85 heures à mon actif
Me voici arrivé au dernier opus de la série des Dark Souls, à moins qu'un quatrième titre ne soit un jour développé - ce qui semble être plus qu'improbable.
Dark Souls III, toujours développé par FromSoftware, sorti en 2016, avait - selon de nombreux joueurs - le devoir de laver l'affront fait par le deuxième titre de la licence (je grossis et exagère volontairement le trait ; même si le second jeu a été globalement apprécié, il n'en demeure pas moins "le vilain petit canard").
C'est avec une attente décuplée que Dark Souls III a fait son entrée. Une entrée, sans grande surprise, plus que réussie ! Nous sommes face à un jeu qui a amplement corrigé les défauts de son prédécesseur direct tout en revenant au base du premier Dark Souls. Un succès incontestable qui a permis au troisième opus d'être considéré par la majorité des joueurs comme le meilleur jeu de la trilogie. Mais est-il vraiment le meilleur ? Nous allons voir ça !
Comme tout Dark Souls qui se respecte, l'histoire à résumer est toujours un vrai casse-tête !
Nous sommes dans une période où l'Age du Feu touche à sa fin. Nous incarnons une Morteflamme - une personne ayant tenté de se lier au Feu par le passé pour forcer des Seigneurs des Cendres à tenir leur engagement.
Pas plus de spoil !
L'histoire des Dark Souls, comme souligné en résumé, est toujours un mystère dont il revient aux joueurs de comprendre sinon d'interpréter les différents éléments qu'on leur donne. Néanmoins, il y a toujours largement de quoi comprendre la trame principale dans les grandes lignes. Et dans ce nouvel opus, autant vous dire que ça sent le roussi. Tout semble converger vers une sorte de fin du monde étant donné que les différents Seigneurs des Cendres ont décidé de ne pas se lier au Feu, ce qui appelle un Age des Ténèbres. Et cet aspect apocalyptique, déjà suffisamment appuyé par l'excellente ambiance Dark Fantasy de la saga, se retrouve renforcé par la visite de lieux (issus des premiers opus) bien connus des joueurs plus ou moins conservés, ainsi que par le retour des protagonistes là encore rencontrés durant les premiers premiers jeux, plus ou moins vivants... Toutes ces retrouvailles ne laissent pas le joueur passionné indifférent et l’amènent à se questionner sur les causes soit de leur disparition tragique, soit sur leur effondrement. Ce qui parvient surprenamment à rendre ce nouvel opus plus sombre et pessimiste que ne l'étaient les autres opus.
Et bien évidemment, l'histoire minimaliste, quant elle n'est pas contée par l'ambiance qui se dégage de nos périples, trouve de son éloquence dans les lieux imposants que l'on découvre ou redécouvre, par le biais des explications et détails liées aux différents équipements que l'on récolte, aux boss affrontés, aux musiques... mais cela, on y reviendra plus tard.
La recette demeure inchangée mais c'est celle qui depuis le début fonctionne merveilleusement bien. Donc, autant la garder !
Concernant les personnages !
Nous passerons assez rapidement sur le nôtre car, à l'instar de la recette du scénario, nous sommes dans un cas de figure où la recette employée est similaire aux premiers opus : la construction de personnage offre un large choix esthétique, les différents rôles à endosser demeurent sympathiques... Rien de neuf en somme, mais on ne demandait pas forcément énormément de nouveautés sur ce point.
Pour ce qui est des PNJs ! Commençons par les connus, ceux qui font leur retour dans cet opus : c'est toujours un plaisir que de revoir le fameux "Chevalier-Oignon" et un immense déplaisir de se faire de nouveau avoir par Pat. Notons également le retour d'André le forgeron ou des vieilles commères du deuxième opus, mais également d'autres protagonistes secondaires des opus précédents ayant malheureusement et mystérieusement passés l'arme à gauche. Ces différents retours contribuent à l'atmosphère paradoxalement plaisante, apportant une petite touche de nostalgie bienvenue. Mais assez parlé nostalgie et venons-en à présent aux nouveaux visages et, à mon sens, ce qui explique en partie la raison pour laquelle je ne peux en toute bonne foi considérer Dark Souls III comme le meilleur jeu de la trilogie. Parce que, et il faut l'expliquer, un opus qui se revendiquerait - ou qui recevrait les éloges des joueurs - comme étant le meilleur d'une trilogie ne devrait souffrir d'aucun "défaut" : les PNJs originaux de cet opus sont d'une superficialité navrante et assommante... Et ça me tue de dire ça, notamment quand nous avons pu avoir avec Dark Souls II, parmi les meilleurs personnages présentées, Lucatiel de Mirrah (pour ne citer qu'elle) ! Alors certes, tout ce nouveau monde n'est pas entièrement à jeter ! Notons que la Gardienne du Feu sort du lot ! mais à part elle... Soit la construction de personnage est intéressante mais pas assez pour susciter plus de sympathie et/ou d'empathie chez le joueur (Irina de Carim demeure l'exemple le plus éloquent avec une personnalité et un dénouement émouvant mais dont l'évolution reste un peu soporifique), soit ce dernier est complètement inutile, ne servant absolument pas les propos portés par l'histoire ou l'ambiance pesante de fin du monde : j'en veux pour preuve la quasi totalité des personnages que l'on rencontre, recrute et qui s'avèrent être - pour la plupart - de "simples" marchands... Pour dire, j'ai trouvé certains chefs de serments plus charismatiques que la plupart des PNJs !
C'est, dans l'ensemble, une petite déception côté personnage, notamment quand le deuxième jeu - pourtant décrié - avait proposé un panel de protagonistes hauts-en-couleur et véritablement émouvants.
Pour la technique, je n'aurai pas forcément grand chose à dire sinon que l'on retrouve certains points que j'avais pu énoncer dans ma critique sur le premier jeu, à savoir que le système de "lock" m'a plus d'une fois fait péter une durite puisque pour l'affrontement de certains boss imposants, dès le moment où nous nous trouvons dans leurs pattes, le "lock" disparaît mystérieusement, faisant frapper notre personnage dans le vide à plusieurs reprises et ce pendant quelques secondes, secondes cruciales durant lesquelles nos ennemis peuvent se donner un malin plaisir à nous rétamer la figure...
Mais outre ce désagrément vraiment frustrant et agaçant, on reste sur une expérience de jeu plaisante et agréable.
Pour les combats, et de ce fait, pour les boss, il y a là aussi quelques petits trucs à dire...
Pour commencer, nous sommes dans un Dark Souls : le jeu est bien évidemment exigeant et très punitif si l'on n'a pas été suffisamment attentif ou méfiant - ça, ça ne change pas et c'est ce qui fait, en un sens, la beauté et le plaisir de jeu. La plupart des ennemis nous donnent du fil à retord et les boss finaux de chaque zone sont des condensés des pires horreurs que nous avons vécus depuis le premier opus. Et autant parler de suite des bons points, nous avons d'excellents boss et d'excellents affrontements tout au long du jeu... mais là encore, pour un titre qui se dit être le meilleur de la trilogie... faut pas se foutre de la gueule du monde ! Parce que c'est bien marrant deux secondes de pointer du doigt le deuxième jeu, à dire encore et toujours que les boss sont éclatés au sol (et je ne contredis pas cette vérité ! la majorité des boss de Dark Souls II sont des fraudes monumentales !), mais il faut garder le même esprit critique et l'utiliser jusqu'au bout ! Parce que des fraudes monumentales, il y en a également dans ce troisième opus, et même plus que dans le premier Dark Souls ! A quelle heure, sortant du combat contre le Lit du Chaos dans Dark Souls (qui est le plus infect des boss que j'ai rencontré durant mon périple Dark Souls), on se dit que le combat contre l'Arbre géant maudit va être plaisant ? Alors que c'est le même principe complètement débile et peu gratifiant ! Et je ne parle même pas des combats de boss où le but du jeu est de trouver où se cache le vrai ennemi, à l'instar du Sage de Cristal ou de ces putains de Diacres des Profondeurs ! On passera sur le Ver géant du Lac Incandescent (qui se trouve être un boss tertiaire) qui est d'un ennui mortel, mais on taira également ce foutage de gueule qu'est la Vouivre ancienne ! Alors oui, certes, le combat en soi est original ! Passer par les dédales d'une ruine pour atteindre le point faible du boss qui le tue instantanément, pourquoi pas ! Cela aurait été plus appréciable s'il n'y avait pas quarante ennemis entre le début de l'affrontement et le point faible du boss... que l'on peut louper ?!? pour s'écraser comme une merde au sol et recommencer le niveau ! Je veux bien croire qu'il y ait des joueurs qui l'ont réussi du premier coup, mais pour les autres, c'est d'un frustrant sans précédent !!!
Alors oui ! Nous avons des combats vraiment marquants, ne serait-ce que les quatre duels contre les Seigneurs des Cendres, mais je trouve que donner le titre de meilleur jeu de la trilogie à un opus qui a plus de boss seulement frustrants que le premier jeu, c'est peut-être un peu se foutre de la gueule du monde !
Néanmoins, nous demeurons une fois de plus dans l'ensemble sur de très bons boss et sur des affrontements épiques avec un rehaussement de la difficulté par rapport au précédant titre qui s'était lamentablement foiré.
Pour parler des lieux, je pense que c'est un des meilleurs points que l'on peut mettre en avant pour ce jeu : il est beau ! Vraiment très beau, graphiquement, il n'y a rien à dire ! Et l'on est revenu à la recette du premier opus où l'on voit depuis la première zone où on va devoir crapahuter. On peut observer les connexions entre les différentes zones, avec ce sentiment d'évolution, de périple satisfaisant. Et cela, c'est sans compter le retour de certains lieux mémorables que l'on avait pu découvrir dans le premier Dark Souls ! Et oui, mention spéciale au retour d'Anor Londo, avec son jeu de couleur opposé qui ajoute à la décrépitude de son architecture. Mention spéciale également à Irithyll de la Vallée Boréale qui est tout bonnement magnifique avec ses aurores boréales et son calme (relatif) nocturne.
Pour les musiques, nous demeurons sur la même recette pour reprendre l'expression utilisée précédemment avec des compositions qui introduisent et suivent parfaitement les différents boss que l'on affronte tout au long du jeu.
Dark Souls III est bien évidemment un excellent jeu, qui a su dépasser les nombreux défauts du deuxième opus tout en renouant avec les qualités du premier jeu. Mais, et là je parle à titre purement personnel, je demeure perplexe quant au titre que les joueurs lui ont donné... Dire que Dark Souls III est le meilleur jeu de la trilogie est pour ma part quelque peu précipité. Certes, il est indéniable, encore une fois, que Dark Souls III est un excellent jeu et un excellent Souls, mais il n'est pas exempt de tous défauts, et ceux qu'il possède ne sont pas insignifiants... Car s'il était aussi bien que les deux autres jeux, il ne proposerait pas des boss complètement éclatés, ou du moins pas en si grand nombre et de même, il présenterait des protagonistes secondaires beaucoup plus "vivants", attachants. J'aime de ce fait à penser que la trilogie des Dark Souls fonctionne comme un tout et que chaque opus sait tirer son épingle du jeu pour proposer une expérience globale vraiment impactante. Ainsi, Dark Souls brille par ses boss mémorables, Dark Souls II se démarque grâce aux différents personnages que l'on rencontre au fil de notre aventure et Dark Souls III attache une certaine importance à l'esthétique de ses nombreux lieux. Et Dark Souls III sert d'excellente conclusion à l'expérience FromSoftware et demeure inconditionnellement un incontournable. Je recommande donc plus que chaudement est cet opus-ci, mais également les deux premiers pour une expérience plus que complète.
Et n'oubliez pas : la Fantasy nous appartient !