Des professeurs pédophiles, harceleurs, violents, corrompus… C'est dans cet environnement toxique que les élèves du lycée de Machida sont supposés se construire. Heureusement, ils peuvent se confier à ce brillant professeur, gentil, bienveillant et toujours prêt à prendre leur défense : Seiji Hasumi...
La quatrième de couverture m'a malheureusement privé d'une surprise en dévoilant un élément clé. Alors, si vous souhaitez plonger dans ce crescendo de l'horreur sans être spoilé, ne lisez pas les chroniques, ne lisez pas les résumés et arrêtez-vous ici. STOP !
Je vais maintenant entrer dans une analyse qui risque de ternir cette expérience, comme cela a terni la mienne.
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Le professeur émérite n'est pas si émérite. En réalité, c'est un psychopathe bien plus terrifiant que Patrick Bateman d'American Psycho. Alors que Bateman, célèbre pour sa violence gratuite, agit de manière impulsive et aléatoire, Hasumi est un prédateur froid et calculateur. Bateman tue par ennui et pour se sentir vivant dans une existence qu'il perçoit comme vide. Il est une force de chaos, destructrice et imprévisible, détachée de la réalité.
Hasumi, quant à lui, est tout l'opposé. Il cherche un contrôle absolu, et ses meurtres ne sont jamais gratuits. Chaque acte est motivé par une stratégie précise : éliminer les obstacles, maintenir son pouvoir, dissimuler ses actes passés. Sa violence est froide, réfléchie, et sert un objectif plus vaste. Cette logique implacable le rend d'autant plus terrifiant, car elle le rapproche dangereusement de la réalité. On ressent un profond malaise face à un personnage qui incarne un MAL SI PLAUSIBLE.
Kishi signe ici une critique acerbe d'une institution incapable de protéger les plus vulnérables. Il dépeint un lycée japonais gangréné, où les professeurs abusifs et la pression sociale créent un environnement où le mal peut prospérer sans entrave. Si la plupart des éléments de l'histoire font rager, c'est vraiment le dernier grand chapitre qui s'avère presque insoutenable à lire... Pour ma part, ce fut difficile : pas de clowns, pas de zombies, pas de scènes grandguignolesques, pas de monstres grotesques ou cyniques. Non, juste une réalité froide et ultra violente, un cauchemar terriblement possible et déjà vu dans d'autres circonstances.