Ce film, tout comme Backrooms, a été réalisé par un amoureux du grand écran qui a d’abord commencé sur YouTube. Petit budget, petite équipe, mais grand talent et gros frissons : à le prendre comme un produit de divertissement, ce qu’est un film d’horreur, il est parfaitement réussi.
Les jeux de luminosité, l’atmosphère sonore sourde et stridente, cette maison sensée être un chez soi qui devient le lieu de toutes les bizarreries, sont un excellent cocktail recelant de nombreuses surprises. Bien sûr, cela ne serait rien sans l’actrice principale, Inde Navarette, qui sait manier toutes les expressions et dont le jeu permet de passer en un instant de la chaleur rassurante de la proximité au malaise dérangeant de l’imprévu.
Ce film fait le lieu de questions : est-il féministe ? Est-il une métaphore des relations toxiques ? Soyons clairs : le seul problème du personnage principal, c’est #MeToo. Car depuis cet événement, les hommes sont relativement obligés de s’exprimer et ne peuvent plus faire simplement ce que bon leur semble avec les femmes. Or il ne sait pas s’exprimer, n’a pas le courage de confronter ce qu’il voudrait, et le drame s’enclenche.
Mais rien dans ce film ne vient signer une allégeance au patriarcat ni au contraire la volonté de le dénoncer depuis une œuvre. S’il n’accuse pas, il ne cautionne pas non plus, mais fixe simplement le cadre de son sujet dans une relation. Croire d’ailleurs que les secrets de l’émancipation nous serons révélés par un film d’horreur réalisé par un ancien youtubeur issu du monde du stand-up, c’est aussi bien se tromper en terme d’attentes qu’en terme d’objet.
Dans une optique de divertissement, ce film fait donc parfaitement son travail : il est angoissant, surprenant, tient son spectateur en haleine, l’abasourdit et le met mal à l’aise. Contrairement à Backrooms justement, le film se focalise sur ses propres effets (intriguer et faire peur), et ne tombe pas dans des explications métaphysiques qui ruinent son expérience. En plus, chose rare à une époque marquée par Christopher Nolan et l’injonction hollywoodienne du « toujours plus », il ne fait que 1h40.
En bref, si vous voulez vous divertir je le recommande. Si vous êtes d’humeur cérébrale et que vous attendez que la clef de l’égalité hommes/femmes vous soit donnée via un produit de divertissement, ça sera une autre paire de manches.