À force d'en entendre parler comme d'un chef d’œuvre et d'une référence de la culture pop, j'ai décidé de donner une chance à Black Mirror.

Qu'on se le dise : Le jeu des (nombreux) acteurs et des actrices est bon. Le format anthologique est rafraichissant. La série est une réussite technique, certains épisodes se distinguant parfois des autres par leur réalisation intéressante ou innovante.

Mais après avoir visionné tous les épisodes, je me rends compte d'une chose : aucun ne m'a plu.

Le cadre spatio-temporel, les personnages et la diégèse peuvent varier, le problème reste le même. Toutes ces dystopies développent des récits où il n'y a aucun espoir, seulement des personnages médiocres dans un monde condamné. Aucun n'est vraiment capable d'agir de façon intelligente et encore moins de changer le monde qui les entoure.

Aucun personnage n'est vraiment intéressant ni mémorable. Sous couvert d'une critique pas très subtile des dérives de notre société, on nous invite finalement à nous complaire dans le spectacle du malheur et de la misère d'autrui. Assez ironique quand on y pense...

Ensuite, la série fait de la mauvaise science-fiction : elle s'en sert comme prétexte pour exposer les situations qui lui tiennent à cœur. Il n'y a pas besoin de chercher très loin pour se rendre compte que la cohérence et la crédibilité du futur exposé à chaque épisode n'ont vraiment préoccupé pas les scénaristes. Chaque épisode n'ose jamais trop s'aventurer dans les détails du monde qu'il présente.


Le plus gros problème, qui rend toutes ces fictions obsolètes, y compris le message critique scandé d'épisode en épisode, c'est que la plupart des futurs imaginés se fondent sur l'idée que nous vivons dans un monde où la croissance est infinie, où le solutionnisme scientifique nous viendra en aide. Un monde où la perspective d’un effondrement lié à l’urgence écologique n’existe pas.

Plutôt que de nous jouer de multiples variations sur 1984 ou Minority report, il aurait peut-être fallu commencer par s’intéresser à ce que disent les rapports du GIEC sur l'effondrement probable de notre société.

En résulte de la science-fiction qui nous parle maintenant, mais qui vieillira sans doute mal.

Avatea
2
Écrit par

Créée

le 19 juil. 2023

Critique lue 56 fois

Black Mirror

Black Mirror

7

TheBadBreaker

le 25 nov. 2013

Suivre

The Dark Render

Avant de commencer, je dois dire que je ne savais pas trop quoi penser du concept. Je me demandais s'il était judicieux pour une série de faire des épisodes indépendants les uns des autres, avec...

Black Mirror

Black Mirror

5

Liehd

le 7 mars 2016

Suivre

En un miroir explicitement

Avant d'appréhender une oeuvre comme Black Mirror, il convient de se poser la question qui fâche : pourquoi un auteur se pique-t-il de faire de l'anticipation ? Réponse : parce que c'est un genre "à...

Black Mirror

Black Mirror

8

Before-Sunrise

le 12 oct. 2012

Suivre

L’Homme, ce sac à puces

[critique faite après le visionnage de la première saison uniquement] Black Mirror est une série de trois moyens métrages ayant pour fil rouge l’influence néfaste des medias et des nouvelles...

Heartstopper: Forever

Heartstopper: Forever

5

Avatea

le 21 juil. 2026

Suivre

Fin décevante

J’ai vécu la fin du film comme une trahison de ce que la série a construit de saison en saison : la relation fusionnelle et intense entre Nick et Charlie, leur couple « inséparable » comme le...

The Midnight Club

The Midnight Club

3

Avatea

le 20 juin 2023

Suivre

Une série d'ado pour ado

Une intrigue qui n'avance pas et des personnages agaçants.Netflix nous présente une autre série d'ado pour ado, avec des caractères stéréotypés et un fatalisme exacerbé. Bon, cette fois-ci ils vont...

The Leftovers

The Leftovers

2

Avatea

le 23 nov. 2025

Suivre

Comme Lost, beaucoup de bruit pour pas grand-chose

Le nombre astronomique de critiques dithyrambiques m’avait presque convaincu que j’étais passé à côté d’un monument.Quel soulagement en constatant que non.Pour commencer : la bande-son est géniale,...