C'est étrange, autant je me fiche éperdument des bagnoles et de l'univers du sport automobile, autant j'apprécie de voir des films de courses. Probablement pour voir comment les sensations de vitesses seront retranscrites à l'écran ?
Et pour apprécier "F1", il ne faut pas être allergique à cet univers commercial et m'as-tu-vu sur les bords. Non seulement le long-métrage est bourrrré de placements produits à n'en plus finir (il fallait bien couvrir le budget démentiel estimé à près de 300 millions de dollars !). Mais en plus il s'agit d'une publicité ostensible pour le milieu de la Formule 1, dépeint en grandes pompes. Dont de trèèès nombreuses chansons qui donnent régulièrement un aspect vidéo clip à l’œuvre.
Une fois qu'on a dit ça, il faut bien admettre que le soutien de la Fédération de Formule 1 a permis au film d'envoyer du grand spectacle. Avec un tournage effectué en partie au milieu de vrais Grand Prix, qui rend la chose immersive.
En prime, Joseph Kosinski est un bon technicien, chose qu'il prouve à nouveau ici. Avec un montage propre, alternant entre des plans aériens et des caméras embarquées (nouvelles technologies), couplé à un montage sonore vrombissant, la sensation de vitesse et l'adrénaline des courses est bien injectée au spectateur de cinéma. D'autant que l'ensemble est généreux en spectacle. Bref, à l'instar d'un "Top Gun Maverick", c'est le genre de film où l'on en a pour son argent en salles.
En revanche, il ne faudra pas être aussi exigeant sur l'intrigue, histoire de mentor/jeunot cousue de fil blanc. Elle renvoie à des schémas narratifs éculés, typiques des films de courses d'il y a 25/30 ans : "Days of Thunder", "Driven", etc. Avec en sus un méchant en carton, repérable à 3 kilomètres. Et, chose étonnante, aucune personnification des pilotes adverses, dont on n'entend que le nom ! Alors je suis sûr que ça parlera aux amateurs de Formule 1 qui identifieront les pilotes. Mais personnellement, sans même montrer ces visages à l'écran, ça m'a donné l'impression de voir nos héros affronter des bots...
Et tout ceci sur 2h30, c'est un peu du luxe. Le film est trop long pour ce qu'il raconte, à tel point que j'avoue avoir perdu le fil des enjeux dans la dernière demi-heure. Et pourtant ils étaient simples !
Néanmoins, "F1" reste un divertissement tout à fait sympathique. Au-delà de ses nombreuses scènes de courses hallucinantes, l'ambiance décomplexée façon 90's est appréciable. Ainsi que la distribution qui fait le taff, surtout Javier Bardem en directeur d'écurie sur la sellette.