Après avoir vu cette série, on se sent regonflé à bloc comme un écolo barbu binoclard avec les pancartes « non au nucléaire »… on en ressort en effet horrifié, consterné, sidéré. En même temps, une telle catastrophe est dûe à de multiples causes -très bien expliquées dans la série- non liées directement à l’énergie de l’atome.
Une énergie, précisons-le d’ailleurs pour nos écolos, « propre » entre guillemets : elle ne dégage pas le vilain, le très vilain CO2, ni de fumées polluantes et ne sent pas mauvais comme le biogaz… (tiens, voilà une caisse pour toi, l’écolocon, gratos et 100% bio !)… et en plus, elle fournit une électricité vraiment bon marché. Bref, elle assure un avenir radieux !
C’est juste que confiée à des branlos de cocos, ça peut pèter méchamment… et encore… -comme on s’en rend compte ici- le pire a en fait été évité ! Grâce au courage des Ukrainiens et à leurs nombreux sacrifices, malgré le poids écrasant de la bureaucratie des Soviets et la Guerre Froide qui n’était pas encore terminée…
Bien documentée en tout cas mais pas documentaire pour autant, d’une densité bienvenue (seulement cinq épisodes d’une heure), Chernobyl ne sombre jamais dans le pathos ou le violoneux mais se cantonne aux faits et -mon Dieu- les faits parlent d’eux-mêmes… Les acteurs sont tous excellents avec notamment un Stellan Skarsgard impeccable, le seul connu du lot d’ailleurs.
La reconstitution des évènements s’avère rigoureuse et toujours très claire et l’ensemble se révèle finalement aussi effrayant que poignant. Et terrifiant. En France, très éloigné de tout cela, on n’a pas mesuré l’ampleur de ce cataclysme… et on en prend justement toute la mesure à travers cette série et accessoirement la faillite d’un système sclérosé, bouffé de l’intérieur, celui de l’Union Soviétique corrompue et à bout de souffle. Une grande, très grande série superbement réalisée, sobre, authentique et touchante !