Heated Rivalry
7.3
Heated Rivalry

Série HBO Max (2025)

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L'avis sans spoil :

Curieux-se ? Fan de Yaoi (version musclée) ? Gay ? LGBT ? Tentez le coup ! C'est pas trop long et vous pourriez aimer.

Note : (y’a beaucoup de sesque)

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Épargné par le buzz, je n’avais aucun préjugé sur la série, ni en bien ni en mal, et si j’ai d'abord craint l’ennui, elle m’a finalement conquis. Il est regrettable qu’elle accuse des longueurs, même justifiées, pour un format si court, et vous les expliquer dévoilerait le peu qu'elle contient. Elle réserve d'ailleurs deux tournants majeurs qui méritent vraiment que vous évitiez les spoils.


La romance gay pour femme, qui a voyagé des codes du Yaoi japonais à la littérature mondiale, m’est étrangère. Sans le travail d’adaptation du réalisateur, qui en évacue sans doute le côté exploitation, est-ce que l’œuvre m’aurait plu ? Je sais seulement que le parfum « Harlequin » est omniprésent, mais qu’il finit par céder à des problématiques plus profondes.


La formule fonctionne : j’ai accroché, j’ai pleuré, j’ai frémi. C’est la romance charnelle du moment ! Ce basculement tient beaucoup à la qualité des acteurs, et particulièrement au jeu tout en retenue d’Hudson Williams, un style qui me bouleverse particulièrement. Chaque acteur apporte ici sa propre nuance émotionnelle et nous permet d’aller au-delà de cet univers d'intérieurs chics et glacés.


Mon mari : on se fait un peu chier, non ?

Heureusement que j’ai poussé pour qu’on tienne, l’épisode 3 a vraiment fait basculer la série dans une meilleure dramaturgie.

Sur la question de l’inclusion, je reste dubitatif. Certes, on pourrait s’en passer et voir nos amoureux comme de simples archétypes projectifs (l’exubérant, l’introverti, etc.), et en rester là. Mais la série convoque la diversité par deux fois.

Elle aborde le racisme dans le sport en choisissant un acteur métis à l'origine asiatique peu marquée, c’est bancal. Comme on ne le voit pas non plus subir ledit racisme, ce problème n’a pas de consistance réelle dans l’histoire. Je sais qu’il y a une communauté asiatique au Canada et que les asiatiques, en général, subissent facilement un racisme silencieux. On aurait aimé une façon moins légère de l’aborder.

Plus gênant : la hiérarchie des corps. Si la plastique de dieu grec se justifie pour les hockeyeurs, ça devient gênant chez les autres (Kip), surtout lorsque gravitent des personnages tertiaires plus ordinaires. L’ami noir et grassouillet semble là pour valider un quota, créant un message sous-jacent douteux : on te mets dans le décor, mais le conte de fées n'est pas pour toi. Le cahier des charges inclusif semble ici incapable d'imaginer des couples solides et désirables en dehors des canons publicitaires. Exposés comme des plantes vertes, on leur retranche toute personnalité, ce qui est pourtant une qualité de la série concernant les athlètes. Sans grand effort, ils auraient pu oser un personnage noir, un profil dodu ou un handisport — quitte à vouloir mettre du muscle à tout prix — et même le doter d’une solide répartie.

Même la copine de Kip, pourtant très positive, comme tous les autres persos féminins, reste enfermée dans son rôle de bestie qui n’est qu’un faire-valoir. Une écriture paresseuse qui se contente de gimmicks, gurl !

C’est l’écueil du cahier des charges inclusif mal géré, une inclusion de façade qui vire à la tokenisation.

Un autre point négatif, mais anecdotique, c’est la façon de cacher la nudité frontale dans les scènes érotiques. Les positions sont parfois peu naturelles, c’en est presque risible.

La sincérité des acteurs principaux finit par balayer ces réserves. Par-delà l’esthétique magnifiée des corps et des lieux, cette série nous parle, par l’image, des personnalités enfermées dans le carcan du placard. Loin d’être vaine, l’artificialité de ces intérieurs luxueux mais standardisés augmente la sensation de vide et de froideur. Elle les emprisonne dans les faux-semblants et une distance glacée. On imagine des vies dédiées à l’entraînement et au marketing de leur image, à déléguer à d’autres le choix d’un logement et à d’autres, encore, sa décoration. Des espaces de luxe mais d’infinie solitude.


Enfin, il y a cette lumière bienvenue : un récit qui délaisse le systématisme du drame gay (maladie, mort, amours malheureuses, relations tordues...) pour une respiration plus solaire. C'est une autre réalité, qui fait du bien.



Et moi aussi, j’ai décidé d’aller au chalet (Je vais peut-être même m'en faire un T-shirt. 😛 ).



6/10

Vu 1 fois

[correction 2026]

_

JaiVuTout
6
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Créée

le 14 avr. 2026

Critique lue 18 fois

JaiVuTout

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