Vu que je ne peux toujours pas voir Mektoub, my love : Canto Uno et l'attendant avec impatience j'ai décidé de lire le bouquin dont est tiré l'histoire. Et ça tombe bien, j'apprécie Bégaudeau. Alors pas ses textes, puisque la blessure la vraie est le premier roman que je lis de lui, mais j'aime beaucoup Entre les murs de Laurent Cantet (tiré d'un de ses bouquins mais où il a également joué et coécrit le scénario) et ses interventions dans l'émission cinématographique le Cercle me plaisaient beaucoup. C'est certes un bobo fini, mais je l'aime bien.
Et la Blessure la vraie c'est vraiment très bien jusqu'à la quasi toute fin où on a un semblant d'intrigue qui sort de nulle part et qui est peu inutile et qui me fait fermer le livre avec un peu de dépit.
En fait, il faut imaginer un savant mélange de films de Rohmer, de Rozier, sur les flirts plus ou moins innocents sur les plages de Vendée, mais mélangés avec la frustration sexuelle que peut avoir un gamin de quinze ans pas très sûr de lui.
Et ça fonctionne vraiment bien, j'ai beau être né bien après lui, difficile de ne pas se reconnaître, que ça soit dans le narrateur ou bien dans ses amis. Leur comportement, le fait d'être prêt à tout pour trouver des filles, etc. Les réflexions qu'il fait sont vraiment justes, sur la notation des filles, sur les blagues entre amis... sur le malaise qui s'installe lors des blancs dans une conversation.
Bref, Bégaudeau, non sans humour, a réussi parfaitement à retranscrire ça et c'est assez jubilatoire. Je dois avouer que pendant toute la première partie du bouquin je me suis vraiment amusé en le lisant, tout en espérant ne pas trop ressembler à ce personnage lorsque j'avais son âge.
J'aime beaucoup les multiples références qui parsèment le bouquin, c'est certes souvent les mêmes, comme lorsqu'on est un ado monomaniaque qui ne jure que par une seule chose. Le voir ainsi tout rapporter au marxisme et dire qu'une jolie fille est anticommuniste car elle refuse de lui sourire alors qu'elle sourit à tous les autres, c'est quand même foutrement bien trouvé comme excuse pour tenter de garder la face.
Je m'y suis cru moi, à la chasse aux filles le 14 juillet 1986 dans un village paumé de Vendée.
Mais la fin m'a vraiment laissé sur le bas côté... En fait on change subitement de registre, j'ai rien contre, surtout que ça fait un peu intrigue estivale où on cherche à se faire peur avec pas grand chose, mais ça ne mène à pas grand chose... Et le reste était si bien que finir avec ça, c'est juste décevant. Disons que je n'en vois pas l'intérêt... Alors que tout le reste était juste jubilatoire tant on avait l'impression de se promener sur le 18-25 de JVC en lisant les topics sur les différents déboires amoureux, il ne manquait plus que les stickers Risitas... (mais c'est quand même mieux écrit)
Après, j'ai quand même l'impression que Kechiche a pas mal modifié l'intrigue et j'ai vraiment hâte de voir ce que ça va donner.