Il serait forcément tentant de rapprocher ce "Fais-moi un signe" de l'affreux "La Famille Bélier" mais les différences de culture, y compris cinématographiques, étant ce qu'elles sont entre Japon et France, les deux films sont pour le moins disparates même s'ils ont en commun d'aborder le thème des CODA. Là où chez nous on cherche à rendre confortable le traitement pour réunir le maximum de public le pays du soleil levant s'attaque plus frontalement aux véritables douleurs engendrées par le handicap. Le début de ce film présenté lors de la nouvelle édition des Saisons Hanabi est en cela exemplaire et remarquable : le soleil, les rires, la normalité malgré "l'anormalité" sont comme exagérés à l'écran pour mieux trancher avec la suite, avec la rupture, l'absence, le vide qui va se créer autour de la mère mais aussi autour du fils parti respirer à Tokyo.
Il y a beaucoup de bonnes choses dans le film de Mipo Oh, en particulier dans cette première partie qui est là pour rappeler que le Japon n'est pas la patrie de Yasujirō Ozu pour rien, mais malheureusement le scénario signé Takehiko Minato, qui a précédemment fait dans le bien plus énervé pour Takeshi Kitano ou encore Tetsuya Mariko, s'éparpille trop, se dilue progressivement dans une volonté d'aborder trop de choses, approche un thème, s'en éloigne quitte à y revenir plus tard... ou non.
En conclusion le film est réussi dans son aspect mélodramatique, l'assumant sans jamais tomber dans le tire-larmes, bien moins dans son aspect "documentaire" * qui en cherchant à tout dire se perd.
* J'ai régulièrement pensé au récent "Elle entend pas la moto", les deux films soulignant à quel point les parents d'enfants sourds ont été partout mal accompagnés, commettant par conséquent des erreurs irréversibles.