De la Littérature, de la vraie. Sans se départir de cette touche d'absurde qui caractérise son travail, Ionesco signe l'un des plus formidables pamphlets contre le totalitarisme qui puisse exister.

Le point de départ est sublime : des gens vivent au jour le jour quand un rhinocéros passe. De fil en aiguille, chacun, de l'intellectuel au fonctionnaire, vont se laisser séduire par l'effet de masse, par l'envie de rentrer dans le troupeau pour ne pas être différent. Inutile de dire qu'on lit entre les lignes les mots "nazisme", "fascisme", "unicité", que n'aurait pas renié un certain Georges Orwell. Ionesco ne cherche pas à être subtil, il cherche à prévenir : la diversité est quelque chose de beau, et l'uniformisation n'apporte rien de transcendant à la vie. C'est autant un cri d'amour envers son propre style décalé qu'envers la liberté, qu'il a longtemps lorgné de l'oeil dans sa Roumanie communiste natale avant de connaître la guerre.

D'autant que Ionesco n'abandonne pas pour autant son humour un peu froid, un peu cynique, basé davantage sur les situations que sur les mots. Le crescendo du drame à venir n'est pas sans rappeler La Leçon, à la différence que l'ambition de l'écriture est bien plus importante - et maîtrisée - ici. On est certes loin du jusqu'au-boutisme absurde de La Cantatrice chauve, mais Ionesco gagne en engagement ce qu'il perd, peut-être, en originalité. En ces temps un peu difficiles où les mentalités se rejoignent et se confondent dans des propagandes douteuses à droite comme à gauche, Ionesco n'a jamais autant semblé tristement d'actualité.

Créée

le 18 janv. 2014

Critique lue 1.2K fois

Rhinocéros

Rhinocéros

10

Angie_Eklespri

le 14 août 2015

Suivre

Je ne capitule pas.

    L’homme n’a pas encore atteint le stade ultime de son évolution. Le stade final, c’est le rhinocéros. Voilà un des nombreux bouquins qui avait mauvaise réputation quand on...

Rhinocéros

Rhinocéros

6

Megillah

le 19 oct. 2010

Suivre

Brrr...

Rhinocéros : Ça se lit bien, ça coule, mais ça manque de folie. La folie est importante dans l'absurde. J'aurais voulu rire un peu ou, au moins, être surpris, dérouté. Là, c'est assez linéaire et on...

Rhinocéros

Rhinocéros

9

Eggdoll

le 18 juil. 2011

Suivre

Tous les chats ont quatre pattes - un chien a quatre pattes - donc un chien est un chat, et vice-...

... versa. J'ai trop kiffé sa mère, tmtc. Non, mais sérieusement hein ! Plus que La Leçon et La Cantatrice chauve. C'est drôle, prenant, absurde, les faux syllogismes sont fascinants, le processus de...

Sausage Party : La Vie privée des aliments

Sausage Party : La Vie privée des aliments

8

Cinemaniaque

le 30 oct. 2016

Suivre

Critique de Sausage Party : La Vie privée des aliments par Cinemaniaque

Je ne le cache pas : l'humour bête et méchant, moi j'aime bien. Y compris quand c'est trash. Autant dire qu'avec ce Sausage Party, j'ai été rassasié. Je dis pas : tout le monde n'appréciera pas...

American Idiot

American Idiot

7

Cinemaniaque

le 14 janv. 2012

Suivre

Critique de American Idiot par Cinemaniaque

Il est amusant de voir comment, aujourd'hui, cet album est renié par toute une génération (et pas seulement sur SC)... À qui la faute ? À un refus de la génération née début 90 de revendiquer les...

Frankenweenie

Frankenweenie

8

Cinemaniaque

le 21 oct. 2012

Suivre

Critique de Frankenweenie par Cinemaniaque

Je l'avoue volontiers, depuis 2005, je n'ai pas été le dernier à uriner sur le cadavre de plus en plus pourrissant du défunt génie de Tim Burton. Il faut dire qu'avec ses derniers films (surtout...