Les plus de sept cents pages du roman de Laurent Mauvignier peuvent faire peur...C'est gros. Ce sera long.
Mais le premier contact etabli, on se surprend à ne plus vouloir quitter cette "Maison vide" et à vouloir tout découvrir de ces destins ordinaires, de ces vies imposées, de ces vocations brisées, de tous ces etres si fragiles et si desesperés qui traversent la remontée du temps que fait l'auteur en quete de réponses sur sa famille , ses mystères, ses non-dits, ces explications toujours tues ou éludeés.
Dans l'intimité imaginée et reconstruite par l'auteur de ces etres souvent déchirés , aucun jugement, aucune condamnation..un regard curieux et attendri devant les farces tragiques et méandres du destin de chacun
Dans la traversée de deux guerres et le maintien obstiné du patrimoine d'un famille de paysans cossus, on voit se dessiner les silhouettes de femmes sous influence, régies par les lois partriarcales qui décident ce qu'on doit faire de sa vie, qui on doit épouser et surtout à quoi il faut renoncer. On eprouve ce que ce manque d'amour originel deverse de frustration, de violence retournée contre soi et cette "famille que l'on hait"
Ces traces retrouvées, photos, objets, lettres sont les infimes pistes que suit avec curiosité et tendresse l'enqueteur -auteur avec aussi une infinie délicatesse et un style tres particulier et envoutant.
Cette maison vide, pleine de fantomes qui dansent autour d'un piano noir muet,seul survivant et maitre des lieux est ne oeuvre majeure qui renvoit chacun à son histoire personnelle.
Cela pourrait etre ennuyeux, c'est passionnant.