernard Giraudeau dans le rôle de l'amant prof d'allemand beau gosse, et la palme du couple le plus insupportable revient au duo Brigitte Fossey / Claude Brasseur qui n'en finissent pas de ne pas réussir à se dire qu'ils s'aiment, c'est d'un pénible... Avec sa mise en scène de téléfilm, "La Boum" peut faire sourire, malgré tout, entre autres au travers du jeu de Sophie Marceau qui en fait des tonnes dans l'adolescente qui se croit plus grande que ses 13 ans. C'est nul, poussif, sans surprise, avec des moments affreusement étirés qui traînent jusqu'à l'indigestion avancée, mais je dois reconnaître que ce n'est pas aussi repoussant qu'escompté, il y aurait presque un truc de touchant derrière cette nullité recouvrant les intentions de chronique douce-amère. Je n'ai en tous cas aucun rapport nostalgique à ce film, et je reste avant tout bloqué sur le côté archi chouineuse du personnage de Marceau, même si les aspects "préhistoire de la romance ado" peuvent maintenir une certaine curiosité.

La Boum 2
4.8
16.

La Boum 2 (1982)

1 h 49 min. Sortie : 8 décembre 1982 (France). Comédie, Drame, Romance

Film de Claude Pinoteau

Morrinson a mis 2/10.

Annotation :

Itération n°2 de la formule, avec les mêmes personnages, les mêmes chansons, les mêmes enjeux, et quasiment la même histoires avec les parents qui ne sont pas sûr de s'aimer, les différentes pistes sentimentales autour de Sophie Marceau (avec deux ans de plus)... Mais autant ça pouvait être mignon gnangnan pour des pré-ados de 12-13 ans, autant ici on commence à virer vers le gnangnan franchement trop sirupeux, et on se dit que heureusement il n'y a pas eu de troisième volet dans la foulée. Comme le précédent, la naïveté frontale se révèle parfois touchante, et le matraquage que l'on subit tant dans les élucubrations romantiques (c'est toujours la même histoire, les mêmes motifs, qui reviennent sans arrêt) que dans la bande originale (c'est vraiment à rendre fou) n'a d'égal que l'artificialité de nombre de situations (les disputes avec les parents, le taf de biologiste-dentaire du père, etc.). Je suis persuadé qu'il peut y avoir un "crédit nostalgique" chez les gens qui ont connu cette période, de voir ces ados fringués de la sorte, assister à ce genre de concerts dans les années 80, mais malgré tout au bout d'un moment les déboires autour de l'hésitation de l'amour deviennent plombant. Petites sucreries : Zabou Breitman toute jeune, c'est assez drôle, et Lambert Wilson tout jeune en gros frimeur qui se la raconte, c'est un sommet de ridicule assez drôle.

Les Trois Mousquetaires - Milady
5.7
17.

Les Trois Mousquetaires - Milady (2023)

1 h 55 min. Sortie : 13 décembre 2023. Aventure, Action, Drame

Film de Martin Bourboulon

Morrinson a mis 2/10.

Annotation :

Mais que c'est naze... Je sais pas si j'étais complètement à l'ouest pendant le visionnage du premier volet, ou s'il était simplement moins pire, mais ce second temps est d'un sérieux, d'une prétention, et d'un ratage totaux. Ce mélange d'ancien et de moderne dans les dialogues et dans les situations est particulièrement navrant, ce qui a l'avantage involontaire d'en faire quelque chose de tout à fait risible en très peu de temps : il n'y en a pas un pour rattraper l'autre, tous jouent comme des saucisses en chef, Civil, Cassel, Duris, Marmaï, Green, Khoudri, Garrel... Seule Vicky Krieps conserve une part d'honneur. La palme du pire, je serais bien incapable de la décerner, mais quand même, Civil est abominablement mauvais, Cassel semble dans un univers parallèle, Garrel est un pantin nullissime, et Green semble parfaitement emprisonnée dans son corset avec pour mission unique et principale l'exhibition de sa poitrine comprimée. Caricature puissance dix lorsqu'elle est dans une scène commune avec Civil, l'effet est dévastateur. C'est d'un ridicule effarant, au même niveau que les péripéties, les pérégrinations, les révélations, les combats... Les situations s'enchaînent et se résolvent dans de grands mouvements stupides, creux, et mis en scène de façon à capter toute la bêtise de l'ensemble. Le tout sur fond de grandes phrases sur le destin et la grandeur de la France, qui ne dépareillent pas en termes de suffisance et de vacuité.

Ballroom Dancing
6.5
18.

Ballroom Dancing (1992)

Strictly Ballroom

1 h 34 min. Sortie : 2 septembre 1992 (France). Comédie

Film de Baz Luhrmann

Morrinson a mis 2/10.

Annotation :

Il y a tout ce qu'il faut en matière d'ingrédients périmés dans ce film, qui décidément ne me permettra pas de me rabibocher avec le style de Baz Luhrmann, tout en émotions téléguidées, en contraintes familiales baignant dans son pathos bien collant, en paillettes sans limite, et plus généralement en concentré de mauvais goût. C'est vraiment terrible de voir comment "Strictly Ballroom" ne se fixe aucune décence dans la manipulation des pires clichés du cinéma, de la comédie musicale en particulier, il y a vraiment toutes les cases cochées et le film met un temps infini à dérouler son programme qu'on discerner parfaitement dès le début. L'histoire d'un champion de danse anticonventionnel, réprimé dans un premier temps par les vieux juges réactionnaires, mal vu de tous, qui trouvera un second souffle auprès d'une fausse moche qui enlèvera ses lunettes et mettra sa plus belle robe pour révéler sa beauté et son talent. C'est un film 100% glamour qui se considère probablement comme un acte de rébellion j'imagine, contre les figures imposées par le concours de danse qui fait rêver absolument tous les danseurs australiens visiblement — ce rapport que tous les personnages ont au fameux "Pan-Pacific", c'est très drôle, l'équivalent de la présidence de la république pour un étudiant de l'ENA. On a le droit à tous les clichés, c'est-à-dire tout ce qui faut en matière de poids du regard des familles respectives, avec révélations quant au passé, etc. Zéro originalité là-dedans, mais maxi sérieux et maxi kitsch.

The Last American Virgin
4.9
19.

The Last American Virgin (1982)

1 h 32 min. Sortie : 30 juillet 1982 (France). Comédie, Drame, Romance

Film de Boaz Davidson

Morrinson a mis 2/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Teen movie 100% états-unien, 100% années 1980, et surtout 100% naze qui avance avec ses sabot taille 80 pour nous faire le récit d'apprentissage d'un groupe d'adolescents à l'occasion de leurs premières expérimentations sexuelles. À côté de "The Last American Virgin", "American Pie" est un chef-d'œuvre, c'est une certitude. La comédie bouffe absolument à tous les râteliers en vue, il y a de nombreuses séquences "nichons" histoire d'appâter la foule en quête d'érotisme (mais alors de l'érotisme bien gras, bien américain, bien siliconé, de l'industriel horrible), Boaz Davidson essaie de nous embarquer dans divers recoins et c'est en toutes circonstances une catastrophe majeure (la drogue, en proposant du sucre à la place de coke, l'histoire d'amour, avec une relation contrariée entre le protagoniste et une fille de son entourage, la rivalité / jalousie) et se permet même un ultime virage triste qui, il faut le reconnaître, détonne avec tout le reste, laissant le héros seul et frustré. Bon vraiment pas de quoi changer le regard sur un navet pareil évidemment, et ce d'autant plus qu'il exhibe une violence incroyablement décomplexée (et surtout pas du tout conscientisée bien sûr) à base d'avortement et autres gang-bang avec une femme présentée comme une nymphomane... À de nombreuses reprises on a l'impression de voir en images un scénario écrit par un gamin de 13 ans, entre le concours de bites (au sens littéral) et le trou derrière un tableau pour mater les filles dans la douche, sur fond de musiques parfaitement "ado des 80s" (U2, Police, Blondie, etc.). Très éprouvant, mais occasionnellement assez drôle dans sa nullité.

Madame Web
3.5
20.

Madame Web (2024)

1 h 56 min. Sortie : 14 février 2024. Action, Aventure, Science-fiction

Film de S.J. Clarkson

Morrinson a mis 1/10.

Annotation :

Énième bouillie scénaristique et numérique proposée par les attardés de l'industrie hollywoodienne, ici en provenance de l'écurie Spider-Man / Marvel, et agrémentée à la sauce du moment, un air du temps que les gros producteurs essaient désespérément d'incorporer dans leur fond de sauce sans même pressentir que la chose est infaisable presque par définition. La grosse machine à navets est rigoureusement identique à celle qui a produit dernièrement tous les déchets qui sombreront dans les abysses du temps, "Morbius" et autres "Venom", seuls quelques paramètres ont été changés pour produire ce "Madame Web" centré sur une ambulancière newyorkaise dotée du super-pouvoir de la vision dans le futur (proche). Comme répété inlassablement au cours des décennies passées, on a droit à un contexte foireux (les années 70, sa maman à la recherche d'une araignée fantastique dans la jungle, mensonge et prémices du grand méchant), un premier temps dans le déni du pouvoir avant de passer par la case "je sais pas trop quoi en faire", avec ici la particularité d'une mise en scène d'une effroyable laideur et d'une incroyable incapacité à rendre intelligible ledit pouvoir. Nul, long pour ne pas dire interminable, on se fracasse des séquences qui répètent la même chose et qui construisent sans conviction une relation entre quatre femmes qui n'ont aucune consistance, et qui évoluent au gré d'une intrigue où les actions du méchant (Tahar Rahim, inutile) sont annulées avant qu'elles surviennent. Indigent et sur-explicatif, avec la protagoniste expliquant sans cesse le pourquoi et le comment, témoin d'un film qui confesse involontairement son incapacité à raconter une histoire, tout simplement.

Aquaman et le Royaume perdu
4.5
21.

Aquaman et le Royaume perdu (2023)

Aquaman and the Lost Kingdom

2 h 04 min. Sortie : 20 décembre 2023. Action, Aventure, Fantastique

Film de James Wan

Morrinson a mis 1/10.

Annotation :

Très bonne phase d'étalonnage du minimum qualitatif, je sens que cette petite série de navets à 200 millions de dollars pièce que je m'inflige volontairement aura le plus bénéfique des effets pour apprécier, par contraste, les autres films faisant partie de la routine de ma programmation cinématographique. Bon déjà, ce remix de "Born to be wild" de Steppenwolf pour introduire le film (en mode résumé des épisodes précédents avec le ton comique abominable que l'on connaît dans ce genre de productions super-héroïsées) ainsi que pour le clore (finalement, j'en viens à penser que les génériques de fin sont les moments les plus réussis de ces bouillies, c'est court, c'est clinquant tout en étant approprié), c'est l'enveloppe de bêtise kitsch et stupide qui annonce la couleur. Ce second volet des aventures d'Aquaman est prodigieux de bêtises égrainées régulièrement au cours des deux heures, il y en a vraiment pour tous les mauvais goûts : grosse histoire de gros méchant qui nécessite une grosse réunion familiale et surtout de revenir sur les gros différends qui occupaient l'essentiel du précédent segment (en clair, Jason Momoa va refaire ami-ami avec son frère Patrick Wilson au fin fond d'une prison où il l'avait envoyé), effets spéciaux omniprésents et envahissants qui filent la gerbe tellement rien ne paraît naturel et tout suinte le remplissage (la palme à cet effet horrible sur les cheveux qui ondulent sous l'eau, hypnotisant), et bien sûr la naissance d'un méchant en carton triple épaisseur (avec arme secrète réparée, source maléfique issue d'un autre univers, possession, etc.) qui nous sort en toute sincérité une problématique en lien avec le réchauffement des océans. Dans l'arrière-plan on peut tout de même voir Dolph Lundgren en roi roux, Nicole Kidman en maman symbole du bien, et bien cachée tout derrière, Amber Heard, à demi-invisibilisée. Je me contrefous des raisons techniques qui sous-tendent un tel marasme, mais on peut aisément imaginer que le tournage a été un bordel sans nom. Au point que les producteurs alliés aux scénaristes ont pompé sans vergogne plein de références à droite à gauche, à commencer par les robots-pieuvres de Matrix. La grande question étant, est-ce que le pire se situe là ou bien dans les tartines épaisses de morale familiale qui nous sont servies, avec triple ration de paternité.

Ocean's 8
5.2
22.

Ocean's 8 (2018)

1 h 50 min. Sortie : 13 juin 2018 (France). Action, Comédie, Gangster

Film de Gary Ross

Morrinson a mis 2/10.

Annotation :

Conforme à la superficialité attendue, dans la droite lignée des trois films précédents (même si Soderbergh a laissé la main à Gary Ross côté mise en scène), avec le ravalement de façade féminin comme unique argument de vente. En soi ce n'est pas problématique, la chose apparaît même un peu naturelle étant donnée la concentration en testicouilles des volets antérieurs, mais cette suite / spin-off / variante féminisée est insipide au plus haut point, clinquant jusqu'à l'os, et peut-être même encore plus ridicule que les autres dans sa façon de présenter les personnages et la constitution de l'équipe, passage obligé du registre. Les personnalités s'accumulent en 5 minutes pour former un groupe qui ne dispose d'aucun liant, et aucun personnage ne se dégage véritablement. Rihanna en geek, on rigole pas mal quand même, mais dans l'ensemble c'est vraiment le caractère inexploité du casting qui brille, à l'image de Cate Blanchett (pour ne citer qu'elle) — personnellement Sandra Bullock produit chez moi un état de sidération qui m'empêche de penser à autre chose, je ne vois plus que le pur-sang américain au féminin élevé au grain industriel, reste du trauma post-visionnage de "The Blind Side". On nous vend un plan censé être monumental, en bonne héritière (sœur) de l'ancien protagoniste Danny Ocean, mais c'est complètement con, incohérent, et raconté exactement de la même manière, c'est-à- dire avec l'entourloupe dans l'entourloupe, on nous met dans la confidence du premier niveau du casse mais pas dans le second et véritable, tout ça pour créer un faux effet de surprise à la toute fin. Ratage en règle. Tout se déroule sans aucune anicroche et c'est donc tout à fait inintéressant, sans tension, sans consistance. Avec le sentiment que les auteurs / producteur ont cru que la portée et les enjeux féministes allaient apparaître d'eux-mêmes simplement en substituer des femmes aux hommes du casting — ben non, surtout quand c'est pour enfoncer des portes ouvertes de clichés, Bullock en tête qui est montrée en train de piquer en priorité, du parfum, des produits de beauté, des manteaux en fourrure, etc. Rétrograde et limite insultant (la black fume de la beuh, l'indienne bosse dans une bijouterie miteuse, l'asiat est une voleuse pro).

Twilight : Chapitre 4 - Révélation, 1ère partie
3.7
23.

Twilight : Chapitre 4 - Révélation, 1ère partie (2011)

The Twilight Saga: Breaking Dawn - Part 1

1 h 57 min. Sortie : 16 novembre 2011. Romance, Fantastique

Film de Bill Condon

Morrinson a mis 2/10.

Annotation :

Arrivé à ce stade je n'attends plus rien de "Twiligh" (ce qui signifie qu'à un moment donné j'avais de vraies attentes, il faut que je songe à me lancer dans une psychanalyse fissa) et on tombe nécessairement dans la rubrique perversion masochistes cinématographiques, cela ne fait aucun doute. Mais pourtant, le visionnage de cette première partie du quatrième et dernier chapitre n'a pas été douloureuse, disons beaucoup moins que les atrocités que j'ai pu m'enfiler avant ça dans d'autres registres de l'industrie états-unienne du divertissement. Je ne sais pas pourquoi, mais ces histoires d'amour, de jalousie, de passions réfrénées, de pulsions à dominer, sont mises en scène avec un sérieux qui à titre personnel me fait beaucoup rire. Voir Jacob bouillonner face à Edward qui lui a piqué son grand amour, forcé de coopérer ensuite face à la menace de ses semblables lycanthropes, voir la passion maxi chaste qui se déchaîne enfin chez Edward à l'occasion de la nuit de noce (le schéma est à mourir de rire quand même, c'est une histoire d'amour qui semble dater d'un siècle auparavant vis-à-vis de leur rapport au sexe) avec arrachage de menuiserie en pleine acte (des barres de rire), et enfin Bella qui se découvre une grossesse express ainsi qu'un instinct maternel dantesque (un rapport sexuel et 2 jours plus tard elle est déjà prête à se sacrifier pour que son fœtus vive)... Les scénaristes étaient vraiment bourrés quand ils ont adapté le bouquin, j'espère. Le plus drôle sans doute, de manière détournée cette fois, c'est l'incapacité de la tribu face à cette grossesse non-désirée à trouver les mots pour décrire la situation : ils discutent d'un avortement, mais semblent littéralement ignorant sur le plan sémantique pour prononcer le mot. Le final est étonnamment gore, je suppose que c'était déjà présent dans le matériau d'origine mais tout de même, on a droit à une césarienne sans péridurale bien sanguinolente, ce qui contraste pas mal avec le reste.

Transformers - L'Âge de l'extinction
4.3
24.

Transformers - L'Âge de l'extinction (2014)

Transformers: Age of Extinction

2 h 45 min. Sortie : 16 juillet 2014 (France). Action, Science-fiction, Thriller

Film de Michael Bay

Morrinson a mis 1/10.

Annotation :

Le point de rupture atteint à l'occasion de ce quatrième volet de la saga "Transformers" n'est pas tant une question technique, scénaristique ou autre, le contenu étant à mes yeux — ensanglantés au terme du visionnage — franchement équivalent à celui des trois autres films. En revanche à coups de gros blockbusters de près de trois heures remplis d'effets spéciaux (et de placements de produits, et de matraquage de clichés patriotiques ou sur la famille, etc.), et bien qu'ayant espacé les prises (j'ai commencé la cure en début d'année) l'effet d'accumulation commence déjà à se faire très sérieusement sentir, et l'indigestion est déjà là. Cela va sans dire, j'ai oublié les détails de ce qui s'est passé ans la chronologie des événements, sans pour autant que ce soit préjudiciable le moins du monde (personnages interchangeables, méchants renaissant de leurs cendres à chaque nouveau film), mais la liste des ingrédients est rigoureusement identique. Seul le positionnement des curseurs change un peu d'un film à l'autre, et ici Bay met double ration en matière d'explosions et de trouvailles de type pépite — ma préférée : le T-Rex mécanique, lui-même évoluant au sein d'un biotope comprenant d'autres Dinobots... C'est fabuleux. Et puis exit Shia LaBeouf, j'avoue que je ne m'attendais pas à voir débarquer Mark Wahlberg dans le bordel sans sommation, car il me semble qu'il y a malgré tout une continuité dans la présence des différents robots, gentils ou méchants. Ce nouveau personnage humain sert de support à un discours particulièrement bien connu et balisé, avec les clichés de genre bien bateau, "le papa qui veut sauver sa fifille" en résumé. Je n'ai rien pigé à la trame liée aux recherches des scientifiques qui créent leurs propres robots à base de robots préhistoriques devenant incontrôlables... Bref, énième émanation du destruction porn bien connu : tout passerait facilement s'il s'agissait d'une bisserie régressive de 1h30, mais il s'agit d'une superproduction puérile de plus de 200 millions de dollars pour laquelle je ne peux avoir aucune sympathie. De la beauferie étalée à l'état pur et qui ne semble avoir aucune limité, y compris dans ses bégaiements — 7 réplicats pour l'instant, c'est pas rien.

Réplique collector : "What do you mean, “Search the property”? You don’t have a warrant. — My face is my warrant."

Billy Jack
25.

Billy Jack (1971)

1 h 55 min. Sortie : 18 août 1971 (France). Action, Drame

Film de Tom Laughlin

Morrinson a mis 1/10 et a écrit une critique.

Annotation :

Je m'attendais à une petite pépite méconnue mal foutue mais plaisante issue de la contre-culture cinématographique américaine de l'époque, et je me retrouve avec un proto "Walker, Texas Ranger" en version hippie fin 60s / début 70s... Sensation étonnante, dans un premier temps, puis c'est clairement le dépit qui s'installe avant que les choses ne se gâtent réellement pour laisser sombrer "Billy Jack" dans une fange totalement incroyable.

Il s'agit en réalité du second film d'une série qui en compte 5, tous endossés par Tom Laughlin à la réalisation / production / interprétation / distribution, le gars étant allé jusqu'à privatiser des salles de cinéma afin d'en assurer la diffusion. Tom Laughlin, c'est donc le Chuck Norris progressiste, d'un progressisme typiquement beauf américain, c'est-à-dire le genre à prôner la non-violence et se draper dans le voile de la vertu pacifiste tout en apprenant cette bonne morale aux méchants en leur pétant la gueule et en exhibant son gros calibre de cowboy au sang indien mêlé. C'est complètement débile, mal filmé et mal joué, et il faut voir comment on nous montre le héros ex-béret vert dans ses aptitudes de maître en hapkido (visiblement il est doublé pour les scènes d'action), avec les gros ralentis qui tachent. Il y a une vraie ferveur idéaliste derrière ce machin, puisqu'en toile de fond il est question de la défense d'une école hippie, baptisée l'école de la liberté (of course) : soit toutes les valeurs des débilités des actioners avec Chuck Norris inversées, mais avec la même dose de caricature. Les méchants sont donc des flics corrompus et racistes primaires, avec le fils de petits bourgeois faisant ce qu'il veut sans être inquiété (le portrait est chargé attention, il tabasse les étrangers, il roule en grosse décapotable, il viole la directrice de l'école, il préfère couler sa voiture que subir un déboîtage de l'épaule, il couche avec une fille de 13 ans, etc.).

Ah et sinon il y a aussi une scène dans laquelle Billy se fait délibérément mordre par un serpent à sonnette (pour devenir le frère de sang du serpent, initiation Navajo, tout ça tout ça) et à la fin, tous ses soutiens ont le poing levé. Passionnant, en un sens.

Demain tout commence
6.3
26.

Demain tout commence (2016)

1 h 55 min. Sortie : 7 décembre 2016. Comédie dramatique

Film de Hugo Gélin

Morrinson a mis 1/10.

Annotation :

Taux de sucre létal, concentration en guimauve dégoulinante qui fait péter tous les compteurs... Je ne suis plus habitué à ce genre de films qui carbure aux bons sentiments, le choc est frontal et hyper violent. C'est nullissime, archi conventionnel, ultra conventionnel, et ça se contente de balayer le spectre large de tous les lieux communs en matière de mélodrame familial français à base de parentalité difficile, d'amour familial et de difficultés insurmontables qu'on essaie malgré tout de surmonter. Rha mais quelle horreur ce scénario qui se contrefout de faire quelque chose d'un minimum crédible, le seul but avoué est dans une première partie de faire rire, puis de créer l'émotion, pour se terminer sur la rechute sentimentale avec un final triste artificiel à l'extrême, en suivant un schéma parfaitement connu et balisé. Vraiment horrible comme dispositif, que l'on soit dans le sud de la France (avec double dose de discours moral sentimentaliste servi en entrée et en dessert) ou à Londres (avec une myriade de clichés hors-sol qui ne font aucun sens en montrant ce gars devenu père du jour au lendemain et qui se découvre une fibre paternelle instantanément, tout comme il devient un cascadeur célèbre du jour au lendemain à Londres et peut se payer un appartement de grand luxe en plein centre de la capitale). Bref, Omar Sy n'a aucune crédibilité avec ce personnage, et Clémence Poésy incarne une aberration scénaristique à elle seule au travers de cette femme qui débarque un jour puis repart pour revenir 8 ans plus tard sans que ça ne pose le moindre problème. Mièvrerie à 100%.

Elvis
6.7
27.

Elvis (2022)

2 h 39 min. Sortie : 22 juin 2022 (France). Biopic, Drame, Musique

Film de Baz Luhrmann

Morrinson a mis 2/10.

Annotation :

Les premières questions qui sont soulevées avec un film pareil sont d'une banalité désarmante. Est-ce qu'on a encore quelque chose d'intéressant à dire sur une figure aussi mythique, populaire et connue qu'Elvis Presley, quand bien même il n'y aurait jusqu'alors jamais eu de biopic à son sujet ? Comment est-il possible de réaliser un film recelant une telle dose de clinquant, donnant l'impression de regarder une bande-annonce de 2h40 forcément et fatalement assommante ? Quel est l'intérêt d'un tel biopic, et de manière générale, ne faudrait-il pas envoyer au goulag 99,99% des réalisateurs qui s'adonnent à ce genre de pratique étant donné l'immense pauvreté de ce registre cinématographique dans la très grande majorité des cas ?

Il y avait deux choses a priori intéressantes à creuser, en utilisant le filon de ce support, le cinéma : mettre en scène l'hypnose que suscitait Elvis sur scène, avec son célèbre déhanché, sa célèbre réputation auprès de la gent féminine, avec une mise en lumière de l'aspect sexuel de sa prestation dans une tonalité sérieuse malgré tout légèrement comique, et ensuite la fatalité de sa carrière qui fut presque systématiquement placée sous le signe de l'escroquerie. Rien de neuf évidemment, mais je trouve que ces deux aspects auraient pu légitimer le format du film et avaient un certain potentiel.

Mais non, c'est un torrent d'images inregardables, un flux de flashs interminable qui brasse les symboles usés jusqu'à la moelle du biopic (de l'enfance à la mort, avec la famille, la scène, les amours difficiles, les regrets) et qui en plus adopte une narration censée être du point de vue de son manager classé comme "méchant" sans que cette perspective ne soit mise à profit d'une quelconque manière. Désarmant de nullité, de convention, de saturation, c'est un réceptacle à pratiques publicitaires sans limite qui périt dans ses propres boursoufflures et nous noie dans sa recherche constante du paroxysme bardé d'étincelles. Le sentiment de s'être fait rouler dessus par un poids lourd, avec la nausée guettant à chaque apparition de Tom Hanks grimé en gros à goitre et de Austin Butler prisonnier de son rôle. Un mauvais goût presque passionnant s'il n'était aussi écœurant.

The Ministry of Ungentlemanly Warfare
5.6
28.

The Ministry of Ungentlemanly Warfare (2024)

2 h. Sortie : 19 avril 2024 (États-Unis). Drame, Guerre

Film de Guy Ritchie

Morrinson a mis 1/10.

Annotation :

Jolie daube intersidérale alors que de nombreux ingrédients d'un film appartenant au même registre action / comédie ont été repris, à savoir "Agents très spéciaux - Code U.N.C.L.E." et sa mission secrète, son Henry Cavill testostéroné à bloc, et ses airs cool à ne plus savoir qu'en faire. Pas de bol ici c'est pour raconter une histoire durant la Seconde Guerre mondiale, terreau infini pour tuer des méchants par wagons entiers et rendre la chose tellement fun, en essayant de nous fourrer la chose au fond du gosier sans lubrifiant parce que "c'est inspiré de faits réels", la preuve, il y a des photos et des mini-biographies à la toute fin. Le film d'action devient complètement naze dès lors qu'on met en scène des hommes invincibles qui ont un taux de succès supérieur à 100% : zéro enjeu, zéro tension, ce n'est que du pipeau. La mission derrière les lignes ennemies est folle, mais les gars vont dérouler leur savoir-faire sans la moindre anicroche, tout roule comme sur des roulettes, à chaque imprévu sa solution trouvée immédiatement, quand bien même elle nécessiterait des explosions et des mises à mort (par centaines) supplémentaires. Particulièrement soporifique, avec comme amphétamines pour rester un minimum éveillé le faux danois Alan Ritchson et sa montagne de muscles ainsi que Eiza Gonzalez en femme fatale uniquement là pour user de ses charmes physiques et séduire / distraire les vilains nazis. Waouh, tellement original. Le ton se veut décomplexé et il y parvient, mais ça reste une comédie d'action extrêmement bourrin, faussement sophistiquée, lorgnant du côté de l'épilepsie et du déluge pyrotechnique à la Bay.

Babycall
5.6
29.

Babycall (2011)

1 h 36 min. Sortie : 2 mai 2012 (France). Thriller

Film de Pål Sletaune

Morrinson a mis 2/10.

Annotation :

Thriller parano archi bourrin qui semble un peu anachronique, témoin d'une mode qui avait cours une dizaine d'années auparavant (typiquement, "The Sixth Sense" de M. Night Shyamalan), ces fameux films présentant l'environnement d'un personnage présenté comme normal avant de faire se manifester des dissonances, des mystères, des incertitudes, pour négocier un ultime virage sévère en direction des troubles psychologiques. Le mensonge de la mise en scène est l'unique ressort de ce genre de films : on nous montre de manière parfaitement explicite des choses, des personnes, des faits, qui se révèleront parfaitement fausses. Le procédé me paraît vraiment naze, déloyal, improductif, et pas du tout constructif. Ici c'est une femme censée être en fuite avec son enfant, terrifiée par son ex-mari, qui achète un baby phone et qui entend des bruits très étranges. Tout est tellement transparent... d'autant plus que les premières images nous ont montré que ça n'allait pas se terminer dans la joie et la bonne humeur. Facilité extrême qui débouche sur une ambiance oppressante sans aucun effet sur moi (même si je peux concevoir que des frissons constituent un certain intérêt chez d'autres), ça me laisse froid et surtout complètement circonspect. On essaie de nous noyer dans un flot de menaces, le mari, les services sociaux, les sons captés, les soucis à l'école, les soupçons de maltraitance, mais tout cela est faux et uniquement là pour créer un sentiment d'insécurité permanent et artificiel. Noomi Rapace échoue à composer le personnage d'une mère prisonnière de son appartement, mais c'est avant tout la faute à la mise en scène et au scénario qui ne reculent devant aucun dispositif putassier. Un cocktail d'embrouilles gratuites dans lesquelles le film finit par se perdre tout seul, confondant ambiguïté et gros bordel informe et bancal.

Les Faucons de la nuit
5.9
30.

Les Faucons de la nuit (1981)

Nighthawks

1 h 39 min. Sortie : 22 avril 1981 (France). Action, Policier, Thriller

Film de Bruce Malmuth

Morrinson a mis 1/10.

Annotation :

Un gros méchant terroriste pas beau, du genre à commettre des attentats de masse pour venger les victimes des grandes puissances, et face à lui un flic un peu hors des clous qui se déguise en vieille mamie pour qu'on vienne essayer de lui piquer son sac le soir dans une rue mal famée et boter le cul aux intéressés. Voilà, je crois que tout est résumé avec précision. Le terroriste qui terrorise tout le monde, c'est Rutger Hauer qui subira une opération de chirurgie esthétique à Paris après son attaque à Londres, le sergent-inspecteur à qui on la fait pas c'est Sylvester Stallone dans une dégaine impayable (inspirée de Serpico). "Nighthawks", c'est juste ça, le grand méchant qui tue des innocents parce qu'il est pas d'accord avec la politique atlantiste, caricature de terroriste d'extrême gauche (dont le discours ne fait aucun sens une fois passée les premières justifications), qui s'en va terroriser New York, et contre qui une groupe sera spécialement créé. L'enquête est archi naze, l'infiltration est archi naze, les condés ont un flair surhumain et les bad guys se sortent de situations improbables... Tout ça n'a littéralement aucun sens. Y'a des seconds rôles en pagaille comme Joe Spinell en supérieur pour faire chier Stallone qui lui sait exactement ce qu'il faut faire, Billy Dee Williams en side kick (loin de Lando Calrissian dans la franchise Star Wars), et des plans hallucinants de bêtise (le méchant bloque un tramway aérien, il se fait lui-même prisonnier). Bref, du WTF en concentré pour un actioner même pas divertissant (et franchement chiant au contraire), qui se termine sur un énième coup du déguisement de la part de Sly qu'on croirait sorti d'une très mauvaise parodie.

Morrinson

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