Qu’est-ce qui différencie un réalisateur d’un grand réalisateur ? Pas mal de choses diverses et variées, en fait. Mais le style n’est pas la moins importante. Et Del Toro, qu’on l’aime ou pas, est un grand styliste.
Avec ce Frankenstein, il retrouve un univers gothique qu’il avait déjà visité dans Crimson Peak. Il est en terrain connu, chez lui. Et il en profite pour livrer un spectacle d’une esthétique époustouflante. Chaque plan est un régal pour les yeux, sans jamais tomber dans l’épate racoleuse.
Dans ces décors splendides, le casting n’est pas en reste.
Bien sûr, Isaac en fait des caisses sans être toujours subtil. Mais cela ne nuit pas à l’ambiance générale.
C’est surtout Elordi qui s’en tire à merveille dans le rôle casse-gueule de la créature. Par sa gestuelle, il en donne une interprétation encore jamais vue. Et il parvient à exister et à émouvoir sous le maquillage.
Ces deux là bouffent le film et le reste du casting (Waltz et Goth…) ne fait que passer.
À la musique Deplat retrouve une grâce et une légèreté bienvenues.
Si l’ouverture du film est un véritable temps fort, la fin, en revanche, semble tomber un peu vite. Comme si Del Toro s’était rendu compte qu’on ne lui laisserait pas faire un film de 4 heures et qu’il fallait conclure. Mais on ne lui en voudra pas pour autant.