Découvrir la littérature japonaise (liste commentée)

Romans, nouvelles, poésies, essais, notes, anthologies pour faire quelques pas dans l'univers artistique si particulier de la littérature japonaise.

« J'assimile ma vie à un nuage inconsistant, je n'y accroche pas mon espoir et n'éprouve pas non plus de regret » Kamo no Chômei.

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31 livres

créee il y a environ 11 ans

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modifiée il y a plus de 10 ans

Mille ans de littérature japonaise
8.6

Mille ans de littérature japonaise

Beau livre

livre

Nody a mis 9/10.

Résumé : Cette anthologie, proposée ici dans une version nouvelle, offre un panorama cohérent de l'immense variété des genres littéraires déployés durant un millénaire au Japon : du théâtre le plus sanglant à la sensibilité raffinée des dames de cour, des contes les plus cocasses aux méditations les plus graves, des anecdotes licencieuses aux tourments éthérés d'un milieu clos, du roman le plus long au poème le plus court. Les œuvres majeures sont ici présentées dans une traduction entièrement originale et homogène : journaux poétiques, le dernier épisode du Roman de Genji, la célèbre anthologie des Cent Poèmes, des contes du Moyen Age, des écrits bouddhistes, une autobiographie féminine, une pièce de nô et sa source, un roman érotique, une pièce de kabuki, un traité du haiku selon Bashô. Des contes folkloriques et un essai d'esthétique complètent cette approche de l'esprit classique au Japon.

Annotation :

Une anthologie excellente et très variée (romans, journaux, essais, poésie), qui comporte de nombreux textes difficilement trouvables par ailleurs. La traduction est très bonne, mais il faut peut-être regretter que les fiches de présentation soient aussi courtes (mais j'imagine que les auteurs ont surtout voulu donner à lire les textes, et non des études).

Le Dit du Genji
8.4

Le Dit du Genji (1008)

源氏物語 (Genji Monogatari)

Sortie : mai 2011 (France). Roman

livre de Murasaki Shikibu

Nody l'a mis en envie.

Résumé : Le Dit du Genji, texte fondateur de l’imaginaire japonais, relate la vie du prince Genji le « Radieux », dans l’ambiance de la cour impériale de Heian, l’actuelle Kyôto. Au fil de ces amours, le Genji explore l’univers féminin afin et en apprécie les qualités tant morales qu’esthétiques. Le Genji façonnera ainsi la « femme idéale » en élevant une jeune fille avec laquelle il formera un couple que seule la mort séparera. Composé au début du XIe siècle dans l’atmosphère raffinée de la cour impériale, Le Dit du Genji avait été très prisé au sein de la noblesse, puis par un public élargi.

Annotation :

L'un des livres fondateurs de la littérature japonaise est aussi, peut-être, son chef-d'oeuvre. Un roman de 1 500 pages où la finesse des descriptions psychologiques, et la peinture raffinée des mœurs de la cour ne trouvent d'équivalentes que ces pages d'une poésie infinie qui définissent déjà l'esthétique japonaise, et cela jusqu'à aujourd'hui : l'impermanence, l'éphémère, le monde flottant, l'émouvante intimité des choses déjà fanées...

Notes de chevet
8

Notes de chevet (1002)

Makura no sōshi

Sortie : 1002 (Japon). Journal & carnet

livre de Sei Shônagon

Nody a mis 9/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Résumé : Les Notes de chevet se compose de nombreuses notes, impressions sur le vif de l'auteur, abordant tour à tour les choses qu'elle aime ou déteste voir.

Annotation :

L'un des premiers livres de la littérature japonaise. Des notes (le plus souvent des listes) "au fil du pinceau" pleine de poésie, de sensibilité, d'observation, de délicatesse, avec ses titres magnifiques : "choses belles à voir le soir", "choses qui font battre le cœur", "choses qui ne font que passer", etc.. Un livre à part, que seuls les passages sur la vie de cour, personnellement, me lassent. Quant au reste, c'est d'une beauté inestimable.

Notes de ma cabane de moine
7.9

Notes de ma cabane de moine

Sortie : 1212 (France). Essai

livre de Kamo No Chômei

Nody a mis 8/10.

Résumé : " Si par une soirée tranquille, à ma fenêtre, je pense à de vieux amis tout en contemplant la lune, et si j'entends les cris du singe, je mouille ma manche de mes larmes. Lorsque, sur les buissons, je vois des vers luisants, c'est comme si j'apercevais au loin les feux de pêche de Makishima, et le bruit de la pluie matinale ressemble bien à celui du vent qui secoue les feuilles des arbres. Quand j'entends l'appel des faisans, j'ai l'impression d'entendre mon père ou ma mère, et si je constate que même les cerfs des sommets de la montagne s'approchent tout près de moi sans crainte, je comprends à quel point je suis loin du monde. Quand je m'éveille et ranime le feu qui couvait sous la cendre, j'y vois comme un compagnon fidèle de mes vieux jours. Je ne suis pas dans une montagne bien terrible ni déserte, mais alors que la simple voix du hibou suffirait à m'émouvoir, que dire de ces paysages de montagne, infiniment variés selon les saisons ! Il faut ajouter que l'intérêt d'une pareille vie ne pourrait que accroître encore pour quelqu'un qui approfondirait ses pensées et essaierait d'acquérir un savoir profond. " Kamo no Chômei, Notes de ma cabane de moine, 1212.

Annotation :

Court texte somptueux, et important dans l'esthétique japonaise, sur le passage ininterrompu de la vie, des choses, du temps, s'ouvrant sur quelques lignes célèbres et, pour le coup, bien éternelles : "La même rivière coule sans arrêt, mais ce n'est jamais la même eau. De-ci, de-là, sur les surfaces tranquilles, des tâches d'écume apparaissent, disparaissent, sans jamais s'attarder longtemps. Il en est de même des hommes ici-bas et de leur habitations."

Les Heures oisives
7.5

Les Heures oisives (1332)

suivi de Kamo no Chômei

Sortie : 1332 (Japon). Essai

livre de Urabe Kenkô

Nody a mis 8/10.

Résumé : Les heures oisives et les Notes de ma cabane de moine constituent avec les Notes de chevet de Sei Shônagon les trois chefs-d'œuvre de l'" essai " japonais. Urabe Kenkô est ici traduit par un groupe de Japonais et de japonologues Mme Tomiko Yoshida, M. Maeda, MM Chazelle et Grosbois. Kamo no Chômei est traduit par le RP Sauveur Candau, des Missions étrangères (et revu par le neveu de ce japonologue). Le moine Urabe Kenkô est mort en 1350 après avoir servi à la cour comme officier subalterne. Personne au Japon ne peut parler de Kenkô sans évoquer Montaigne. M. Grosbois n'y manque pas dans sa préface. Système de pensée mis à part, c'est en effet la même liberté souveraine, le même ton (en apparence nonchalant, en fait suprêmement savant). Cet ascète connut l'amour ; ce moine est fort peu indulgent au bouddhisme conventionnel. Ce célibataire comprend les pères de famille. En fait il comprend tout, juge tout, avec lucidité. Scènes de mœurs, portraits, tableautins, réflexions morales composent un des maîtres livres de la littérature universelle. Les Notes de ma cabane de moine, rédigées plus d'un siècle avant Les heures oisives, célèbrent la liberté de l'existence érémitique.

Annotation :

A lire avec les Notes de ma cabane de moine : deux œuvres importantes relevant du Zuihitsu (écrits "au fil du pinceau", que l'on peut rapprocher du genre européen de l' "essai"). Véritable Montaigne japonais, Urabe Kenkô évoque dans des paragraphes plus ou moins courts des anecdotes, des réflexions, des sentiments, rapporte des petits tableaux de la société, des paroles entendues, et médite sur le lien entre la beauté et l'impermanence des choses...

Contes de pluie et de lune
7.8

Contes de pluie et de lune (1776)

Ugetsu Monogatari

Sortie : 22 juin 1956 (France). Recueil de contes

livre de Akinari Ueda

Nody a mis 7/10.

Résumé : Le meilleur ouvrage de l'écrivain classique japonais Ueda Akinari (1734-1809) est ce recueil des Contes de pluie et de lune. Dans ces histoires fantastiques, le lecteur verra se lever, agir et disparaître toutes les variétés de fantômes. Un mélange savoureux de magie, de poésie et de réalité fait revivre d'un seul coup l'univers familier et enchanté des Japonais d'autrefois.

Annotation :

Mizoguchi s'inspirera de certains de ces très beaux textes pour son film (non moins magnifique) Les contes de la lune vague après la pluie.

Un siècle de romans japonais

Un siècle de romans japonais

Sortie : 19 mai 1998 (France). Essai

livre de Georges Gottlieb

Nody a mis 8/10.

Annotation :

Un excellent manuel qui recense et présente les grands romans japonais traduits en français (jusqu'en 1998). Une source très précieuse pour découvrir la littérature japonaise.

Anthologie de nouvelles japonaises contemporaines
8.3

Anthologie de nouvelles japonaises contemporaines

Sortie : 2 octobre 1986 (France). Recueil de nouvelles

livre

Nody a mis 10/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Résumé : Voici trente nouvelles qui chronologiquement embrassent la production littéraire japonaise depuis le début du siècle jusqu'à l'après-guerre. Si certains des auteurs sont bien connus en Occident, tels Tanizaki, Akutagawa, Kawabata, Mishima ou Ôe, d'autres – la majorité – n'ont encore jamais été traduits en français et offriront au lecteur le plaisir de la découverte. Cette anthologie, grâce à son ampleur, témoigne d'une grande diversité d'inspiration et de style chez les écrivains japonais. Néanmoins, par-delà cette diversité, transparaît une coloration historique – gage, peut-être, de la modernité – où se reflètent les enjeux majeurs du temps. Se révèle alors comme en contre-jour une perception du monde à la fois discrète et insistante – un certain sentiment du tragique...

Annotation :

A mon avis, la meilleure anthologie de nouvelles japonaises disponible en Français. La nouvelle étant l'un des genres majeurs au Japon (les romans sont d'ailleurs le plus souvent plus courts et indéfinis que nos romans occidentaux), on trouvera dans ce recueil une très bonne introduction à la littérature japonaise. Certains textes sont d'une beauté poignante et douloureuse inoubliable.

La Treizième Nuit
8.3

La Treizième Nuit (1894)

Jūsanya (十三夜)

Sortie : 1894. Recueil de nouvelles

livre de Ichiyô Higuchi

Nody a mis 8/10 et l'a mis en envie.

Résumé : Les cinq nouvelles de ce recueil ont toutes l’éclat de la lune, symbole par excellence de la mélancolie au Japon. Il y est question de la précarité des êtres, des situations et des sentiments dans les quartiers pauvres de Tôkyô à l’aube du XXe siècle. L’oeuvre de la romancière est cependant d’une telle intensité que l’émotion remonte à contre-courant de la tristesse, dans le sens de la vie. Higuchi Ichioyô (1872-1896), auteur de Qui est le plus grand ? est l’un des « classiques » de la littérature japonaise. Elle est la première femme du Japon moderne dont l’oeuvre soit passée à la postérité.

Annotation :

Un recueil de nouvelles écrites dans une langue magnifique. La beauté inoubliable de ces pages n'a peut-être d'égale que le pessimisme profond - mais jamais larmoyant - qui les anime...

Oreiller d'herbes
7.3

Oreiller d'herbes (1906)

(traduction Ceccatty & Nakamura)

草枕

Sortie : 1987 (France). Roman

livre de Natsume Sōseki

Nody a mis 7/10.

Résumé : Un peintre s'installe dans une auberge de montagne afin de trouver de la quiétude. Dès son arrivée, une légende aiguise sa curiosité : celle de Nami, fille du patron des lieux. Mariée de force, elle aurait quitté son époux puis perdu la raison. C'est le début d'une quête sans fin pour l'artiste…

Annotation :

Soseki est l'un des fondateurs du roman japonais contemporain (par exemple avec Je suis un chat, Le pauvre cœur des hommes, et ici Oreiller d'Herbes).

Le vent se lève
6.8

Le vent se lève (1937)

Kaze tachinu

Sortie : 1937. Roman

livre de Tatsuo Hori

Nody a mis 9/10, l'a mis dans ses coups de cœur, l'a mis en envie et a écrit une critique.

Résumé : Œuvre charnière, Le vent se lève est aussi la transposition d'une expérience vécue. Le héros, un écrivain, accompagne sa fiancée dans un sanatorium des Alpes japonaises. Il tente de fixer dans un récit le bref bonheur qu'il connaît auprès d'elle. Après sa mort, il revient dans le village de montagne où il l'avait connue et trouve enfin l'apaisement. Sur cette mince trame s'élabore un récit d'une grande densité et à l'art très maîtrisé. Œuvre intime dédiée à la fiancée morte, cette méditation sur la création et la mort, nourrie de Proust, de Valéry et de Rilke, est aussi un poème très japonais du souffle.

Annotation :

Un chef-d'oeuvre encore un peu méconnu. Très court récit sur le deuil, et exemple magnifique de ce que Soseki appelait (à propos d'Oreiller d'Herbes) un "roman-haïku".

Le Grondement de la montagne
7.8

Le Grondement de la montagne (1954)

山の音 (Yama no Oto)

Sortie : 1969 (France). Roman

livre de Yasunari Kawabata

Nody a mis 9/10.

Résumé : Ogata Shingo, le personnage central de ce roman se présente comme un vieillard, un notable. Sous des apparences rangées, c'est un homme sensitif inquiet, que dévore une vie intérieure tumultueuse : songes et réminiscences, prémonitions et terreurs l'absorbent plus que le monde extérieur dont il se détache, sauf pour trouver une consolation dans ses splendeurs fugitives. Poussé par l'espoir, sans doute vain, de secourir une belle-fille trop attachante, blanche créature que la vie doit broyer, il s'avance à tâtons à la découverte des siens. Sous la surface plate de la vie de famille, chacun, solitaire, vit son drame et se débat contre l'amour et la mort, contre la mort surtout, qui sera le thème obsédant de ces méditations poétiques. Yasunari Kawabata sait jouer de façon parfaite avec un rythme lent, dépayser les lecteurs en les entraînant vers un monde où la quotidienneté sert de support à des intuitions fulgurantes, et qui nous fait sentir, à nous lecteurs occidentaux, la profondeur et les beautés de l'éternel Japon.

Annotation :

L'un des plus beaux romans de Kawabata. Moins dramatique, si je puis dire, que Pays de Neige, Kawabata installe son récit dans le temps long et quotidien d'une famille, en particulier autour de la figure du père, qui ne se sent proche que de sa belle-fille. Comme d'habitude, la sensibilité et la richesse des observations enivrent totalement la lecture, et imposent discrètement son univers doucement mélancolique au lecteur. Naruse en tirera l'un de ses plus beaux films.

Le Lac
7.2

Le Lac (1955)

みづうみ (Mizuumi)

Sortie : 1978 (France). Roman

livre de Yasunari Kawabata

Nody a mis 8/10.

Résumé : Histoire d'une obsession, Le Lac retrace la quête d'une perfection irréalisable, d'une beauté hors de portée. Sans foyer, exclu de toute douceur humaine, seul avec son poids de péchés sur le cœur, Gimpei Momoï ne peut résister à la soif inextinguible qui le pousse, au long des rues, à s'attacher aux pas de belles inconnues, à les admirer de loin tandis qu'elles avancent, magnifiques et inaccessibles - car leur beauté n'est pas de ce monde mais participe d'un rêve. La réalité, symbolisée par ses propres pieds grotesquement difformes, poursuit Gimpei en tous lieux. Et c'est le caractère inconciliable de ces deux univers qui explique la texture déshumanisée, ambiguë, furtive de l'érotisme dont cette oeuvre est empreinte. Ce roman ne s'inscrit dans aucune forme traditionnelle. C'est une sorte de « happening », et en tout cas l'un des livres les plus modernes de conception et d'allure du grand Kawabata. De même que l'intérêt du héros peut, à tout moment, être éveillé par une inconnue croisée dans la rue, de même ici le passé surgit brutalement dans le présent, ou bien l'hallucination pulvérise le souvenir, ou encore la réalité crue jaillit lorsque le voile du songe et des fantasmes se déchire. Ceux qui, à la lecture de ses ouvrages précédents, imaginaient que tout n'était que délicatesse et demi-teintes chez l'auteur de Pays de neige et de La Danseuse d'Izu, seront sans doute surpris par la sensualité aiguë de certaines scènes et parle ton cruel du livre.

Pays de neige
7.2

Pays de neige (1935)

Yukiguni

Sortie : 1960 (France). Roman

livre de Yasunari Kawabata

Nody a mis 9/10.

Résumé : À trois reprises, Shimamura se retire dans une petite station thermale, au cœur des montagnes, pour y vivre un amour fou en même temps qu'une purification. Chaque image a un sens, l'empire des signes se révèle à la fois net et suggéré. Le spectacle des bois d'érable à l'approche de l'automne désigne à l'homme sa propre fragilité.

Annotation :

L'un des romans japonais les plus célèbres à l'étranger, et pour cause : l'un des sommets de l'oeuvre de Kawabata est un roman où objets, fleurs, arbres, saisons, pluies, neiges, choses diverses, vêtements, habitations, coiffures, nuques, mains blanches et délicates, voix, inflexions infinitésimales des mots, acquièrent une beauté et une importance que j'aie rarement connu. Je me suis senti évaporé, disparu dans ces pages d'une rare beauté.

La Danseuse d'Izu
7.3

La Danseuse d'Izu (1926)

Izu no Odoriko

Sortie : 1973 (France). Recueil de nouvelles

livre de Yasunari Kawabata

Nody a mis 8/10.

Résumé : Prix Nobel de littérature en 1968, Yasunari Kawabata ne révéla peut-être jamais aussi bien que dans les cinq nouvelles de La Danseuse d'Izu la poésie, l'élégance, le raffinement exquis et la cruauté du Japon. Chacun de ces récits semble porter en lui une ombre douloureuse qui est comme la face cachée de la destinée. Contient : La danseuse d'Izu (1926) / Elégie (1932) / Bestiaire (1933) / Retrouvailles (1946) / La lune dans l'eau (1953)

Annotation :

Un magnifique recueil de nouvelles de Kawabata (en particulier La Danseuse d'Izu, Elegie, et La Lune dans l'eau).

Quatre sœurs
8.4

Quatre sœurs (1948)

Sortie : 1964 (France). Roman

livre de Junichirō Tanizaki

Nody l'a mis en envie.

Résumé : Dans une vieille famille de commerçants aisés dont tout le monde connaît le nom à Osaka, quatre filles ont mené une vie luxueuse jusqu'à la mort de leur père. Sa disparition et les changements de vie dans le Japon de l'entre-deux-guerres les ont laissées dans une situation financière précaire. Les deux aînées sont mariées, leur destin est tout tracé. Mais qu'en sera-t-il de celui des deux cadettes ?

Annotation :

Le chef-d'oeuvre de Tanizaki, écrit pendant la guerre, est un long roman d'une très grande beauté.

La Pierre et le Sabre
8.2

La Pierre et le Sabre (1935)

Miyamoto Musashi (1/2)

Sortie : janvier 2000 (France). Roman, Aventures

livre de Eiji Yoshikawa

Résumé : Le parcours initiatique de Miyamoto Musashi, un samouraï du Japon du XVIIe siècle, qui veut comprendre le sens de la vie en perfectionnant son art.

Neige de printemps
8.2

Neige de printemps (1968)

La Mer de la fertilité, tome 1

Haru no Yuki

Sortie : 12 février 1980 (France). Roman

livre de Yukio Mishima

Nody l'a mis en envie.

Résumé : Deux jeunes amants vivent leurs amours surannées au temps où le Japon tente d'assimiler les modes d'un Occident, alors que la Belle Époque jette ses derniers feux. Les deux protagonistes, Kiyoaki Matsugae et Satoko Ayakura, appartiennent, lui, à l'aristocratie issue des récentes transformations politiques de l'ère Meiji, elle, à une antique famille de noblesse de Cour. Prisonniers des méandres de leur propre personnage, leur passion côtoie le déshonneur, vouée à l'échec tragique…

Annotation :

Le premier tome de La mer de la fertilité de Mishima, sa grande œuvre (terminée juste avant son suicide spectaculaire).

Le Fusil de chasse
7.6

Le Fusil de chasse (1949)

Ryoju

Sortie : 1963 (France). Recueil de nouvelles

livre de Yasushi Inoué

Nody a mis 9/10.

Résumé : « A bout de forces, trop fatiguée pour bouger le petit doigt je laissai machinalement mon regard s'attacher à ton reflet sur la vitre. Tu avais fini de frotter le canon et tu remontais la culasse, que tu avais également nettoyée. Alors tu levas et abaissas plusieurs fois le fusil en épaulant à chaque fois. Mais peu après le fusil ne bougea plus. Tu l'appuyas fermement contre ton épaule et tu visas, en fermant un œil. Je me rendis compte que le canon était manifestement dirigé vers mon dos. » Yasushi Inoué

Annotation :

Trois lettres adressées à un même homme forment une courte nouvelle somptueuse et déchirante. La dernière lettre, en particulier, fait monter les larmes aux yeux.

Au bord du lac
8.3

Au bord du lac (1950)

Hira no shakunage

Sortie : 6 mars 2002 (France). Recueil de nouvelles

livre de Yasushi Inoué

Nody a mis 9/10.

Résumé : Rédigés entre 1937 et 1953, ces textes inédits, qui ont parfois été développés en roman, ne cessent de surprendre par leur beauté soutenue, leur mystère, leur mélancolie et, toujours, leur vision aiguë d'un monde à la sérénité trompeuse. Que ce soit dans Au bord du lac (dont le narrateur, un vieil homme aigri, refuse de reconnaître que son intransigeance égoïste l'a voué lui à la solitude et sa famille au malheur), ou dans Les pruniers blancs (vingt ans après une fugue mémorable, un artiste peintre retrouve la fille de son premier grand amour : serait-elle aussi la sienne ?) ou encore dans Le cahier du moine Tchoken (au soir de sa vie, un vieil universitaire entreprend d'écrire le récit de l'existence d'un moine dont la conduite scandaleuse le fascina dans sa jeunesse), on retrouve cette nostalgie rêveuse, ce besoin d'imaginer ce qui aurait pu être et n'a pas été, traités de manière éblouissante - et souvent dérangeante - par le grand maître japonais de la nouvelle.

Annotation :

Recueil de nouvelles d'Inoué. Bien que d'apparence modestes et discrètes, ces nouvelles sont traversées par une poésie très douce, ravissante et infiniment touchante. Chez Inoué, le regret des choses qui n'ont pas été ne fait pas l'objet d'une lamentation ; à peine le lecteur sent-il la nostalgie du narrateur qui revient sur tel lieu d'amour passé, ou laisse sa rêverie se rappeler des voix chères qui se sont tues. Une merveille de sérénité un peu mélancolique.

Haïku : Anthologie du poème court japonais
8

Haïku : Anthologie du poème court japonais

Sortie : 2002 (France). Poésie

livre

Nody a mis 10/10.

Résumé : Pourquoi aimons-nous les haiku ? Sans doute pour l'acquiescement qu'il suscite en nous, entre émerveillement et mystère. Le temps d'un souffle (un haiku, selon la règle, ne doit pas être plus long qu'une respiration), le poème coïncide tout à coup avec notre exacte intimité, provoquant le plus subtil des seïsmes. Sans doute, aussi, parce qu'il nous déroute, parce qu'il nous sort de notre pli, déchirant une taie sur notre regard, rappelant que la création a lieu à chaque instant. "Salve contre l'habitude", disait justement Henri Pichette à propos de la poésie - "ravissement soudain dans l'imprévisible", répondraient les haïkistes qui traquent l'inconnu au cœur du familier. Peut-être, enfin, parce qu'il sait pincer le cœur avec légèreté. Rien de pesant, rien de solennel, rien de convenu. Juste un tressaillement complice. Une savante simplicité. L'éclosion spontanée d'une fleur de sens.

Annotation :

L'une des plus belles anthologies d'haiku (avec Fourmis sans ombre notamment). La préface est très belle et suggestive, et le format est discret et pas surchargé.

L'Art du Haïku
8.4

L'Art du Haïku

Pour une philosophie de l'instant

Sortie : février 2009 (France). Poésie

livre de Kobayashi Issa, Shiki et Matsuo Bashô

Nody a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Résumé : Renouer le lien primordial avec la nature, cultiver la modestie et la simplicité, rechercher la spontanéité : "L'Art du haïku" nous entraîne sur le chemin de cette sagesse qui nous a laissé les textes les plus étonnants de la littérature japonaise et nous démontre toute la modernité de son enseignement. L'enquête de Pascale Senk nous fait découvrir comment la pratique du haïku inspire aujourd'hui, à des adeptes venus de tous horizons, une nouvelle approche de la vie. En introduction aux haïkus les plus emblématiques, la présentation de Vincent Brochard n'apporte pas seulement un éclairage historique et littéraire, elle est aussi une véritable initiation à la visée spirituelle qui est au coeur de cet usage de l'écriture. À la fois essai, guide pratique et anthologie, "L'Art du haïku" montre la voie d'un authentique art de vivre.

Annotation :

Malgré le titre et la couverture originale (le livre a été réédité en format de poche dans une couverture magnifique) qui pourrait laisser croire à un manuel "zen" bon marché, ce livre propose une introduction captivante et enrichissante non seulement sur l'art du haiku, et sa formation historique, mais sur l'esthétique japonaise. Le tout est suivi d'une petite anthologie tout à fait intéressante également.

Haiku
8.3

Haiku

Sortie : 1 janvier 1994 (France). Poésie

livre de Kobayashi Issa

Nody a mis 9/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Résumé : Ce monde de rosée est une monde de rosée pourtant et pourtant Ce célèbre haïku d'Issa (1763-1827) dit à lui seul l'art empreint d'esprit zen et l'existence semée d'épreuve du grand poète japonais. Avec Bashô, Buson, Ryôkan, Shiki et Kikaku, il est un des maîtres de cette forme poétique dont la visée, selon les mots d'Allan W. Watts, est de décliner "le merveilleux sentiment de vacuité d'où surgit l'évènement".

Annotation :

Une anthologie d'haïkus du maître Kobayashi Issa. A mon goût, le plus bel auteur d'haiku.

Kafka sur le rivage
7.6

Kafka sur le rivage (2002)

Umibe no Kafuka

Sortie : 2006 (France). Roman

livre de Haruki Murakami

Nody l'a mis en envie.

Résumé : Kafka s'enfuit de sa maison de Tokyo. De l'autre côté de l'archipel, Nakata décide aussi de prendre la route. Leurs destinées s'entremêlent.

Sommeil
7

Sommeil

Nemuri

Sortie : 4 novembre 2010 (France). Beau livre, Recueil de nouvelles

livre de Haruki Murakami

Nody a mis 8/10.

Résumé : Une jeune femme, mariée et maman d'un petit garçon, se trouve frappée d'insomnie, de façon aussi soudaine qu'inexplicable.

Annotation :

Une très belle nouvelle de Murakami, pour rentrer peut-être plus facilement dans son univers esthétique particulier.

Tristes revanches
7.8

Tristes revanches (1998)

Kamoku na shigai, midara na tomurai,

Sortie : 2004 (France). Recueil de nouvelles

livre de Yōko Ogawa

Nody l'a mis en envie.

Résumé : Une jeune femme entre dans une pâtisserie pour acheter un gâteau d’anniversaire à son fils mort depuis longtemps. Dans l’arrière-boutique, une vendeuse pleure en silence. Un journaliste arrive dans un hôtel sur lequel il doit écrire un article. Dans sa chambre s’est installée une femme. Elle s’en va aussitôt mais ne quitte pas les abords de l’hôtel. Elle rôde en portant un curieux fardeau. Une maroquinière confectionne pour une chanteuse de bar un sac délicat et précieux dans lequel la belle va déposer son cœur, cette étrange excroissance placée non pas à l’intérieur mais à l’extérieur de sa cage thoracique… Dans chacune de ces onze nouvelles, un détail, parfois infime, évoque la précédente ou annonce la suivante pour former une spirale, une chaîne soutenant la trame du livre et créant ainsi une subtile mise en abyme.

Les Années douces
7.6

Les Années douces (2001)

Sensei no Kaban

Sortie : 27 mars 2003 (France). Roman

livre de Hiromi Kawakami

Nody a mis 9/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Résumé : Tsukiko croise par hasard, dans le café où elle va boire tous les soirs après son travail, son ancien professeur de japonais.

Annotation :

Difficile de parler d'un livre en apparence aussi discret et simple, mais qui agit lentement et longuement sur son lecteur. J'ai rarement lu un livre dont la tonalité, la voix, le rythme, l'inflexion très légère des émotions épousaient aussi bien la vie quotidienne. Il n'y a que des choses dites "mineures" dans ce beau livre, et, je ne sais pourquoi, cela en fait pourtant un livre fort, vivant, vrai, touchant, que je n'oublierai pas.

Manazuru
6.4

Manazuru (2006)

Sortie : 2009 (France). Roman

livre de Hiromi Kawakami

Nody a mis 7/10 et a écrit une critique.

Résumé : Une femme, sa fille, son amant… et son mari disparu. Non pas défunt, mais mystérieusement évanoui dans la nature. Le seul indice qu'il a laissé est le mot Manazuru écrit dans son journal. Ce qui amène sa femme à se rendre régulièrement dans la station balnéaire du même nom. Comme toujours dans les romans de Kawakami, le temps se tisse lentement et le secret des cœurs se donne à lire dans les gestes, les étreintes éphémères, la délicatesse des sensations. Mais dans Manazuru plus que dans les autres, la présence d'un monde invisible imprègne le quotidien et bouleverse la géographie sentimentale des êtres. Là-bas, au bord de la mer, il y a le bruit de la pluie dans le ciel immense, l'éblouissement d'étincelles d'un incendie, l'envol de hérons blancs sur des maisons en ruine : un instant de lumière à saisir, peut-être, entre apparition et disparition, souvenir et oubli, mystère de l'absence et appel de la vie.

Éloge de l'ombre
8

Éloge de l'ombre (1933)

Sortie : 1933 (France). Essai

livre de Junichirō Tanizaki

Nody a mis 9/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.

Résumé : Essai sur l'esthétique japonaise. L'auteur défend une esthétique de la pénombre comme par réaction à l'esthétique occidentale où tout est éclairé (voir le passage ou il compare l'éclairage des lieux d'aisance japonais à ceux de l'occident), il revendique la patine des objets par opposition à la manie de la propreté occidentale.

Annotation :

Un court essai d'esthétique sur la culture japonaise, écrit par l'un des plus grands romanciers du XXe siècle, et l'une des meilleures présentations de l'univers artistique particulier du Japon.