J'ai mis du temps à me lancer dans cette mini-série dont tout le monde a parlé pendant un sacré bout de temps. J'avais, je pense, un peu peur d'être un peu déçu après toutes les attentes et toutes les qualités qu'on a données à ce Chernobyl.
Eh bien, je dois l'admettre, les qualités sont réelles.
Chernobyl nous propose donc de revenir sur les deux premières années qui ont suivi l'explosion de la centrale en 1986 et de voir comment l'Union soviétique et les scientifiques ont géré (ou non) tous les problèmes qui ont découlé de cette catastrophe.
Premièrement, Chernobyl a une première portée hyper importante : celle du documentaire. En effet, pour moi qui ne connaissais pas grand-chose à cette catastrophe, j'ai pu apprendre pas mal de choses. La série m'a donné envie de me renseigner (elle m'a aussi beaucoup angoissé, je n'ose plus trop respirer mais bref) et elle le fait sans jamais négliger sa mise en scène et sa narration.
Parce qu'en effet, Chernobyl est une série particulièrement intelligente, parce qu'elle questionne durant ces 5 épisodes notre rapport à la vérité, et surtout le rapport qu'entretient le gouvernement avec cette vérité. La série devient donc un pamphlet brûlant sur le rôle de l'État à prendre position sur les drames humains qui traversent nos sociétés.
Chernobyl est LA catastrophe nucléaire la plus importante, et axer toute la narration sur cette politique du mensonge permet d'extrapoler et de projeter nos problèmes contemporains qui découlent de ces mêmes politiques.
En plus de la portée politique de Chernobyl, la série fait tout cela avec une technique formelle impeccable, utilise ses plans fixes et sa musique dissonante pour créer malaise et solitude dans des lieux qui nous semblent pourtant si familiers.
Enfin, big up à l'épisode 4 dans lequel on a le droit à une représentation particulièrement cruelle de ce que la trace des humains sur Terre entraîne sur la biodiversité, j'avais la boule au ventre, bordel.