Considéré comme le premier long métrage d'Afrique subsaharienne, et premier long métrage du réalisateur Ousmane Sembène, La Noire de... est étudiée en cours de ciné en France, et à raison. C'est un des fers de lance anticolonialiste, dans la veine de ses précédents couts-métrages. Son premier long métrage est inspiré d'un fait divers : celui d'une jeune femme qui a mis fin à ses jours chez ses patrons, et la cause, on la devine facilement. Certains diraient que c'est un film d'un autre temps, d'autres que c'est encore très actuel. Le fait est que la montée du racisme dans le monde n'est qu'un triste écho aux fissures que le colonialisme blanc a ouvertes, et que les artistes et réalisateurs comme Ousmane Sembène pointent du doigt. Les fissures, mais aussi les causes de ces fissures. Et quoi de mieux que de proposer un film politique, acéré, empathique et frontal ? L'honnête réalité a payé car il a remporté le Prix Jean Vigo pour son oeuvre, l'inscrivant désormais au patrimoine cinématographique, et plaçant le réalisateur au Panthéon des cinéastes engagés dans la lutte pour la liberté totale et définitive.
Rétrospective Ousmane Sembène sur outbuster.com